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Un intérêt croissant pour les aliments « supplémentaires » pour truies

Utiliser deux à trois aliments différents durant les stades de gestation et de lactation fait partie des pratiques gagnantes mises en avant par Evel’Up pour accompagner l’augmentation de la prolificité des truies.

L'aliment péri mise bas vise à assurer un bon déroulé des naissances et du démarrage de la lactation tout en limitant le risque digestif pour les porcelets.
L'aliment péri mise bas vise à assurer un bon déroulé des naissances et du démarrage de la lactation tout en limitant le risque digestif pour les porcelets.
© A. Puybasset

L’utilisation d’aliments supplémentaires pour les truies, c’est-à-dire distribués en plus des aliments classiques de gestation et de lactation, est une pratique encore peu répandue, mais qui semble prometteuse. En témoignent les résultats GTTT des adhérents du groupement Evel’Up. 

Lire aussi : Deux aliments allaitants pour les truies en liberté

Ceux utilisant un aliment verraterie (12% des élevages) sèvrent en moyenne 0,6 porcelet par portée de plus que l'ensemble des élevages. Le gain constaté est de 0,41 porcelet pour ceux ayant recours à un aliment péri mise-bas et de 0,75 sevré lors de la pratique d'une alimentation biphase. «On ne peut pas conclure si l'augmentation du nombre de porcelets est une cause ou une conséquence de la mise en place de ces nouvelles pratiques d'alimentation. C'est sûrement un peu des deux», nuance Solène Launay, conseillère en alimentation d'Evel'Up.

Lire aussi : L’état corporel des cochettes conditionne leur longévité

 

 
Un nombre de porcelets sevrés plus élevéNombre de sevrés des élevages Evel'Up utilisant un aliment truie supplémentaire (*)* en plus des aliments classiques (gestante ...
Un nombre de porcelets sevrés plus élevéNombre de sevrés des élevages Evel'Up utilisant un aliment truie supplémentaire (*)* en plus des aliments classiques (gestante et allaitante) © Evel'Up

« Les besoins des truies évoluent au cours des stades de gestation et de lactation. L’utilisation de plusieurs aliments (2-3 sur la phase verraterie-gestante et 2-3 sur la phase maternité) se justifie.» Cela fait partie des pratiques gagnantes identifiées par le groupement pour accompagner l’augmentation de la prolificité des truies.

Reconstituer précocement les réserves avec l’aliment verraterie

Plus riche en énergie et en acides aminés, l’aliment verraterie vise à reconstituer les réserves et à favoriser une bonne implantation embryonnaire. « Il peut aussi être utilisé en fin de gestation pour accompagner le développement des tissus mammaires et le développement du fœtus (augmentation des besoins en lysine). » Dans ce cas, l’aliment de milieu de gestation peut être allégé. La ration doit augmenter progressivement à partir du 75e jour de gestation.

 

 
Solène Launay, conseillère en nutrition Evel'Up : "L’utilisation de plusieurs aliments (2 à 3 sur la phase verraterie-gestante et 2-3 sur la phase maternité) se ...
Solène Launay, conseillère en nutrition Evel'Up : "L’utilisation de plusieurs aliments (2 à 3 sur la phase verraterie-gestante et 2-3 sur la phase maternité) se justifie totalement © A. Puybasset

L’aliment péri mise-bas pour sécuriser la mise-bas

L’aliment péri mise-bas est un aliment intermédiaire en termes de valeurs entre les aliments gestante et allaitante. Distribué jusqu’à trois jours d’âge des porcelets, son objectif est d’assurer un bon déroulé de la mise-bas et du démarrage de la lactation tout en limitant le risque digestif. Il contient des fibres solubles telles que la pulpe de betterave (apport d’énergie, transit intestinal). « Il est aussi possible de travailler sur la balance électrolytique pour favoriser les contractions utérines par une meilleure mobilisation du calcium. »

Il faut veiller à ne pas être trop restrictif en matière de quantité à l’entrée en maternité. « L’écart d’énergie avec l’aliment gestante doit être calculé pour garder une ration iso-énergétique », rappelle Solène Launay. Elle conseille de réduire le plus possible l’écart de temps entre le dernier repas du début de la mise-bas. Une truie au ventre vide (c’est-à-dire à jeun depuis plus de trois heures) mettra bas moins rapidement.

Une alimentation biphase en lactation

L’objectif de l’aliment de lactation est de s’approcher d’une consommation à volonté pour assurer la production laitière et limiter la perte d’état, sans bloquer les truies et en maîtrisant le risque digestif pour les porcelets. Plus riche en acides aminés et en énergie, le second aliment de lactation est distribué 7 à 10 jours après la mise-bas pour mieux accompagner les besoins de la truie et limiter la mobilisation des réserves.

Les pratiques alimentaires gagnantes à retenir

À l’occasion de son rendez-vous annuel dédié au potentiel de performances de la truie, le groupement Evel’Up a souligné les pratiques alimentaires gagnantes mises en place par les éleveurs pour s’adapter au potentiel de performances de la truie :

- Deux aliments en gestante (spécial verraterie et gestante).

- Deux aliments de lactation en maternité.

- Courbe d’alimentation adaptée à chaque stade.

En verraterie : reprise d’état (ELD à l’échographie proche de celui d’entrée en maternité).

En gestation : répondre aux besoins de la portée en augmentant la ration à partir du 75e jour de gestation.

En maternité : ration iso-énergie autour de l’entrée en maternité, quantité individualisée et consommation maximale.

Christian Loaec, naisseur-engraisseur de 200 truies à Locmaria-Plouzané dans le Finistère

 
Christian Loaec, naisseur engraisseur de 220 truies à Locmaria-Plouzané dans le Finistère
Christian Loaec, naisseur engraisseur de 220 truies à Locmaria-Plouzané dans le Finistère © A. Puybasset

« Une montée en gamme de l’aliment pour accompagner la prolificité »

« Depuis 2013, je distribue un aliment haut de gamme spécial verraterie du sevrage à l’échographie, soit durant 35 jours. L’objectif était de remettre en état les truies, d’accompagner l’augmentation de la prolificité et de limiter le taux de pertes. J’ai installé un silo et une chaîne d’alimentation supplémentaires pour 60 truies (alimentation par doseurs). En gestante, les truies disposent d’une alimentation individualisée via le Selfifeeder. Depuis 2021, j’utilise un aliment péri mise-bas de l’entrée en maternité jusqu’au jeudi de la semaine de mise-bas (soit 10 jours). J’ai installé un silo avec un double compartiment. Les diarrhées néonatales ont disparu et les mises-bas se déroulent mieux malgré l’augmentation du poids de portée à la naissance. Le tonnage d’aliments truie total n’a pas augmenté avec l’ajout des aliments spécial verraterie et péri mise-bas (en plus des aliments classiques gestante et allaitante), soit 1139 kilos par truie et par an. Et cela, malgré la hausse de prolificité, de 13,75 à 16,35 nés totaux en huit ans, selon la GTTT. Tous les porcelets nés supplémentaires ont été sevrés, passant de 11,62 à 14,25 (+2,63 porcelets). »

Un écart de trois porcelets sevrés entre élevages

 

 
Les écarts entre élevages s'amplifient
Evolution du nombre de sevrés par portés par catégorie d'élevages
Les écarts entre élevages s'amplifientÉvolution du nombre de sevrés par portés par catégorie d'élevages © Evel'Up

En l’espace de huit ans, les élevages suivis en GTTT du groupement Evel’Up ont gagné en moyenne 1,4 porcelet au sevrage, soit une taille de portée passant de 11,92 porcelets sevrés en 2016 à 13,28 en 2023. « Tous les élevages ont progressé, mais pas à la même vitesse, et les écarts se sont amplifiés », constate Hervé Pelleau, animateur technico-économique d’Evel’Up. « La tranche de 10 % des élevages ayant les meilleurs résultats a gagné un porcelet sevré de plus que ceux de la tranche de 10 % inférieure. Le nombre de sevrés atteint 14,57 pour les 10 % supérieurs contre 11,71 pour les 10 % inférieurs, soit un écart de quasiment trois porcelets (2,86)

Dans les deux groupes, le nombre de nés totaux a augmenté dans les mêmes proportions, soit +12 % de 2016 et 2023. En revanche, la progression du nombre de sevrés atteint +13 % pour le groupe supérieur, contre +6 % pour le groupe inférieur. « Cela montre que l’augmentation de la prolificité est parfois subie plutôt que maîtrisée, et qu’il existe des marges de manœuvre pour mieux valoriser le potentiel des truies », souligne-t-il.

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