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Un appareil intradermique à deux têtes d’injection

La SCEA Caux Porcs utilise le nouvel injecteur sans aiguille Idal 3G de MSD Santé Animale. Outre sa nouvelle ergonomie, il existe en deux versions Mono ou Twin, cette dernière permettant d’administrer deux vaccins simultanément.

Ce qui frappe en premier lieu, c’est le calme durant la séance de vaccination dans la nurserie de la maternité collective SCEA Caux Porcs, dirigée par Benoît Breemeersch à Terres-de-Caux en Seine Maritime : pas de cris, ni de mouvements de stress des porcelets. Les trois salariés en charge de la vaccination, Yannick, Clément et Médéric opèrent à un rythme soutenu avec une organisation bien rodée : une personne qui vaccine, les deux autres portant les porcelets, avec une rotation de postes tous les quarts d’heure pour limiter la fatigue. C’est la deuxième fois qu’ils utilisent le tout nouvel injecteur intradermique Idal 3G Twin de MSD Santé Animale. Sa particularité est d’être doté de deux têtes d’injection, ce qui leur permet de vacciner à la fois contre Mycoplasma hyopneumoniae et contre le circovirus, en une seule pression de l’injecteur. Le principe de vaccination est le même qu’avec la génération précédente d’appareil Idal 2G, que l’élevage utilisait depuis 18 mois. Chaque dose de vaccin de 0,2 ml est injectée sous pression dans le derme. Le fait de vacciner sans aiguille et d’injecter un volume 10 fois inférieur entraîne une moindre douleur à l’injection et des réactions au stress moins importantes. Les animaux sont plus calmes et plus faciles à manipuler. Ce que confirment les salariés de l’élevage : « Avec l‘intradermique, on a gagné en confort de travail. On n’a plus peur de mal piquer. Les porcelets ne bougent plus pendant l’injection. La séance de vaccination est moins physique. On a plus de souplesse dans la façon de porter le porcelet. » « Le temps passé à vacciner est un peu plus long qu’avec l’injecteur à aiguille mais on est sûr que la dose est bien administrée », poursuit l’éleveur. « Il n’y a plus de risques de se blesser avec l’aiguille. »

3 cm d’écart entre les deux sites d’injection

Sur cette nouvelle génération d’injecteur Idal 3G, plusieurs évolutions ont été apportées pour davantage simplifier et sécuriser la vaccination et diminuer le temps de la séance. L’ergonomie de l’appareil a été revue. La répartition du poids entre les parties haute et basse est plus équilibrée. La partie centrale est plus fine, procurant une meilleure prise en main. Le déclenchement, plus rapide, se fait par une pression sur une gâchette à l’aide des quatre doigts, ce qui limite les crispations. « Il est plus léger et plus maniable. On ressent moins de fatigue au niveau du poignet et du bras », constate Yannick, l’un des salariés. Dans la version Twin, l’écart entre les deux points d’injection est de 3 cm. L’injection n’est enclenchée que si les deux têtes sont bien en contact avec la peau, d’où l’importance de bien positionner l’appareil perpendiculairement au porcelet. L’injection peut se faire à n’importe quel endroit, à l’exception des parties osseuses ou sales. À la SCEA Caux Porcs, elle a lieu sur la cuisse des porcelets de 22 jours (6-7 kg) en maintenant la patte tendue. Sur des porcelets plus âgés de 28 jours, elle est généralement faite à l’encolure.

Avec l’Idal 3G Twin, la séance de vaccination dure désormais 1h30 à 1h45, soit environ 450 porcelets par heure. « L’injection à deux têtes nous fait gagner du temps comparé à l’Idal 2G. » L’appareil est loué 95 euros par mois, un coût qui comprend le service et la maintenance réalisée toutes les 20 000 injections (soit environ deux fois par an). S’il est décidé de supprimer la vaccination circovirus, l’injecteur sera remplacé par une version Mono.

Les porcelets vaccinés en nurserie

La maternité collective SCEA Caux Porcs de 1300 truies sèvre chaque semaine 780 porcelets. À 21 jours d’âge, ils sont transférés dans l’une des quatre salles de nurserie de 800 places. « La journée du sevrage étant déjà bien chargée avec le transfert des truies et le nettoyage des salles de maternité, on préfère vacciner le lendemain du sevrage plutôt qu’au moment du transfert », explique Benoît Breemeersch. Travailler par équipe de trois permet de réduire la durée de la séance de vaccination et donc la fatigue. Elle a lieu directement dans les cases de 68 porcelets. Ils sont maintenus au fond da la case grâce à une séparation pour être attrapés un par un pour la vaccination.

Un intérêt multiple du « sans aiguille »

C’est d’abord pour des questions de valorisation économique de la carcasse que la SCEA Caux Porcs est passée à la vaccination intradermique au printemps 2017. Les 40 000 porcelets sevrés chaque année sont destinés à deux sites d’engraissement détenus par Benoît Breemeersch et son associé SCEA Chedru ou engraissés sur des ateliers extérieurs en façonnage. La vaccination avec une aiguille occasionnait parfois de petits granulomes au niveau de l’échine, qui étaient à l’origine de saisies sur des porcs engraissés sur deux des sites. Ils étaient surtout économiquement pénalisants pour le charcutier qui valorise une petite partie des porcs. Ces causes de saisies ont aujourd’hui disparu. « L’absence d’aiguille limite le risque de transmission de germes entre animaux, relève par ailleurs Vincent Charlier, vétérinaire sanitaire installé à Bosc Le Hard. À l’époque, seul un vaccin contre le mycoplasme était administré aux porcelets, l’élevage étant indemne de SDRP. Depuis six mois, l’élevage évalue l’intérêt technico-économique de vacciner en plus contre le circovirus. » Une opération simplifiée depuis l’arrivée de l’injecteur à double tête.

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