Salariés en élevage de porcs : « Je veux fédérer mes équipes dans une bonne ambiance de travail »
Manager 2.0, Alexis Didion recherche la fidélisation de ses salariés par une bonne ambiance de travail, et privilégie avant toute chose le savoir-être dans son exploitation porcine.
Manager 2.0, Alexis Didion recherche la fidélisation de ses salariés par une bonne ambiance de travail, et privilégie avant toute chose le savoir-être dans son exploitation porcine.
« J’essaie de mettre les salariés à l’aise en ne mettant pas de distance », explique Alexis Didion, qui emploie huit salariés dont un apprenti répartis en deux sites. Depuis un an, le chef d’entreprise de 38 ans s’emploie à constituer une nouvelle équipe de cinq salariés et accorde beaucoup d’importance au savoir-être. En effet, à la tête d’un élevage de 300 truies en sélection-multiplication depuis dix ans, il vient de reprendre un site naisseur-engraisseur de 600 truies dans les Côtes d’Armor. Si ses pratiques managériales reposent sur une bonne ambiance de travail, il cherche également à favoriser l’autonomie et l’implication des équipes dans les résultats de l’élevage.
Le savoir-être avant le savoir-faire
Sensible à l’attitude de chacun, dès l’embauche, le chef d’exploitation priorise avant tout le savoir-être du candidat avant même le savoir-faire. La ponctualité, le respect, la motivation, une attitude posée en cas de problèmes… sont des critères importants qu’il repère lors de l’entretien, même si le candidat ne détient pas toutes les compétences techniques requises. « S’il faut, le salarié est formé sur l’élevage », décrit-il. Chaque candidat au recrutement repart avec sa fiche de poste pour une bonne communication sur les tâches attendues et une meilleure prise d’autonomie. « Qu’il soit débutant ou expérimenté, chaque collaborateur conserve sa fiche de poste. Le but est qu’il soit autonome. Cela permet aussi de rendre chaque poste accessible et d’intervenir pour soulager un salarié. » Les deux élevages sont conduits en 5 bandes avec un sevrage à 21 jours. L’éleveur expérimenté maîtrise chacun des postes et connaît parfaitement le temps de travail dédié. Un atout pour emmener une équipe de huit salariés.
Une gestion via des groupes d’échanges
Même si le planning mensuel est édité et affiché dans le local, c’est via un groupe WhatsApp pour chacun des élevages que l’éleveur transmet ses consignes et les modifications au jour le jour. Un autre groupe WhatsApp, dédié au groupement d’employeur, rassemble l’ensemble des salariés afin d’échanger des informations diverses, allant de l’annonce du versement des salaires, aux demandes de congés ou à l’organisation des jours fériés. Plus convivial, sont postées les dates d’anniversaire, des photos ou des vidéos. Un fonctionnement qui a trouvé sa place auprès des salariés dont la moyenne d’âge s’élève à 33 ans, excepté un collaborateur pour qui les changements sont communiqués par téléphone. Disponible, Alexis Didion est présent quinze jours sur chacun des sites et reste joignable par téléphone ou par les groupes d’échanges. Autant dire que le téléphone portable est l’outil indispensable où sont centralisées pour le manager autant les informations techniques que les informations concernant les salariés.
Fédérer autour de l’élevage
« Je veux que tous se fédèrent et avancent ensemble », ajoute Alexis Didion. Pour fédérer l’équipe entière, tous les quatre mois, l’éleveur organise une journée de réunion de travail autour des résultats techniques GTE et GTTT en présence du technicien d’élevage. Un repas à cette occasion est partagé par l’ensemble des salariés dans un cadre agréable. « Je souhaite que les salariés identifient les points techniques. Pour les faire parler, je leur demande leur avis. Par exemple dernièrement le fil rouge était la faisabilité et les conditions de réussite de la démarche de progrès 'queues longues'. Nous discutons aussi d’autres points comme de l’entretien du matériel… », détaille le manager. Le rituel de la pause-café à 10 heures le matin demeure autrement un temps d’échange incontournable entre les salariés.
Outre l’ambiance, l’autonomie et l’implication des équipes, la fidélisation sur l’élevage passe également par un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le temps de travail s’échelonne entre 7 h 30 et 16 h 30. La plupart des salariés ayant des enfants, ces horaires facilitent la gestion de la vie de famille. Une pointeuse enregistre les heures passées au travail et les récupérations éventuelles. Alexis Didion estime être « souple sur les horaires à condition qu’avant de partir, le travail soit réalisé. »
Un temps d’écoute avec l’entretien annuel
Sur l’élevage, un entretien formalisé permet d’instaurer un temps d’échange et d’écoute privilégié. Il s’agit de l’entretien annuel et de l’entretien professionnel qu’Alexis Didion a regroupé et instauré chaque année. « C’est un rituel qui fait partie des leviers de fidélisation des collaborateurs car c’est un moment d’écoute où le salarié peut plus facilement s’exprimer », indique Mélinda Buisson, responsable de la gestion des compétences au groupement Cooperl. L’entretien est divisé en deux temps : l’entretien professionnel et l’entretien annuel (voir ci-après). C’est parfois l’occasion pour le salarié d’émettre une requête en matière de rémunération. Alexis Didion a ainsi listé plusieurs objectifs passés en revue : la technique, l’entretien du matériel, le savoir-être et l’approche collective. Tous les points discutés et décidés sont notés par le manager et signés par les deux parties.
Utiliser une trame
Des trames existent pour aider l’employeur à préparer ces entretiens. Des formations et des accompagnements sont proposés également via les groupements de producteurs. « À la Cooperl, j’accompagne les adhérents sur cette thématique, soit en formation de groupe, soit en coaching. Je peux alors être présente lors de l’entretien avec le manager », précise Mélinda Buisson.
Le saviez-vous
L’ambiance au travail est le premier critère de fidélisation des salariés, suivi en deuxième position par la reconnaissance et en troisième position, par le sens donné au travail. La rémunération arrive en quatrième position seulement. Concernant la jeune génération, l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle revêt une importante particulière.