Quatre concepts de truies en liberté en maternité innovants
De nouveaux concepts intégrant des mises bas sans contention, la mise en groupe des truies allaitantes, la sociabilisation des porcelets ou encore le sevrage sur place voient le jour. L’objectif est d’accroître le bien-être des truies et de réduire les pertes par écrasement, mais aussi d'améliorer le confort de travail autour de la mise bas
De nouveaux concepts intégrant des mises bas sans contention, la mise en groupe des truies allaitantes, la sociabilisation des porcelets ou encore le sevrage sur place voient le jour. L’objectif est d’accroître le bien-être des truies et de réduire les pertes par écrasement, mais aussi d'améliorer le confort de travail autour de la mise bas
Le concept de truies en liberté en maternité ne cesse d’évoluer. En France, le sujet avait pris de l’ampleur à partir des années 2010, avec une phase d’expérimentations de cases individuelles menées par les Chambres d’agriculture, notamment en Bretagne et en Pays de la Loire, et une accélération des investissements en élevage à partir de 2020-2021. Aujourd’hui, de nouveaux concepts intégrant des mises bas sans contention, la mise en groupe des truies allaitantes, la sociabilisation des porcelets ou encore le sevrage sur place voient le jour. L’objectif est d’accroître le bien-être des truies et de réduire les pertes par écrasement, mais aussi d'améliorer le confort de travail autour de la mise bas et, paradoxalement, de réduire le coût des bâtiments. Réussir Porc et Tech Porc sont allés sur le terrain pour recueillir le témoignage d’éleveurs pionniers qui ont fait le choix de ces conceptions innovantes.
Le sevrage sur place remis au goût du jour
Fréquemment utilisé jusque dans les années quatre-vingt-dix, le sevrage sur place apporte des bénéfices techniques mesurables à l’élevage de Ker Angel dans les Côtes d’Armor.
La case WeanTek développée par I-Tek ajoute à ce concept la liberté de mouvement pour les truies. La truie y reste en liberté jusqu’à la fin de la lactation, puis les porcelets poursuivent leur croissance dans la même case jusqu’à 70 à 80 jours d’âge. Cette continuité limite le stress du sevrage, stabilise le statut sanitaire et permet une évolution constante du GMQ, tout en évitant les manipulations à risque à l’éleveur. Elle supprime également un transfert et un lavage de salle. Ce système reste toutefois exigeant en termes de conduite d’élevage. La réussite de cette conduite passe aussi par une maîtrise fine de la température dans les salles, selon le chef d’élevage. Il faut aussi appliquer un protocole de lavage et de désinfection soigné, du sol au plafond, au-dessus et au-dessous les caillebotis. Par ailleurs, le coût du poste maternité est nettement plus élevé puisque les salles sont occupées jusqu’à la mise en engraissement des porcelets.
Des cases de mise bas sans contention de la truie
Galvelpor avait été précurseur en testant dès 2023 des cases liberté sans contention de la truie à la mise bas à la ferme de Kermerrien. Anthony Puel, éleveur à Bréhand dans les Côtes d’Armor, s’est inspiré de leur expérience pour commencer la rénovation de ses maternités en case liberté.
Il apprécie notamment l’accès aux grands nids à porcelets et aux auges des truies depuis le couloir central de la salle. Les porcelets peuvent cependant circuler d’une case à l’autre via des trappes situées dans les nids. Le sol des cases en caillebotis constitué de plastique et de plaques de céramique permet un bon confort pour les truies et les porcelets. Il met cependant en garde sur la difficulté d’entrer dans les cases au moment des mises bas. Pour tenir compte du risque d’agressivité de certaines truies, il envisage de conserver 20 % de ses places de maternité en cases bloquées.
Des truies en groupes de quatre après la mise bas
À la SCEA La Chapelle à Hénanbihen (Côtes d’Armor), Vincent Lebret estime que la notion de bien-être des animaux en maternité passe à la fois par la socialisation des porcelets et par la mise en groupe des truies allaitantes. Il est le premier à installer un concept de maternité proposé par Galvelpor qui permet de former des groupes de quatre truies allaitantes et leur progéniture. Au moment de la mise bas, les truies sont bloquées dans des cases ascenseur permettant un accès aisé de l’éleveur et une sécurisation des performances techniques. L’arrière de la case permet de libérer les porcelets, la truie, ou les deux. Les animaux ont alors accès à un vaste espace commun de 12 m2. Paradoxalement, ce concept ne nécessite pas plus de surface de bâtiment que des cases liberté individuelles.
Les mises bas et les lactations se déroulent dans deux salles
Laure et Anthony Ciron, éleveurs dans la Sarthe, ont mis en pratique une innovation proposée au Space 2022 par Fournier. Les truies mettent bas dans des cases maternité standard. Elles sont transférées au bout d’une semaine dans des cases d’allaitement simplifiées sans bat-flanc. Principaux avantages : une réduction du coût des équipements, un confort du travail à la mise bas et une sécurisation des performances techniques. À cela s’ajoute un bien-être nettement amélioré pour les truies en liberté et les porcelets socialisés. Les éleveurs soulignent que ces bénéfices compensent largement les inconvénients que représente le surcroît de travail lié au lavage des salles et au transfert des animaux.