Aller au contenu principal

Prédire l’état de santé des porcelets, c’est possible !

L’Ifip a testé cet été un premier algorithme de machine learning pour prédire l’apparition d’une pathologie. Lorsque la machine annonce qu’un animal est malade, dans 82 % des cas elle ne se trompe pas.

L'Ifip dispose d'abreuvoirs et de nourrisseurs connectés pour contrôler le comportement individuel de chaque porcelet
© D.Poilvet

L’Ifip s’est doté d’un ensemble d’équipements pour enregistrer un maximum d’informations individuelles sur 9 cases de 17 porcelets dans le cadre d’un projet France Futur élevage et en collaboration avec l’Inra. En temps réel, le nombre de passage à l’abreuvoir ou au nourrisseur et connu, de même que la quantité d’eau et d’aliment consommée et le poids de chacun de ces 153 porcelets. Parallèlement, des animaliers notent chaque jour l’état de santé de chaque porcelet par observation.

Deux bandes ont d’abord été utilisées pour créer un algorithme. Concrètement, les données de ces deux premières bandes sont intégrées à un programme informatique qui étudie et apprend la réaction des porcelets lorsqu’ils présentent des symptômes de toux, de boiteries ou de diarrhée. On appelle cela du machine learning. Le résultat donne un modèle informatique qui doit être capable de dire, à partir de nouvelles données, si le porcelet est malade ou non. Pour tester son efficacité, le modèle a été utilisé sur une bande de 153 porcelets. Tous les jours, une fiche des porcs prédits « malades » s’imprimait automatiquement en indiquant le numéro de l’animal, sa case et sa salle. Ensuite, les résultats de ces prédictions ont été comparés aux observations réalisées par des techniciens expérimentés. Le premier essai est plus qu’encourageant puisque sur 117 alertes émises par le programme, 96 étaient effectivement associées à des observations d’animaux souffrant de diarrhées, de toux ou de boiteries dans les deux jours qui suivaient la prédiction. Mais attention, si l’algorithme se trompe rarement lorsqu’il annonce qu’un porcelet est "malade" il reste cependant du chemin à parcourir.

Encore trop d’animaux non détectés malades

En effet, dans de nombreux cas, les observateurs ont noté comme "malades" des animaux sans que le système d’alerte ne se déclenche. Ainsi, sur 3 437 observations (incluant les prédictions disant que le porcelet n’est pas "malade"), l’algorithme à correctement prédit l’état des porcelets 2 462 fois. Dans cet essai, l’intelligence artificielle a donc fait 72 % de bonnes prédictions ce qui est encore insuffisant pour mettre ce système d’alerte en élevage. Même si ces résultats sont très satisfaisants il faut poursuivre en continuant d’alimenter le modèle avec encore plus de données. En effet, le machine learning est une solution d’autant plus puissante qu’elle dispose d’un grand nombre de données. Avec cinq ou six bandes de porcelets, il est possible d’améliorer l’algorithme pour passer la barre des 85 % de bonnes prédictions nécessaire à son déploiement en élevage. Sur le long terme, ce type d’algorithme sera auto-apprenant. À chaque prédiction d’un porcelet « malade », l’éleveur confirmera ou pas la prédiction sur une application dédiée. À chaque fois, l’algorithme apprendra de ses erreurs et deviendra de plus en plus performant. Mais ne nous y trompons pas, la machine ne prédira jamais avec 100 % de certitude l’état de santé des porcelets. Elle sera, dans le meilleur des cas, une aide précieuse pour mieux anticiper l’apparition d’une pathologie.

Les plus lus

<em class="placeholder">Gurvan Philippe et Cynthia, salariée spécialisée sur le naissage : « Les pesées des porcelets sont enregistrées sur un tableur, avec un suivi par truie et par rang de ...</em>
« Nous avons gagné 2,5 porcelets sevrés par portée en trois ans »

L’EARL Philippe, dans le Finistère, a amélioré sa productivité tout en réduisant le taux de perte sur nés vivants, grâce à une…

<em class="placeholder">Korentin Boutoux et Xavier Blouin, les deux gérants de la ferme de Keraziou, avec Lionel Ac&#039;h (Autret Soutions) à gauche et Yvon Dodier, Tecarmor &quot; Les banques ont accepté ...</em>
"Avec notre nouvelle faf, nous misons sur l’autonomie alimentaire pour notre élevage de 650 truies naisseur-engraisseur dans les Côtes d'Armor"

À la Ferme de Keraziou, la nouvelle fabrique d’aliment à la ferme conçue pour nourrir 650 truies et leur suite est une étape…

<em class="placeholder">Elevage porcin / engraissement / porcs Label rouge / caillebotis</em>
La marge brute des élevages porcins bretons décroche fin 2025

Après les bons résultats des dernières années, la rentabilité des élevages bretons s’est renversée au second semestre 2025, d'…

<em class="placeholder">L’Espagne valorise la plupart des produits de charcuterie-salaison à un niveau supérieur à celui des autres exportateurs européens.</em>
La filière porcine espagnole, un leader porté par sa stratégie à l’export

En trois décennies, l’Espagne est devenue un acteur central du commerce mondial du porc. Son modèle repose sur une stratégie…

<em class="placeholder">« Face à une consommation sous tension, il est important de bien comprendre le besoin pour s’adapter » a insisté Olivier Chaillou (à gauche), président de Terrena, ...</em>
Montée en gamme en porc et diversification chez Terrena

Dans un marché porcin plus volatil, Terrena veut faire reconnaître et valoriser la production française.

<em class="placeholder">Une distribution précise</em>
L'apport de lait reconstitué aux porcelets en maternité améliore leur poids au sevrage

Deux essais menés à la station Ifip de Romillé parviennent à une augmentation du poids moyen de sevrage des porcelets de 300…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)