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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Porvéo mise sur la différenciation de son offre

Né du rapprochement des groupements porcs de la CAM et de Terrena, Porvéo veut produire plus de 50 % de porcs dans des démarches différenciées, autour notamment du projet « Nouvelle Agriculture ».

Lancé officiellement en juin 2016, Porvéo a tenu sa première assemblée générale le 3 mars, à Laval. Les dirigeants ont exposé l’axe stratégique basé sur le développement de filières différenciées. « L’objectif est que plus de 50 % des porcs soient valorisés dans des démarches différenciées", précise Thierry Lambert, président. « Il faut pour cela un groupe amont-aval fort et que les éleveurs soient plus présents dans les choix de valorisation des produits et plus impliqués dans la définition des cahiers des charges. » Quatre démarches sont proposées à l’ensemble des éleveurs. Porvéo mise notamment sur le projet Nouvelle Agriculture développé par Terrena depuis neuf ans, qui s’appuie sur la connaissance du vivant et sur des pratiques plus naturelles et respectueuses des hommes, des animaux et de la terre. 3500 porcs Nouvelle Agriculture par semaine sont déjà valorisés auprès de Système U, partenaire de Terrena depuis 2014, et de boucheries artisanales. Les porcs sont nourris avec des céréales régionales, sans OGM et avec un aliment enrichi en graines de lin dans le cadre de Bleu Blanc Coeur. La plus-value pour l’éleveur est de 0,06 €/kg (en tenant compte du surcoût de 0,04 €/kg lié à l’alimentation). Et Porvéo veut augmenter les volumes grâce au lancement par Terrena de la marque « La Nouvelle Agriculture, la marque des agriculteurs ». Les contacts pris permettent d’envisager de passer dès avril à 4000 porcs/semaine et à terme à 6-7000 porcs/semaine. En plus de l’alimentation, le cahier des charges comporte désormais un plan de progrès sur le bien-être qui devrait permettre de passer fin 2017 à la garantie d’un porc sans antibiotiques après 42 jours.

Intégrer le bien-être animal dans toutes les démarches

La démarche de porc sans antibiotique lancée en 2016 par la CAM sera valorisée sous la marque Bien Produire-Bien Consommer. Créée avec Socopa, elle vise à rassurer la société et l’aval sur le mode de production des porcs. Elle implique un porc produit sans aucun antibiotique, bien nourri (céréales françaises, sans huile de palme…), avec un souci de bien-être (bâtiments rénovés, contrôle du bien-être…) et de durabilité (haies, compostage, méthanisation…). L’objectif est d’atteindre 2-3000 porcs/semaine. Le porc label rouge Opale, également développé avec Socopa (800-1000 porcs/semaine pour CAM/Terrena), sera poursuivi, avec un travail sur le bien-être et sur le pH pour mieux valoriser les pièces. Enfin le porc bio (150 p/semaine) sera développé à 250 porcs/semaine fin 2017 et rapidement 300 porcs/semaine. « Nous avons aujourd’hui des raisons d’être optimistes", note Vincent Varin, président du groupement porc CAM. "La baisse du prix des aliments, celle des abattages dans les pays du nord, le développement des exportations vers la Chine, les nouvelles règles sur l’étiquetage sont des points positifs. Mais la production continue d’augmenter en Espagne et la consommation recule. En plus des actions des entreprises sur les produits, nous devons travailler la qualité de base et intégrer le bien-être animal. »

Accompagner la démédication

Les axes techniques pour 2017 visent à favoriser la compétitivité des élevages et le développement des filières différenciées. L’accent sera mis notamment sur la démédication. En 2016, près de 90 % de l’aliment premier âge vendu par la CAM était non supplémenté. Et un cinquantième éleveur s’est engagé dans la démarche Émergence qui mise sur le dépeuplement et le repeuplement de l’élevage avec des reproducteurs assainis pour éliminer les pathogènes. « En 2017, nous allons poursuivre l’accompagnement des éleveurs vers la démédication, en nous appuyant sur Émergence, sur la réduction des antibiotiques et sur un travail sur la qualité de l’eau », indique Julien Segalen, responsable des groupements porcs CAM et Terrena. Un travail sera fait aussi sur les bâtiments, avec l’accompagnement des projets de rénovation-restructuration et un partenariat signé fin février avec les Trinotières sur le « bâtiment du futur », qui devrait mener à la construction d’un bâtiment en 2018. À noter aussi la forte progression des projets de micro-méthanisation et photovoltaïque.

Porvéo en ordre de marche

Issu du rapprochement des groupements porcs de la CAM, qui avait déjà intégré CAP 50 en 2015, et de Terrena, il rassemble 320 éleveurs du nord de la Manche au sud de la Loire-Atlantique, pour 870 000 porcs (17 000 p/semaine). Les démarches d’harmonisation et restructuration sont bien avancées. Le groupement CAM est devenu au 31 mars une section autonome de Terrena, qui n’est plus de son côté une section d’Aveltis mais continue à travailler avec son partenaire. L’offre de services a été harmonisée autour des gammes Nuxia et Inéo pour la nutrition, d’Axiom et Nucléus pour la génétique et du concept Émergence développé par la CAM pour le sanitaire. Et les synergies envisagées sont aujourd’hui concrètes. « Porvéo se veut un acteur fédérateur et structurant, a souligné Thierry Lambert, président du groupement porc de Terrena et de Porvéo. Les enjeux sont d’améliorer la compétitivité des élevages, de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs et de créer des débouchés durables à haute valeur ajoutée. »

(((OUTIL CHIFFRES CLÉS DANS CET ENCADRÉ)))

Chiffres clés

320 éleveurs

870 000 porcs

Abattages 2016 31 % Socopa Evron, 23 % Holvia Porcs, 13 % AIM, 12 % Charal, 7 % Socopa Celles-sur-Belle, 6 % Vallegrain, 8 % autres

7 350 000 € de projets en 2016, plan de confortement Terrena 164 000 €, plan de développement CAM 107 984 €

4 projets d’installation en 2017

Trois questions à François Attali, directeur marketing stratégique et communication de Terrena

"Produire plus et mieux avec moins"

Qu’est ce que la nouvelle agriculture ?

La nouvelle agriculture, qui trouve ses racines dans l’agriculture écologiquement intensive, repose sur l’innovation et la proximité et vise à ouvrir pour l’agriculture un nouveau chemin qui concilie nature et progrès et permette à tous de bien manger. Cette démarche, qui a pour ambition de produire plus et mieux avec moins, est la réponse de Terrena aux modifications qui impactent fortement les enjeux de l’agriculture : l’augmentation de la population mondiale, notamment en Afrique, le développement des classes moyennes, l’urbanisation, le numérique, la volatilité. Nous devons nous adapter à la coexistence de classes très aisées, moyennes et défavorisées, répondre à la demande de générations nées dans le digital, dans un monde gouverné par l’opinion et qui n’a plus le même rapport à la nature et au vivant.

Pourquoi créer une marque ?

Terrena prend un virage stratégique en développant ses propres marques pour remonter dans la chaîne de valeur. Ces marques vont nous permettre d’être présents sur tous les segments pour venir à la rencontre du consommateur partout où il est. Figure du projet stratégique de Terrena, la marque grand public « La Nouvelle Agriculture, la marque des agriculteurs » doit permettre de créer de la valeur par le prix et porter les valeurs et la démarche de Terrena.

Comment va-t-elle se déployer ?

Le lancement officiel s’est fait au Salon de l’agriculture. L’accueil est très positif et la marque sera lancée en grande distribution en avril. Elle proposera dans un premier temps quatre types de viande : porc, lapin, poulet et bœuf, avec une offre large de 50 références de produits frais. 80 commerciaux proposeront désormais les quatre types de viande, l’objectif étant de couvrir 100 % des magasins français. De la communication sera faite en magasin, sur les réseaux sociaux, dans la presse et à la télé fin 2017. Système U continuera pour sa part à utiliser le label Nouvelle Agriculture pour sa marque de distributeur. Des offres Nouvelle Agriculture seront aussi présentes en restauration hors domicile.

V. B.

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