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Plaidoyer pour une stratégie collective

À l’assemblée générale de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB), le projet d’AOP, qui n’est toujours pas finalisé, a fait débat.

Michel Bloc'h, président de l'UGPVB. "Si nous ne sommes pas capables de nous aligner sur les prix allemands, nous courrons à la catastrophe."
© D. Poilvet

L’AOP (association d’organisations de producteurs) proposée cet été par l’UGPVB et son président Michel Bloc’h (lire Réussir Porc, septembre 2018, page 14) pour peser collectivement sur les marchés et accéder à des fonds sectoriels européens tarde à se mettre en place. « Nous devons encore apporter des éclaircissements aux groupements afin qu’ils comprennent que l’objectif n’est pas de créer une organisation de producteurs (OP) unique dans chaque production, ni même une AOP qui s’ingérerait dans les affaires des OP », affirme Michel Bloc’h, qui a consacré une bonne partie de son rapport d’orientation à souligner les bénéfices d’une telle structuration. « Le rôle des OP ne se limite pas à la seule promesse des enlèvements en élevage. Notre objectif est aussi d’être collé au marché au plus juste et de prévenir les crises par la gestion de marché. » En commercialisant par exemple des animaux en vif ou en carcasse pour fluidifier le marché quand les abattoirs ne peuvent pas abattre toute la production. « Il faudrait parfois pouvoir envoyer collectivement un signal au marché. » Michel Bloc’h constate qu’en 2018, le marché du porc breton "n’a pas su prendre le train de l’Allemagne et de l’Espagne", avec des écarts de cotation allant jusqu’à 15 centimes en défaveur de la cotation bretonne en février et en août. « On ne peut pas continuer comme ça. Le cadran fonctionne comme il peut, avec des apports moins importants qu’avant. Mais si nous ne sommes pas capables de nous aligner sur les prix allemands, nous courons à la catastrophe. »

"Les éleveurs ne sont rien s’ils ne se fédèrent pas"

L’autre argument avancé par l’UGPVB est l’accès à des fonds sectoriels européens qui vont être mis en place dans le cadre de la prochaine politique agricole commune en 2020, et qui représenteront 3 % des aides directes. L’AOP pourra porter des programmes opérationnels : adaptation des modes de production aux besoins du marché, développement de solutions pour produire et économiser l’énergie, renforcement de la biosécurité, gestion des déchets dans une approche d’économie circulaire, renforcement de la bientraitance animale… « L’AOP est le cadre juridique approprié pour accéder à ces fonds qui nous aideront à moderniser nos élevages et à mieux produire dans le sens demandé par la société C’est le sens de l’histoire, à nous de prendre le train qui arrive en gare. »

Un message relayé par David Louzaouen, un jeune éleveur installé dans le Finistère. « La production porcine bretonne a toujours misé sur l’humain. Si les éleveurs ne peuvent pas se fédérer, ils ne sont rien. L’AOP doit se faire le plus vite possible. S’il y a des éclaircissements à apporter auprès des dirigeants des groupements, qu’on le fasse au plus vite. » Le représentant de la FRSEA Bretagne, François Valy, a également tenu à faire une mise au point. "Nous savons que si la fièvre porcine africaine n’arrive pas chez nous, tous les voyants seront au vert pour 2019. Mais si nous ne sommes pas regroupés pour peser sur les marchés, nous aurons 20 centimes de décalage avec l’Allemagne." Et de mettre en garde les représentants des groupements : « si l’AOP ne se fait pas, on vous tiendra pour responsable des futures crises ».

La fièvre porcine africaine plombe la production porcine chinoise

Guillaume Roué, le président d’Inaporc, estime que « la situation de la production porcine chinoise est très grave ». La fièvre porcine africaine (FPA) sévit désormais dans la quasi-totalité des provinces, y compris celles qui sont limitrophes d’autres pays producteurs comme le Vietnam et le Laos. « L’interdiction de transporter des porcs et de la viande de porc a provoqué une surenchère très forte du prix du porc dans les régions qui en manquent », détaille-t-il. Les sources les plus optimistes tablent sur une perte de 5 % de la production porcine chinoise, soit 2,2 millions de tonnes. Les plus pessimistes estiment qu’elle peut atteindre 20 %, soit près de 9 millions de tonnes, un tonnage équivalent à la moitié de la production porcine européenne. « Pour rappel, en 2016, les importations chinoises avaient augmenté de 1 million de tonnes. Cela avait permis une embellie de 30 c € des cours européens. » Inaporc se rend prochainement en Chine pour convaincre le gouvernement chinois de ne pas interdire toutes les importations d’origine françaises si des cas de FPA se déclarent dans l’une de nos régions. "Le principe de la régionalisation est reconnu par l’Office international des épizooties (OIE) et il est appliqué par l’Union européenne à l’égard des pays tiers", argumente Guillaume Roué.

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