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"Mon nouveau bloc naissage améliore le confort du travail et le bien-être des truies et des porcelets"

Olivier Raulo s’est doté d’un nouveau bloc naissage conçu pour limiter les déplacements d’animaux. Réduction du temps de travail et bien être de l’éleveur et des animaux ont été les fils conducteurs de sa réflexion.

À la SARL du Haut Breuil à Loudéac (Côtes d’Armor), Olivier Raulo a ouvert le 13 mars dernier les portes de son nouveau bloc naissage de 250 truies réalisé pour remplacer les anciens bâtiments du site dont certains seront transformés en engraissement.

Avec quatre maternités de 36 places en sevrage sur place et une verraterie-gestante de 240 places en réfectoires dans laquelle les truies sont logées à la même place du sevrage jusqu’à la mise bas suivante, le gain de temps de travail sera important. « Dans chaque bâtiment, j’aurai un lavage et un déplacement de moins à faire qu’en bâtiments classiques », explique l’éleveur. Par ailleurs, il souligne que cette organisation limite le stress des porcelets au sevrage : « l’absence de déplacement et leur maintien dans un bâtiment bien chauffé qu’ils connaissent favorisent le bien-être et les performances ». Et pour compléter le volet du bien-être animal, les truies allaitantes sont logées dans des cases liberté. Cependant, quand il a fallu faire le choix des équipements il y a deux ans, pas un modèle existant sur le marché ne le satisfaisait. « Avec I-Tek, nous avons donc conçu une nouvelle case répondant à mes attentes ».

 

 
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En position fermée, les porcelets disposent d'une surface de 7,5 m2 et d'un vaste nid chauffé. Le sol associe la fonte sous la truie et le plastique. © D. Poilvet

Sevrage sur place

Tout d’abord, les bat-flancs permettant le blocage des truies à la mise bas sont entièrement démontables quand les truies sont sevrées pour laisser la place uniquement aux porcelets. L’un des bat-flancs se fixe le long d’une cloison latérale de la case. L’autre est bloqué le long du nid à porcelet. Celui-ci est condamné dès lors que les porcelets sont trop gros pour y entrer. « La surface de la case est de 7,5 m2, soit 0,42 m2 par porcelet sans le nid pour 16 porcelets par case ». Une surface largement supérieure aux normes pour des animaux qui sortiront de la maternité vers 30 kg. Ils seront transférés directement dans les engraissements où l’alimentation est distribuée à la soupe. « Cela signifie qu’en maternité, les porcelets doivent s’habituer à une alimentation liquide, » fait remarquer l’éleveur. Pour cela, il a investi dans un Spotmix de la société Schauer. Ce système permet de distribuer une alimentation liquide avec une dilution variable et gérable à la case grâce à une injection d’eau située à proximité immédiate de la descente dans l’auge. « Au sevrage, les porcelets recevront un aliment faiblement dilué sous forme de bouillie pour favoriser la consommation. Progressivement, la dilution sera augmentée pour approcher celle des aliments distribués en engraissement ». Les auges mises en place en maternité ont été conçues pour alimenter à la fois les truies et les porcelets. « Elles permettront aux porcelets de consommer l’aliment destiné à leur mère durant toute la lactation ».

 

 
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L'auge est posée à même le sol pour que les porcelets puissent y accéder dès les premiers jours de vie. L'alimentation au Spotmix permet de passer d'une dilution élevée pour l'aliment de lactation à une distribution de l'aliment premier âge sous forme de bouillie pour les porcelets sevrés. © D. Poilvet

Il fait remarquer que cet aliment possède des caractéristiques nutritionnelles proches d’un aliment deuxième âge. « Je pense qu’il est ainsi possible de réduire, voire de supprimer la distribution d’aliment premier âge, pour passer directement au 2e âge au sevrage et ainsi réduire le coût alimentaire ». Pour favoriser les consommations, les porcelets disposeront d’un espace suffisant pour accéder à l’auge à l’avant de la case. « Ils disposent ainsi de 3 cm d’auge par animal, une distance proche de la recommandation zootechnique nécessaire pour éviter des sous-consommations ».

Verraterie tournante

Le bloc verraterie-gestante est uniquement constitué de cases répondant aux normes de surface des truies gestantes (2,25 m2 par animal pour des groupes de six places). « Quand une truie entrera dans sa case, elle y restera jusqu’à la mise bas suivante, sauf si elle fait un retour », explique Olivier Raulo.

 

 
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Le bloc verraterie-gestante est uniquement constitué de cases répondant aux normes de surface des truies gestantes, avec deux couloirs à l'avant et à l'arrière des cases. Un bandeau lumineux isolé au plafond et de grandes fenêtres font entrer beaucoup de lumière naturelle dans la salle. © D. Poilvet

Ainsi, les inséminations seront toujours réalisées dans des cases différentes d’une bande à l’autre. C’est pourquoi l’éleveur appelle ce bâtiment une « verraterie tournante ». Les cochettes (six par bande) intégreront leur bande dès leur première insémination. À chaque sevrage, quelques coches de réforme seront gardées. Elles seront inséminées dans un espace dédié de 20 places. Certaines remplaceront les truies qui font un retour ou vides à l’échographie. Celles qui ne sont pas utilisées pour compléter les bandes seront envoyées à l’abattoir. « Cette conduite me donne l’assurance d’avoir des bandes complètes à chaque mise bas », souligne l’éleveur.

Fiche élevage

SARL du Haut Breuil à Loudéac (Côtes d’Armor)

Olivier Raulo + 3 salariés
250 truies naisseur-engraisseur
3 salariés dont un à mi-temps
40 hectares de SAU
Faf partielle (céréales + complémentaires)
Conduite en sept bandes de 36 truies à la mise bas, sevrage à 28 jours

Un projet soutenu par deux partenaires de l’aval

Olivier Raulo a voulu sécuriser la partie financière de son projet en signant des partenariats avec Lidl et Bigard

Pour mener à bien son projet, Olivier Raulo a investi deux millions d’euros dans son bloc naissage. Il inclut les deux bâtiments maternité et verraterie-gestante équipés d’une ventilation centralisée, un laveur d’air commun aux deux bâtiments, et le système d’alimentation. Pour l’aider dans son financement, il a conclu à partenariat avec l’enseigne de distribution Lidl qui lui versera directement cinq euros par porc charcutier vendu sur une période de cinq ans. En contrepartie, le projet devait répondre à des critères stricts, comme la réduction de la contention, l’apport de lumière naturelle, l’enrichissement du milieu de vie des animaux, et la prise en charge systématique de la douleur sur les porcelets. Ce partenariat établi avec 14 producteurs de porc permet à l’enseigne de montrer qu’elle est engagée aux côtés de l’agriculture française et qu’elle soutient les éleveurs dans la transition agricole vers des pratiques plus durables. L’éleveur a également conclu un partenariat financier avec Bigard. « C’est un engagement sur le long terme », a précisé Gildas Couallier, responsable des approvisionnements porc pour la Bretagne. Il n’a cependant pas souhaité communiquer sur les modalités de cet accord.

Olivier Raulo, gérant de la SARL du Haut Breuil

 

« Ce projet renforce l’autonomie de mon élevage »

Depuis mon installation en 2007 sur l’exploitation familiale l’effectif truie est resté stable. Je cherche avant tout à être autonome. Avec ce bloc naissage neuf, je libère des bâtiments qui me permettront d’engraisser tous mes porcelets. Je valorise également les céréales produites sur l’exploitation avec des complémentaires du commerce. Le lisier est envoyé dans un méthaniseur pour produire du biogaz. Je récupère une partie du digestat pour fertiliser mes cultures. Le reste est épandu sur des terres d’épandage extérieures. À 44 ans, Je suis à mi-parcours de ma carrière. Mais je pense déjà à la transmission de mon exploitation. Ce bloc naissage répond à la fois à des enjeux techniques, économique, de bien-être et de main-d’œuvre. En cela, il rend mon exploitation plus transmissible.

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