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Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

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Les bienfaits des compléments alimentaires sous la mère

Un complément nutritionnel apporté aux porcelets dès le début de lactation favorise la mise en place d’un bon fonctionnement intestinal, synonyme de meilleure croissance et d’immunité renforcée.

« Apporter un complément alimentaire dès les premiers jours de vie booste la croissance des porcelets et leur immunité, ce qui améliore leurs chances de survie », affirmait Maud Le Gall, chef de produit porcs chez Provimi, lors de la journée technique porcelets organisée par la firme-services en juin à Rennes. « Car avec l’augmentation du nombre de porcelets, l’allaitement maternel ne suffit plus, surtout aux plus petits. " Une complémentation qui a pour objectif de compenser la baisse du lait ingéré par chaque porcelet à partir du 17e jour de vie. De plus, stimuler rapidement la consommation d’aliment sous la mère facilite la transition du sevrage. « Un porcelet en forme au sevrage a plus de chance de faire un meilleur porc charcutier. Les porcelets plus lourds de cent grammes au sevrage font six cents grammes de plus à l’abattage. » Même une faible consommation d’aliment sous la mère participe à éduquer le porcelet à manger. Des aliments riches en amidon et en protéines végétales qui préparent l’intestin à digérer d’autres choses que le lait. « En ayant consommé autre chose que du lait maternel, le porcelet sera moins stressé au sevrage, son intestin y est prêt, il y aura moins de perte de poids », constate Maud Le Gall. Avec cent grammes d’aliment consommé en plus sous la mère, un porcelet gagnera cinquante grammes de GMQ en post-sevrage. L’alimentation sous la mère aura un impact d’autant plus fort que le sevrage est à 28 jours, avec un meilleur gain de poids.

Mieux gérer le stress du sevrage

La complémentation alimentaire sous la mère permet aussi aux porcelets de leur assurer une bonne maturité intestinale qui les aidera à mieux gérer le stress du sevrage. Avoir ingéré suffisamment d’aliment autre que le lait maternel avant le sevrage prépare leur microbiote intestinal. Ce bon fonctionnement intestinal est primordial pour la résistance aux pathogènes. Car, l’intestin est aussi une barrière immunologique contre les agressions des germes pathogènes. En période de stress, comme au sevrage, les risques d’inflammations, donc la moindre résistance face aux maladies, augmentent. L’une des pathologies les plus fréquentes liée à cette moindre résistance est celle à Streptocoques Suis. « Elle survient surtout entre trois et douze semaines avec un pic huit à douze jours après le sevrage, quand l’organisme est affaibli par le stress », explique Yannick Lechevestrier, nutritionniste chez Provimi. Avec un épisode sévère, la mortalité peut être importante. Dans une pathologie chronique, ce sont des retards de croissance de cinq à vingt grammes par jour. « Une bonne flore digestive dès les premiers jours est la meilleure garantie pour l’immunité », conclut-il.

Un complément alimentaire sous forme de gel pour sevrer plus

Aurélie Thimont gère avec son mari, à Brée, en Mayenne, un atelier de 180 truies NE. Depuis un an, elle distribue aux porcelets, dès leur naissance, un complément alimentaire proposé par Provimi. « Le nombre de porcelets sevrés bloquait à un palier de 11,5 par portée, explique l’éleveuse. Ça ne me satisfaisait pas. Je voyais bien que le problème venait des plus petits porcelets décrocheurs. » Le produit distribué est présenté sous forme de gel (Early Start). « Même si ce sont les plus gros qui vont manger dans les barquettes, ce n’est pas grave, pendant ce temps, les plus petits ont accès aux meilleures mamelles », se satisfait Aurélie Thimont. Les résultats parlent d’eux-mêmes : « maintenant je sevre entre 12 à 12,5 porcelets par portée. J’ai même fait deux sevrages à 13,1 et 13,7 ", apprécie l’éleveuse. "Tous les porcelets sont beaux, ils pèsent 8,5 kg de moyenne pour un sevrage à 28 jours. Les portées sont beaucoup plus homogènes. Je n’ai plus besoin de faire un lot de petits. » Pour Aurélie Thimont, la présentation en gel facilite la consommation. « Je dispose les barquettes près du nid. Je n’ai pas d’eau chaude à transporter, de lait à reconstituer. Les porcelets y ont accès pendant huit à dix jours, avant de passer aux aliments solides que je mets dans la même barquette car les porcelets y sont habitués. Ça facilite la transition », conclut-elle.

C. J.

Des huiles essentielles pour mieux digérer

Provimi a fait le choix d’utiliser les huiles essentielles pour améliorer le fonctionnement digestif des porcelets. Son additif Cinergy comprend cinq concentrés d’huiles essentielles (thym, clou de girofle, origan, cannelle, coriandre et rosemarie). « L’ajout de Cinergy dans les aliments pour porcelets permet de gagner de la croissance en améliorant le fonctionnement du tube digestif », explique Alexandre Marion, responsable produit. « Il favorise la croissance des cellules épithéliales, donc la réparation de la muqueuse intestinale en cas de stress. Ça évite des réponses immunitaires, qui sont consommatrices de nutriments, au détriment de la croissance ». Sur quarante-six essais réalisés, Provimi a montré que l’ajout de Cinergy augmentait la croissance de 4,5 %. En 2016, dans un élevage sans antibiotique, le poids en fin de post-sevrage a été amélioré de 3,5 % et le GMQ après sevrage de 4,5 %. « L’arrière-effet bénéfique d’un bon fonctionnement intestinal se retrouve jusqu’à l’abattage », constate Alexandre Marion. « Le porc met trois jours de moins pour arriver au même poids. » Le coût de l’incorporation est de trois euros par tonne d’aliment. À raison de trente kilos distribués par porcelet, le coût est de 0,10 euro par tête. « Pour un gain d’un euro par porc », assure Provimi.

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