Aller au contenu principal

Lavage en élevage de porc : « Le robot fait le travail le plus pénible »

Les associés du Gaec Coat Bihan à Plédéliac, dans les Côtes-d’Armor, utilisent deux robots de lavage pour laver toutes les salles de leur élevage de 500 truies naisseurs-engraisseurs.

Les quatre associés du Gaec Coat Bihan ont décidé d’investir dans deux robots de lavage Evo Cleaner de la société Envirologic et commercialisé en France par RV Biotech. Le premier a été acheté en 2018 pour leur nouveau bloc naissage de 500 truies (voir Réussir Porc novembre 2018 page 32), le second en 2019 pour la partie post-sevrage et engraissement. « Le bloc naissage étant sous protection sanitaire renforcée, il nous paraissait risqué de déplacer le chariot en permanence d’un site à l’autre, explique Bruno Hamon, l’un des associés du Gaec. On n’envisageait pas non plus d’utiliser le robot de lavage sur une seule partie de l’élevage. » D’autant plus que les premiers résultats étaient très satisfaisants, notamment en matière de réduction de la pénibilité du travail. Après deux ans d’utilisation, Michel Hamon, en charge des post-sevrages et des engraissements, estime que le robot assure 90 % du lavage. « Il fait le plus pénible », souligne-t-il. Mais après son passage, le travail n’est pas terminé pour autant, car même si toutes les surfaces ont été décapées, il reste encore des projections de matière organique à enlever. Mais c’est la partie du lavage la plus facile qui se présente alors. « J’applique un dégraissant sur toutes les surfaces, puis je passe un coup de jet plat. Au final, le travail est aussi bien fait qu’un lavage manuel intégral. »

Un travail important de programmation

À son arrivée, le robot doit être programmé en temps réel par un opérateur qui manipule un joystick pour diriger l’avancée du chariot et le bras qui porte la rotabuse. Les mouvements sont mémorisés pour ensuite être répétés à l’identique lors des lavages suivants. Ils peuvent être reproduits autant de fois que nécessaire pour enchaîner le lavage de cases ou de salles identiques. Pour cela, le robot se repère géographiquement dans les salles par des aimants posés sur des supports fixés à des endroits précis. « Le lavage révèle la dextérité de celui qui le programme », explique Michel Hamon. Des zones non lavées peuvent parfois être oubliées par la première programmation. Il faut alors que l’opérateur reprenne la main et reprogramme la séquence concernée pour corriger le défaut. Ce travail peut se révéler fastidieux, notamment dans des élevages construits au fil du temps comme c’est le cas au Gaec Coat Bihan. Les 2 700 places de post-sevrage et 4 300 places d’engraissement sont réparties dans plusieurs bâtiments différents dans leur conception et leur taille. Cette diversité impose une phase de programmation importante. Le chariot doit aussi disposer d’une largeur de couloir suffisante pour être manœuvré. « L’idéal est d’avoir un couloir d’accès aux salles de 1,5 mètre de large. Une largeur de 1,2 mètre peut convenir, mais la manipulation du chariot est alors moins aisée. » Dans les salles, le couloir d’accès aux cases doit faire 85 cm de large au minimum, selon l’éleveur. Bruno Hamon met notamment en garde contre les poteaux diffuseurs de type suisse qui pourraient faire obstacle au guide du chariot. En effet, celui-ci est guidé par les cloisons de façade des cases d’engraissement. Le robot peut aussi fonctionner sans cloison comme dans la verraterie de 62 places ou en gestante, composée de grandes cases de 42 places avec des alimentateurs individuels Selfifeeder. Mais il faut alors installer un guide au sol à chaque lavage pour le diriger.

Deux heures de finitions pour 42 places de maternité

Les éleveurs ont noté une réduction importante du temps de travail, notamment dans les deux maternités composées chacune de 42 places accessibles par deux couloirs. « Pour un lavage manuel, il fallait compter huit heures de travail pénible par salle », se souvient Bruno Hamon. Aujourd’hui, le robot met six heures au total pour nettoyer une salle. Ensuite, l’éleveur passe deux heures à dégraisser et à la rincer. Le robot peut aussi travailler la nuit, ce qui représente parfois un gain de temps important pour augmenter la durée du vide sanitaire.

Les éleveurs mettent en avant la capacité du robot Eco Cleaner à réaliser un nettoyage approfondi des salles. « Son bras se déplie jusqu’à 4 mètres et la rotabuse est orientable dans toutes les directions. Il peut ainsi laver des objets complexes comme les auges des truies ou des porcelets en maternité », explique Bruno Hamon.

Les éleveurs doivent également être très vigilants sur les obstacles que peut rencontrer le bras qui supporte la lance de nettoyage. « Une barrière non fermée, une chaîne ajoutée à un endroit inhabituel, et c’est la panne, si l’objet fait obstacle au robot. » Heureusement, celui-ci est connecté en temps réel aux smartphones des éleveurs grâce à un réseau Wifi qui couvre l’élevage pour les prévenir des incidents. « Le laveur se met en défaut et attend qu’on vienne le dépanner pour se remettre en route. » Il envoie également un signal quand le travail est terminé. La connectivité permet aussi aux techniciens d’Envirologic ou de RV Biotech de prendre la main à distance en cas de panne. Les mises à jour sont effectuées via le réseau. Enfin, la programmation est sauvegardée chez le fournisseur en cas de panne ou de changement d’appareil. L’entretien de l’appareil se limite à un lavage entre deux nettoyages, et à la recharge des batteries dont l’autonomie est de 48 heures.

En chiffres

Le Gaec Coat Bihan à Plédéliac (22)

500 truies, menées en 10 bandes de 42 truies à la mise bas
2 700 places de post-sevrage
4 300 places d’engraissement
2 robots de lavage Evo Cleaner

Avis d’expert : Gaétan Renault, RV Biotech

« L’Evo Cleaner nettoie les zones difficiles d’accès »

« La programmation des séquences de lavage et les caractéristiques des composants de l’Evo Cleaner permettent de faire un lavage très poussé des salles, quelle que soit leur configuration. Son bras articulé et la rotabuse pivotante à 365 ° ont la capacité d’éviter facilement les obstacles et de nettoyer des zones difficiles d’accès, comme les cases de mise bas ou les nids à porcelets. La rotabuse peut laver jusqu’à 4,5 mètres de profondeur à 200 bars de pression. Un jet-crayon fourni en option permet de dégrossir au-delà de 4,5 mètres. Le menu correspondant au lavage d’une salle est composé d’une succession de plusieurs programmations réalisées initialement à l’aide d’un joystick. L’éleveur programme le nettoyage de chaque zone qui compose les salles (sols, cloisons, plafond, couloir de circulation…). Pour cela, il doit être méthodique et laver vers l’avant pour n’oublier aucune surface. Il peut ensuite répéter autant de fois qu’il veut ces programmes dans le menu de lavage de la salle, grâce à un écran tactile intuitif situé sur le robot. Selon la configuration des salles, la pression délivrée par la pompe HP et la qualité de la programmation, le taux de lavage peut varier de 80 à 95 %. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Les plus lus

Arrêt de la castration à vif : la pression monte
L’association d’éleveurs « pour le bien-être animal et la non castration » reste mobilisée au sujet de l’arrêté interdisant…
Michel et Bruno Hamon, Gaec Coat-Bihan. « Le lavage révèle la dextérité de celui qui le programme. » © D. Poilvet
Lavage en élevage de porc : « Le robot fait le travail le plus pénible »
Les associés du Gaec Coat Bihan à Plédéliac, dans les Côtes-d’Armor, utilisent deux robots de lavage pour laver toutes les salles…
Les nez humains doivent sentir les molécules odorantes sur le gras chauffé des carcasses. © UGPVB
Un kit de sélection des futurs nez humains pour détecter les odeurs sexuelles sur les carcasses de porcs en abattoir
Dans l’hypothèse d’un développement de la production de mâles entiers ou immunovaccinés, Armelle Prunier de l’Inrae a mis au…
Yann Grelet, avec Jean-Jacques Rocher, technico-commercial Nutréa, et Anne Bouché, responsable marché en nutrition porc Nutréa. L’entreprise a suivi chez Yann Grelet les performances des porcs charcutiers alimentés au blé noir grâce notamment à une bascule connectée qui pèse instantanément les animaux en cours d’engraissement. © D. Poilvet
Nutréa lance le porc « cultivé et nourri au blé noir »
Deux ans d’investigations ont été nécessaires à Nutréa en collaboration avec un éleveur morbihannais pour élaborer un cahier des…
Le nombre d’Enterococcus et de coliformes totaux dans la soupe peut être un indicateur d’une soupe de mauvaise qualité microbiologique et à risque de diarrhées néonatales. © D. Poilvet
Un lien entre l’hygiène de la soupe des truies et les diarrhées néonatales
Une étude de Porc. spective montre que le risque d’avoir des diarrhées néonatales augmente lorsque le dénombrement d’entérocoques…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)