Aller au contenu principal

Le photovoltaïque pour atteindre l’autonomie énergétique en élevage porcin

Au Gaec du Chêne Harel, l’élevage de porc produit l’équivalent de 77 % de l’électricité qu’il consomme. L’électricité photovoltaïque autoconsommée contribue à se rapprocher du concept d’élevage à énergie positive.

Après avoir visé l’autonomie environnementale et alimentaire grâce à l’épandage des déjections et la valorisation des céréales produites sur les terres de l’exploitation, les éleveurs du Gaec du Chêne Harel à Melesse, en Ille-et-Vilaine, sont désormais en passe d’atteindre l’autonomie énergétique. Avec une production d’énergie équivalente à 77 % de l’électricité consommée par l’élevage, ils sont proches de la notion d’élevage à énergie positive. Pour cela, ils disposent de trois sources de production d’énergie. « En 2014, nous avions investi dans une installation photovoltaïque de 100 kWc sur le toit d’un hangar à matériel pour produire de l’électricité destinée à la vente. Les 650 m2 de panneaux fournissent chaque année 105 000 kWh au réseau, soit l’équivalent de 36 % de notre consommation », explique Éric Dondel, l’un des associés du Gaec avec son frère Pascal et son fils Sébastien. L’an dernier, ils ont contractualisé avec la Cooperl la reprise des déjections solides de leur nouvel engraissement sur racleurs Trac, pour alimenter la méthanisation construite par la coopérative à Lamballe. « La production annuelle de biogaz issu de ces déjections équivaut à 79 000 kWh électrique, soit 27 % de notre consommation. » Enfin, sur la toiture de cet engraissement, 260 m2 de panneaux photovoltaïque ont été installés en janvier dernier, dans un objectif d’autoconsommation de l’électricité produite. Sur un an, ces panneaux vont produire 40 000 kWh, permettant de couvrir 20 % des besoins de l’élevage.

38 000 euros pour 40 kWc

L’installation photovoltaïque destinée à l’autoconsommation a été dimensionnée avec Régis Le Carluer, conseiller énergie-climat de la chambre d’agriculture, pour que l’exploitation puisse consommer l’intégralité du pic de production quotidien. « Les solutions de stockage d’énergie qui permettraient de valoriser un excédent de production pour le valoriser en période de non-production coûtent encore trop cher. Et le tarif de reprise proposé par notre fournisseur (6 c€/kwh) est beaucoup trop bas pour rentabiliser des surfaces de panneaux supplémentaires », regrettent les éleveurs. Pour justifier leur choix par rapport aux trackers, Éric Dondel met en avant un coût d’installation beaucoup plus bas (38 000 euros tout posé pour une puissance de 40 kWc), et une différence de production qui ne justifie pas l’écart du prix de l’installation. « La simulation réalisée par la chambre d’agriculture a démontré l’intérêt économique des panneaux sur toiture. » De plus, l’orientation du bâtiment permet une exposition plein sud qui optimise la production. Lors de sa construction les éléments constituant la charpente ont été dimensionnés pour soutenir le poids supplémentaire des panneaux. Le choix du solaire par rapport à d’autres sources d’énergie (bois, microméthanisation…) a également été rapidement tranché. « C’est tellement simple d’utiliser l’électricité. De plus, c’est le mode de production d’énergie qui demande le moins de temps de travail une fois installé. Les frais de maintenance sont très réduits : ils se résument à un lavage tous les deux ans réalisé par une entreprise extérieure. »

Une installation évolutive

Éric et Sébastien Dondel espèrent atteindre prochainement l’autonomie énergétique totale pour leur exploitation. « La surface du nouveau bâtiment encore disponible correspond à la production manquante. L’intérêt du photovoltaïque en toiture est aussi d’être évolutif. Il permet de répondre précisément aux besoins de l’élevage. » Cependant, il faudra pour cela que des solutions de stockage économiquement rentables voient le jour. « Dès que ce sera le cas, on peut tout imaginer, rêve Éric Dondel. Faire le plein de véhicules, utiliser des batteries mobiles chargées le jour pour fournir de l’électricité à son domicile la nuit… le potentiel du photovoltaïque autoconsommé est infini ! »

Mise en garde

Pour un bâtiment neuf, il faut impérativement signaler son projet de panneaux photovoltaïque au charpentier afin qu’il adapte sa charpente au poids de l’installation. Les toitures existantes ne peuvent pas toujours supporter le poids supplémentaire des panneaux photovoltaïques. Tout dépend des caractéristiques de la charpente et du type de couverture (bacacier vs tôles fibro). Chaque installation est un cas particulier qui doit être étudié par le constructeur.

L’autonomie énergétique passe aussi par de faibles dépenses

Pour valoriser l’énergie photovoltaïque, les éleveurs ont installé des radiants IRC dans leurs nouvelles salles de post-sevrage. Par ailleurs, Sébastien Dondel souligne l’intérêt de salles bien isolées, bien ventilées et bien éclairées avec des équipements à faible consommation. Pour piloter son nouveau bâtiment, il note à chaque bande la quantité d’énergie dépensée pour le chauffage. « En hiver, la consommation est de 1,5 kWh par porcelet en post-sevrage. En été, elle descend à 0,5 kWh par porcelet. » Des niveaux nettement inférieurs aux valeurs de référence (10 kWh/porcelet).

Les plus lus

<em class="placeholder">Les dirigeants de Porc Armor Evolution réunis à l&#039;occasion de l&#039;assemblée générale le 21 juin à Locminé (Morbihan). </em>
L’activité du groupement Porc Armor a progressé de 6 % en 2025

Porté par une activité dynamique en 2025, le groupement Porc Armor Évolution renforce son offre de services, notamment pour…

truies en liberté dans des cases maternité en groupe de 6 truies, avec sevrage sur place
Truies en groupe et sevrage sur place, la maternité repensée

Sabine et Stéphane Demeuré ont mis au point leur modèle de maternité liberté qui associe truies en groupe et sevrage sur place…

<em class="placeholder">L&#039;acidification du lisier apparaît  risquée et comme une source de complexité supplémentaire.</em>
Acidification des lisiers porcins : pourquoi cette technique suscite-t-elle autant de questions ?

Une étude de la chambre d’agriculture de Bretagne montre que l’acidification des lisiers est reconnue pour ses atouts…

<em class="placeholder">Jean-Marc et Stéphanie Langlais, éleveur de porcs</em>
« J’ai agrandi mon élevage de porcs pour avoir des salariés »

À Lamballe dans les Côtes-d’Armor, Jean-Marc Langlais a repris deux sites proches de son élevage pour atteindre une taille d…

<em class="placeholder">Elevage porcin es Espagne</em>
Pourquoi la croissance de la production porcine espagnole est sous contraintes ?

Portée par un modèle compétitif, une forte intégration et une stratégie export offensive, la filière porcine espagnole a connu…

<em class="placeholder">Epandage de lisier sur maïs avec une rampe à pendillards. Fertilisation des cultures. Recyclage des effluents d&#039;élevage. Apport d&#039;azote.</em>
Pourquoi l'acidification des effluents d'élevage réduit les pertes d’azote?

Peu répandue en France, l’acidification de lisiers et de digestats au moment de l’épandage diminue les pertes d’ammoniac par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)