Le lycée agricole Le Nivot s’enrichit d’un bâtiment de porc en engraissement
Dans le Finistère, le lycée agricole Le Nivot vient d’inaugurer un nouvel engraissement dans son élevage de porcs. Ce support pédagogique est désormais en phase avec la réalité du terrain.
Dans le Finistère, le lycée agricole Le Nivot vient d’inaugurer un nouvel engraissement dans son élevage de porcs. Ce support pédagogique est désormais en phase avec la réalité du terrain.
Lumineux et fonctionnel : on n’en attendait pas moins du nouvel engraissement de 360 places de l’atelier porcin de 120 truies naisseur-engraisseur du lycée agricole Le Nivot situé à Lopérec dans le Finistère et inauguré le 5 décembre 2025.
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Cette extension s’ajoute aux 900 places existantes pour engraisser « sur site tous les animaux nés dans l’élevage (3 500 par an environ) plutôt que de vendre 100 à 120 laitons toutes les cinq semaines (conduite en quatre bandes) », explique Daniel Coquil, responsable de l’atelier porcin.
Le Lycée n’avait pas investi depuis la construction, il y a une dizaine d’années, d’un bloc maternité de 26 cases standard, ascenseur et liberté. Fidèle à sa devise « apprendre en pratiquant », Le Nivot a voulu accroître ses capacités d’engraissement pour absorber les gains de productivité d’un cheptel passé en quelques années de « 11, 12 à 14 porcelets sevrés par portée ». Pour faire progresser l’atelier « support pédagogique pour que les jeunes formés soient techniquement plus forts dans un contexte de prix bas ». Et globalement améliorer le bien-être des animaux.
Un GMQ de plus 1 000 g visé fin 2026
Sur conception technique du groupement Eureden auquel il adhère, Le Nivot a investi un peu plus de 241 000 euros dans l’opération, soit 670 euros par place. Il comprend de la lumière naturelle apportée par des fenêtres percées le long des cloisons, des parois intercases en PVC pour faciliter le nettoyage, un système de contrôle de température par gestion automatisée des flux d’air, un quai-soupe de 120 places pour optimiser l’enlèvement des animaux…
« S’y ajoutent ces auges droites plutôt que circulaires pour réduire la compétition », poursuit Daniel Coquil. Les autres engraissements (6 salles de 150 places) bénéficieront des mêmes équipements en mars. Avec ce nouvel engraissement, l’atelier porcin du lycée Le Nivot vise l’amélioration continue de ses performances, en économique comme en bien-être animal. « En quelques années, nous sommes parvenus à réduire à moins de 2 % le taux de pertes en post-sevrage, et à abaisser l’indice de consommation de 2,8 à 2,6 en détassant 20 % des animaux à 145-150 jours. Pour la fin 2026, on table sur un IC de 2,45 et un GMQ de plus de 1 000 g. » Dès janvier, une trentaine d’élèves de tous niveaux fréquenteront la nouvelle salle pour parfaire leur apprentissage (lire par ailleurs). Des stages découvertes pour les quatrièmes, troisièmes et secondes, des cycles plus longs de la première au BTS, sans oublier le CQP porc (1).
« C’est sûr, les animaux vont mieux pousser »
À 17 ans, Lois Hirrien, Eoharn Collorec et Antoine Rivoalen, tous trois dans l’année de leur terminale Bac pro CGEA (1) au lycée Le Nivot aspirent à être éleveurs. Fils d’éleveurs laitiers, les deux premiers sont naturellement attirés par le lait. Pas Antoine, fils de salarié en élevage porcin qui s’intéresse avant tout au cochon et pourrait très bien s’installer un jour. Rencontrés lors de l’inauguration du nouvel engraissement de Le Nivot, les trois garçons ont réalisé en début d’année scolaire leur cycle annuel en porc dans les anciens engraissements. « On a eu 4 heures de travaux pratiques par semaine pendant cinq semaines », disent-ils. Ils ont également participé avec satisfaction à la construction du bâtiment. Vu sa configuration, « c’est sûr, les animaux vont mieux pousser », sourient-ils. Ils font référence aux conditions d’élevage, mais pas seulement. Les performances du cheptel devraient s’améliorer les prochaines années par l’introduction d’une nouvelle génétique en lignée mâle. Trois sont actuellement en test : Tempo (Topigs), Thor (Axiom) et Pic410. « Seuls les BTS y travaillent », précise Daniel Coquil. Ayant prévu de poursuivre leurs études en BTS sitôt leur bac en poche, les trois garçons devront y travailler eux aussi.