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Pathologie
Le circovirus de type 2 continue d’évoluer

Responsable de la circovirose, le virus PCV2 a une forte capacité à muter. Lors d’un symposium Ceva, les épidémiologistes ont rapporté l’émergence d’un nouveau génotype, le PCV2d, et confirmé l’intérêt de la protection vaccinale.

Depuis son apparition en élevage à la fin des années 1990, la circovirose du porc due au virus PCV2, initialement appelée la MAP (syndrome d’amaigrissement du porcelet) a changé d’expression. Elle s’exprime davantage aujourd’hui sous sa forme subclinique avec un impact sur la croissance. Elle peut occasionner des troubles respiratoires et digestifs en engraissement et affecte aussi les performances de reproduction. En parallèle, de nouveaux sérotypes sont apparus au fil des ans, comme l’a expliqué, Matthias Eddicks, chercheur à la clinique du porc de l’université Ludwig-Maximilians de Munich en Allemagne. Il est intervenu lors du symposium porc organisé le 25 septembre par Ceva, en grande partie consacré au circovirus. « Découvert en 1974, le virus PCV était présent partout depuis de nombreuses années mais sans conséquences sanitaires. En 1998, le variant pathogène PVC2a est associé à la première épidémie de circovirose, qui a donné lieu à de fortes pertes de porcelets. » C’est d’ailleurs à partir de ce génotype qu’ont été fabriqués les vaccins commerciaux, dont le premier a été autorisé en France en 2006. En 2004, un nouvel épisode de cas sévères apparaît en Amérique du Nord. Il coïncide avec l’émergence d’un second sérotype PCV2b, qui va progressivement dominer également en Europe. « Puis à partir de 2012, le virus mute de nouveau, notamment vers le génotype PCV2d. Il est aussi appelé « PCV2b mutant » car il prend son origine dans le génotype b. »

Des cas cliniques plus souvent liés au PCV2d

Même si la prévalence du type d est aujourd’hui moins élevée que celles des types a et b, le PCV2d est en revanche le plus souvent identifié lors de cas cliniques associés à des échecs de vaccination. Mathias Eddicks s’appuie sur plusieurs études aux États-Unis, en Corée et en Allemagne. En France également, il semble que le PCV2d soit plus présent qu’on ne le pense (voir ci-dessous). Cette augmentation de cas cliniques relance le débat sur le lien entre les souches et la virulence du PCV2. Sur le terrain, elle a également soulevé des interrogations sur l’efficacité de la protection des vaccins commerciaux, sachant que tous sont basés sur le génotype PCV2a. Matthias Eddicks comme Tania Opriessnig, de l’université d’Edimbourg l’ont clairement démontré par leurs travaux de recherche respectifs : « Les vaccins basés sur PCV2a offrent une protection croisée contre différents types de génotypes et fonctionnent très bien contre le PCV2d. » Comment expliquer alors les situations d’échec vaccinal ? « Il est possible que certaines souches de PCV2 mettent au point des stratégies d’évitement de la réponse immunitaire des porcs. »

Des jeunes truies plus virémiques

Pour limiter le risque d’échec vaccinal, Matthias Eddicks insiste sur la bonne gestion de l’introduction de truies dans l’élevage. « Ce sont surtout les jeunes truies et en particulier les cochettes qui contribuent aux infections endémiques à PCV2 dans les troupeaux. L’introduction d’une nouvelle souche dans un élevage (par exemple du génotype a à b ou de b à d) contribue sans doute au redémarrage d’un épisode de circovirose. "

« Il existe d’autres raisons pour expliquer l’échec d’une vaccination », a rappelé Tanja Opriessnig, « à commencer par une mauvaise application (dose incorrecte ou non administrée, mauvaise condition de stockage). Il peut aussi s’agir d’une réponse immunitaire inefficace de l’hôte : présence d’autres infections (SDRP, rotavirus…) ou un possible effet de la flore intestinale. » Ses travaux ont, par ailleurs, comparé les différentes stratégies de vaccination. Tout dépend de l’âge auquel apparaissent les signes cliniques de circovirose : vaccination des truies lors de signes précoces (jusqu’à 8 semaines) et/ou vaccination des porcelets lors de signes tardifs (vers 16 à 23 semaines).

En savoir plus

Emergence de PCV3

Le circovirus porcin (PCV) a été découvert pour la première fois en 1974. Il était largement répandu mais sans conséquences sanitaires. Il a par la suite été renommé PCV1, pour le différencier du variant pathogène PCV2, qui s’est développé à la fin des années 90. De récentes publications montrent l’arrivée d’un troisième type de virus. PCV3 serait davantage impliqué dans les troubles de la reproduction (avortements).

Le génotype d circule dans l’ouest de la France

Labocéa, le laboratoire d’analyses de Ploufragan, et Ceva ont piloté une étude terrain pour mieux connaître les types de PCV2 circulants sur le terrain. C’est la première étude de ce genre en France. Elle apporte un premier éclairage et une comparaison par rapport à la situation d’autres pays tels l’Allemagne, les États-Unis… Grâce à la collaboration des vétérinaires praticiens, une quarantaine de prélèvements issus d’élevages de l’Ouest ont été recrutés au sein de la banque d’échantillons de Labocéa et ont fait l’objet d’un séquençage total de virus PCV2 au cours du printemps 2017. Luc Mieli, directeur de l’unité immunologie porc et volaille de Labocéa, a dévoilé les résultats préliminaires. « Sur les 32 séquençages exploitables, il s’agissait du type b pour 14 cas et du type d pour 18 cas. Il n’y a pas d’effet du type de prélèvement (sérum ou organe). Enfin, il semble qu’il y ait eu une évolution dans le temps. » Les 32 séquençages provenaient pour moitié d’échantillons réalisés durant le second semestre 2016 et durant le premier semestre 2017 pour l’autre. Or il s’avère que les types b sont plus nombreux parmi les prélèvements réalisés sur 2016 tandis que le type d prédomine sur 2017. « Alors que l’on pensait que seul le type b circulait jusqu’à présent, ces premiers résultats posent la question de l’intérêt d’aller sur un typage PCV2 en routine et de créer un observatoire du circovirus », s’interroge le vétérinaire. « L’étude en cours de l’historique des prélèvements (échec de vaccination, signes cliniques spécifiques…) apportera un éclairage supplémentaire », souligne Nathalie Capdevielle, responsable marketing et technique porc de Ceva.

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