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La couverture vaccinale anti-grippale des éleveurs de porc progresse

Pour préserver la santé humaine comme animale face à la grippe, il faut combiner biosécurité et vaccination.

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Asma Haddad, ingénieure de recherche à l'Ecole de Hautes Etudes en Santé Publique, a questionné les éleveurs sur leurs pratiques vaccinales. Le taux de vaccination a atteint 25% cette année.
© Cécile Julien

Chez les humains comme pour les porcs, la grippe saisonnière cause d’importants problèmes de santé. Elle est particulièrement surveillée en Bretagne

Lire aussi : Comprendre la grippe porcine en quatre questions

« Des virus de la grippe circulent dans 91 % des élevages de porcs et une personne a été contaminée par des animaux malades. Pour développer la prévention et se préparer à gérer les cas, les acteurs de la filière et de la santé publique ont créé un comité grippe zoonotique régional, présente Djérène Maso, cheffe du Service Régional de l’Alimentation. Une surveillance accrue est menée dans 5 élevages sentinelles, avec des dépistages sur les humains et les animaux.»

Lire aussi : « Nous maîtrisons les signes cliniques de la grippe porcine»

L’évolution de la couverture vaccinale est suivie de près. « Cette année, 25 % des éleveurs de porcs se sont fait vacciner, présente Asma Haddad, ingénieure de recherche à l’École des Hautes Études en Santé Publique. Ce taux varie de 33 % dans le Finistère à 20 % en Ille-et-Vilaine. Grâce à une meilleure perception de la balance bénéfices/risques, il est en progression de 11 points par rapport à l’année dernière. Chez les vétérinaires, ce taux progresse également de 41 % à 49 %.» Il n’atteint pas encore les 75 %, garants d’une bonne protection.

Des risques de passage d’une espèce à l’autre

Limiter les risques d’épidémie est à la fois un enjeu de santé publique, avec une maladie qui provoque des décès, et un enjeu de santé animale, afin de réduire les conséquences sur le bien-être animal et les pertes économiques. Les virus à l’origine de la grippe humaine, de la grippe porcine et de l’influenza aviaire sont très proches. Il y a des risques de passage d'une espèce à l'autre. « Une recombinaison entre virus peut engendrer un variant avec un potentiel épidémique fort, prévient Gaëlle Simon, responsable du laboratoire national de référence influenza porcin à l’Anses. L’espèce porcine est particulièrement sous surveillance car le porc est réceptif aux virus porcins, aviaires et humains. Il est donc plus à même d’être l’hôte de réassortiment de virus."

Réduire les risques de diffusion des virus grippaux passe par des mesures de biosécurité, le port d’équipements de protection au contact d’animaux porteurs et par la vaccination. « Elle permet de protéger les éleveurs et leurs animaux, à l’échelle individuelle et collective », rappelle David Riou, président de l’OS Porc Bretagne.

La vaccination des personnes à risques, parce que travaillant au contact de porcs ou de volailles, est gratuite, grâce à des bons envoyés par la MSA. « Il est possible d’appeler sa MSA pour demander un bon si vous ne l’avez pas reçu ou perdu », conseille Nicolas Duriez, médecin coordonnateur à la MSA Bretagne.

« Je me vaccine et j’encourage mes salariés à le faire »

 

 
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Guy Kerhervé s'est fait vacciner "pour se protéger, protéger son entourage et son cheptel". © Cécile Julien

À Locunolé (29), Guy Kerhervé gère avec 6 salariés un élevage de 650 truies. « Face à la grippe, je me vaccine. Je le fais pour ma santé et celle de mon entourage, souligne l’éleveur. Être vacciné limite les risques d’être malade et de transmettre la grippe. C’est important au niveau professionnel, si on est plusieurs à être malades en même temps, cela va être compliqué sur l’élevage ». Lors d’une pause-café, alors que les bons de vaccination venaient d’arriver, l’éleveur a sensibilisé ses salariés aux risques de la grippe et leur a rappelé que cette vaccination était gratuite. « Je ne l’impose pas, je partage les infos. J’ai remarqué qu’après en avoir discuté, un salarié est allé récupérer le bon qu’il avait jeté. Je pense que 4 de mes 6 salariés iront se faire vacciner. J’ai l’impression que nos échanges les ont motivés ».

Rédaction Réussir

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