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La chambre d'agriculture de Bretagne valide la méthanisation passive sur fosses à lisier

Selon les résultats de deux élevages suivis par la chambre d’agriculture de Bretagne (1), la production de biogaz à partir de lisier stocké dans les fosses permet de couvrir une part importante des besoins de chauffage.

Une couverture Nénufar permettant de récupérer le biogaz du lisier a été installée sur une fosse enterrée de 2 400 m3.  © D. Poilvet
Une couverture Nénufar permettant de récupérer le biogaz du lisier a été installée sur une fosse enterrée de 2 400 m3.
© D. Poilvet

Au Gaec Coué à Tréal dans le Morbihan, une couverture Nénufar permettant de récupérer le biogaz du lisier a été installée sur une fosse enterrée de 2 400 m3 recevant tous les lisiers de cet élevage naisseur engraisseur de 420 truies. Un moyen pour l’éleveur de gagner en autonomie énergétique, et de répondre à la directive IED afin de limiter les émissions d'ammoniac.

Après plusieurs mois de fonctionnement, la chambre d’agriculture de Bretagne a fait une première évaluation de la production d’énergie. Le biogaz récupéré contient en moyenne 57 % de méthane. 22 120 kWh thermiques provenant du biogaz et 10 961 kWh provenant du propane acheté ont été brûlés par la chaudière depuis début février. La couverture de fosse Nénufar permet donc ici de couvrir 66 % des besoins en chaleur de l'élevage.

Thierry Coué,éleveur à Tréal (Morbihan). "Le biogaz produit est envoyé vers une chaudière mixte biogaz-propane de 120 kW, chauffant 1800 places de post-sevrage." © D. Poilvet
Thierry Coué,éleveur à Tréal (Morbihan). "Le biogaz produit est envoyé vers une chaudière mixte biogaz-propane de 120 kW, chauff

Le biogaz produit est capté par une chaudière mixte biogaz-propane d’une puissance de 120 kW. Il doit chauffer les 1 800 places de post-sevrage de l’élevage via les huit aérothermes répartis dans les salles. En complément, un échangeur de chaleur air-air récupère la chaleur issue de la gaine de ventilation centralisée pour préchauffer les salles. Si la production le permet, la maternité pourrait à l’avenir également être chauffée à l’eau chaude. L’investissement chiffré à 85 000 euros comprend la couverture, la ligne de valorisation du biogaz, le propane, l’aménagement de la fosse et l’agitateur, la chaudière et la réserve d’eau chaude. L’aide FranceAgriMer perçue s’élève à 34 000 euros, soit 40 % de l’investissement. À cela s’ajoutent 92 000 euros d’aménagement des aérothermes en post-sevrage. Dans des conditions optimisées (fosse semi-enterrée, apports de lisiers frais et fréquents, climat tempéré), le taux de couverture des besoins en chauffage par le biogaz est estimé à 95 % par la chambre d'agriculture de Bretagne par rapport à un chauffage tout électrique, hors équipement de réduction de consommation d’énergie. Le temps de retour sur investissement est alors de cinq ans en considérant un coût de 0,11 €/kWh et un coût de fonctionnement annuel de 1 500 euros (maintenance, entretien, remplacement du charbon actif).

Pour le Gaec Coué, ces premiers résultats sont encourageants pour une fosse recevant du lisier mixte ayant préalablement transité dans une préfosse et ayant un potentiel méthanogène moindre. Malgré les vidanges de printemps, la méthanisation passive contribue significativement au chauffage des salles et l’effet se fait également ressentir sur les factures d’énergie.

Anne-Sophie Langlois
Anne-sophie.langlois@bretagne.chambagri.fr
(1) Suivi réalisé dans le cadre du projet MethaN’H3 financé par l’Ademe.

À l’EARL Bernard, les premiers résultats collent au prévisionnel

À l’EARL Bernard, à Trévron dans les Côtes d’Armor, 40 108 kWh ont été produits à partir du biogaz entre la mise en route en novembre 2018 et le mois de juin (voir Réussir porc janvier 2019 page 36). Les 1488 m3 de lisier d’engraissement ayant transité par la fosse assurent la production d’un biogaz à 64,7 % de méthane. Depuis le mois de mars et les premières vidanges, la quantité d’énergie produite à partir du méthane est très similaire aux besoins en chaleur des 1300 places de post-sevrage et des 10 places de maternité, préalablement estimés dans l’étude de faisabilité.

RPO271 p40
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