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Des mâles entiers élevés sans stress

À Cooperl Arc Atlantique, 80 % des porcs abattus sont issus d’élevages ayant arrêté la castration des mâles. Une pratique qui nécessite de respecter certains points techniques de la conduite d’élevage.

Selon les chiffres publiés par Cooperl Arc Atlantique, le taux de carcasses présentant des odeurs sexuelles dans ses abattoirs baisse régulièrement : 1,8 % de l’ensemble des animaux abattus issus d’élevages qui ont arrêté la castration au troisième trimestre 2017 (soit 3,6 % des mâles entiers), contre 1,95 % au troisième trimestre 2016 et 2,5 % au troisième trimestre 2015. " Cette évolution reflète l’avancée de nos connaissances sur les critères expliquant l’apparition de carcasses malodorantes ", explique Jean-Yves Legaud, responsable de zone Morbihan. Des critères essentiellement techniques, maîtrisables pour la plupart par les éleveurs. " Nous mettons l’accent sur le fait que tout stress en fin d’engraissement peut pénaliser les lots ", souligne-t-il. Marquage tardif des animaux, pesées, mélanges de cases… ne sont pas conseillés. " Pour l’identification, l’idéal est la solution pneumatique sur les porcelets en maternité, ou sinon une frappe en début d’engraissement. " L’impact du stress se vérifie également au quai d’embarquement. " Il faut avoir beaucoup de petites cases pour éviter les mélanges d’animaux. " Les petites cases sont également conseillées en engraissement. " Au-delà de vingt-cinq porcs par case, le risque de bousculade, de chevauchement ou de compétition à l’auge, et donc de stress, est plus important. "

Jean-Yves Legaud met aussi en avant le risque élevé lié à des carcasses grasses. " Plus le G3 est élevé, plus le risque d’odeurs sexuelles est important. " Ce qui implique donc une alimentation rationnée, une génétique adaptée et, selon Cooperl, une gamme d’aliment spécifique. " Avec le Piétrain en lignée mâle, pas de problème, d’autant plus que notre partenaire Nucléus caractérise désormais les verrats Ino sur ce critère . En revanche, les éleveurs sont souvent pénalisés s’ils utilisent des lignées mâles de type Duroc, ou encore des lignées femelles sino-européennes. " Le technicien constate également des taux de carcasses malodorantes variables selon la saison. " C’est au troisième trimestre (de juin à septembre) qu’ils sont les plus bas. " Jean-Yves Legaud avance pour explication un état sanitaire des élevages généralement meilleur durant la saison estivale qu’en hiver. " Nous avons mis en évidence que des animaux malades en engraissement présentaient plus de risque de développer des odeurs sexuelles à l’abattoir, quel que soit le type de pathologie. " Un risque accru également dans des cases sales. " L’une des hormones responsable des odeurs sexuelles, le scatol, se trouve en quantité importante dans les fécès. Cette molécule traverse facilement la peau d’un animal souillé pour se retrouver dans le sang, et ainsi donner un goût désagréable à la carcasse. C’est pourquoi une ventilation de qualité et le respect des normes de chargement sont essentiels. "

1,03 % de carcasses malodorantes grâce à un bon sanitaire

Au Gaec du Bosquion à Hénon, dans les Côtes-d’Armor, le taux de carcasses malodorantes est de 1,03 % sur l’ensemble des animaux commercialisés au troisième trimestre de 2017. Une performance de premier plan que Patrick Talibart l’un des associés du Gaec, attribue en premier lieu à l’état sanitaire excellent de son cheptel. " Il est hérité de la reprise d’un élevage de multiplication, que nous avons ensuite spécialisé en atelier naissage de 360 truies ", souligne-t-il. " Aujourd’hui, les dépenses de santé ne sont que de 68 euros par truie, contre plus de 100 euros avant la restructuration. " Cependant, le taux de carcasses malodorantes avait été pénalisé dans un premier temps par la présence de truies sino-européennes dans le cheptel d’origine, selon Christophe Battas, responsable de zone Cooperl Lamballe. " Il était monté à 4 %. Dès lors que le cheptel a été reconstitué en totalité avec des croisées Large White x Landrace, tout est rentré dans l’ordre. " Sur le site d’engraissement du Gaec qui accueille les deux tiers des porcelets produits, toutes les préconisations permettant de maintenir un faible taux de carcasses malodorantes sont appliquées : frappe des animaux entre 40 et 60 kg, des cases de 26 places au maximum, et un grand quai d’embarquement de 300 places, constitué de petites cases pour limiter les mélanges et les bagarres. Pour maintenir un faible G3, l’éleveur rationne les porcs à 2,48 kg d’aliment par jour, après une progression rapide à + 30 g/jour. Avec une consommation moyenne journalière de seulement 2,09 kg d’aliment, le GMQ dépasse cependant les 800 grammes par jour, grâce à un indice de consommation 30-115 kg de 2,58. Christophe Battas souligne que ces résultats sont obtenus malgré un poids de vente très élevé, à 123,5 kg vif. " Avec les mâles entiers, on peut augmenter le poids de carcasse froid jusqu’à 95 kg sans dégrader le G3 et sans pénaliser le taux de carcasses malodorantes. " Ces performances ont également un impact sur le plan d’épandage grâce à la mise en place du bilan réel simplifié, avec des rejets calculés en retrait de 18 % par rapport aux normes Corpen.

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