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Des cures d’oligo-éléments apportées aux truies ne sont pas forcément bénéfiques aux porcelets

À la ferme expérimentale des Trinottières, en Maine-et-Loire, deux cures d’oligo-éléments testées sur des truies ont entraîné de moins bonnes performances de sevrage. Elles n’ont pas été valorisées correctement.

La chambre d'agriculture des Pays de la Loire cherche à mieux cerner les conditions d'utilisation des cures d'oligo-éléments administrées aux truies.
© A.Dubois

Selon un test portant sur deux stratégies nutritionnelles proposées dans le commerce, réalisé par la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, un apport d’oligo-éléments aux truies en fin de gestation n’est pas forcément bénéfique à la survie des porcelets. Malgré des tailles et des poids de portées de naissance légèrement supérieurs aux lots témoins, les lots supplémentés dans cet essai ont compté davantage de mortinatalités et d’écrasements après la mise bas. Au final, les taux de pertes sur nés totaux se sont affichés entre 28 et 29 %, contre 22 % en moyenne pour les lots témoins. Les poids de portées au sevrage ont été également dégradés, de l’ordre de 6 à 7 kg par rapport aux portées témoins.

Des cures de 15 à 21 jours avant la mise bas

La première stratégie nutritionnelle testée associe des oligo-éléments et du tourteau de soja. La seconde est composée d’oligo-éléments et de chlorure de magnésium. Les cures ont duré respectivement 21 et 15 jours avant les mises bas. Elles ont été administrées par microdoseurs tant que les truies étaient alimentées au distributeur automatique de concentrés (DAC), puis en top feeding après l’entrée en maternité.

Des apports renforcés en oligo-éléments en fin de gestation ont pour objectif de booster le système immunitaire de la truie qui est très fortement stimulé pendant cette période. L’objectif recherché est d’améliorer la qualité du colostrum car la teneur en anticorps colostraux dépend de l’état de santé de la truie dans les 10 jours qui précèdent la mise bas. Le tourteau de soja apporte des protéines et des acides aminés digestibles pour un meilleur démarrage de la lactation en période de forte sollicitation hépatique. Le chlorure de magnésium est apporté pour faciliter le déroulement de la mise bas (tonus utérin).

De potentiels engorgements au niveau du foie et/ou des glandes mammaires

Des problèmes de montée en appétit des truies ont été observés pour certaines truies des lots supplémentés. Combinés aux mort-nés et aux écrasements, ils suggèrent de potentiels engorgements au niveau du foie et/ou des glandes mammaires. En faisant l’hypothèse que les nutriments apportés en fin de gestation n’ont pas tous été correctement utilisés par les truies en raison de ces dysfonctionnements, la ferme expérimentale porcine des Trinottières conduit actuellement un nouvel essai portant sur l’intérêt du soutien de la fonction hépatique chez les truies en complément de l’apport renforcé en oligo-éléments et en chlorure de magnésium. Le suivi des performances zootechniques sera complété par des pesées individuelles, des prélèvements de colostrum et des prises de sang sur les truies et leurs porcelets. Parmi les nombreux marqueurs sanguins analysés, certains paramètres biochimiques (urée, glucose, créatinine) permettront d’évaluer l’efficacité de la fonction hépatique chez les truies.

Ce travail a été réalisé avec le soutien financier du conseil régional des Pays de la Loire dans le cadre de l’appel à projets « Programmes agricoles de recherche appliquée et expérimentation ».

En savoir plus

Le protocole de l’étude

1re cure : oligo-éléments + soja pendant 21 jours avant mise bas
2e cure : oligo-éléments + chlorure de magnésium pendant 15 jours avant mise bas
Dans chaque essai : un lot témoin (35 truies) et un lot supplémenté (35 truies), constitués sur la base du rang de portée et de l’état corporel à l’insémination.
Aliment de gestation identique pour tous les lots.
Démarrage de l’aliment de lactation 4 jours après la mise bas.

À retenir

L’apport renforcé en oligo-éléments en fin de gestation conduit à un accroissement de la mortinatalité et des écrasements.
Un mauvais fonctionnement du système hépatique et/ou de la fonction mammaire empêcherait l’utilisation des nutriments apportés en supplémentation.
L’intérêt du soutien de la fonction hépatique en fin de gestation pour une meilleure utilisation des nutriments est actuellement en test à la ferme expérimentale des Trinottières.
 

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