Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

MESSAGE ABONNES IMPORTANT

Afin d'être sûr de recevoir nos futures publications quelle que soit l’évolution de la situation sanitaire, activez votre compte numérique au plus vite en complétant vos informations.

J’active mon compte numérique

De nouveaux dispositifs pour former des salariés d'élevages de porcs

Pour attirer un plus grand nombre de salariés aux postes d’agents d’élevages porcins, les Anefadépartementales de Bretagne déploient de nouveaux outils de formation.

Dans le Finistère, l’Anefa (1) a testé deux fois depuis 2018 un nouveau dispositif de formation courte destiné à des demandeurs d’emploi sans qualification. La troisième session a démarré le 18 novembre dernier. Ce dispositif s’appelle une POEC, acronyme de Préparation opérationnelle à l’emploi collective. Inventé par le ministère du Travail et Pôle Emploi, son objectif est de former en alternance sur une courte période (400 heures) des demandeurs d’emploi à des métiers sur lesquels les entreprises ont des difficultés à recruter. « C’est un excellent moyen pour rendre opérationnel des gens sans qualification qui ne souhaitent pas suivre une formation plus longue », précise Gilles Burel, principal animateur de l’Anefa du Finistère. En soutien à la filière, les Anefa font donc du clé en main par souci d’efficacité.

De dix-huit à cinquante-cinq ans

La POEC a bien des atouts. Pôle Emploi prend en charge cette formation avec le concours d’Ocapiat (ex-Fafsea) et du conseil régional de Bretagne. L’Ireo de Lesneven assure la formation en déléguant la formation à un centre dédié. Les personnes en formation, des gens de tous âges (dix-huit à cinquante-cinq ans, aux deux tiers des femmes souvent en reconversion professionnelle), suivent 110 heures de cours, les lundis et vendredis de chaque semaine, la moitié du temps en salle, l’autre moitié en situation technique. Les 290 heures restantes s’effectuent chez des éleveurs où les personnes en formation sont tutorées.

85 % des personnes formées ont un accès direct à l’emploi à l’issue de ce cursus. Il s’agit donc d’un outil efficace. Lequel peut donner envie à certains d’entre eux de poursuivre leur formation pour un certificat de spécialisation, voire un BPREA (Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole). L’Anefa finistérienne dispose d’un autre levier pour stimuler l’emploi d’agent d’élevage porcin : les AFPR (Actions de formation préalable au recrutement). Ce sont des opérations individuelles qui consistent à placer un demandeur d’emploi en élevage afin qu’il acquière les connaissances de base (soins aux animaux, conduite en bande, etc.). « Il s’agit là d’un dispositif plus ancien qui a porté différents noms auparavant, poursuit Gilles Burel. Nous en organisons entre dix et quinze par an. » Pour les monter, l’Anefa du Finistère travaille avec cinq groupements de producteurs (Triskalia, Evel’Up, Porelia, Porc Amor Évolution et Cooperl), deux services de remplacement et les centres de formation. Elle a également constitué un comité de pilotage des POEC.

Développer l’emploi agricole

Ces deux dispositifs n’ont qu’un seul but : inciter au développement de l’emploi agricole. Pour l’éleveur naisseur engraisseur Nicolas Troadec (240 truies à Plouzévédé dans le Finistère), sa participation à la seconde POEC organisée dans le département lui a permis d’avancer dans sa recherche d’agent d’élevage. Il souhaitait anticiper le départ en retraite de son père, associé du Gaec, de sa mère et d’une autre personne, toutes deux salariées. Une jeune femme a donc effectué sa formation chez lui. « Elle partait de zéro », souligne l’éleveur. Si tout s’est parfaitement passé, il ne l’a pas gardée pour autant, préférant recruter une personne « au profil de responsable d’élevage », ajoute-t-il. La jeune femme a depuis trouvé du travail ailleurs.

(1) Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture.

En savoir plus

Il y a constamment 70 à 80 postes vacants de salariés d’élevages de porcs dans le Finistère (deux cents en Bretagne), et il faut trois à quatre mois en moyenne pour satisfaire une annonce, selon l’Anefa 29. En Bretagne en 2018, la filière porcine représentait 20 % des offres d’emploi déposées dans les Anefa bretonnes (457 sur 2 272 au total), et il s’agissait de contrats à durée indéterminée dans 70 % des cas.

Cooperl structure l’apprentissage des jeunes en élevage

Avec sa démarche Compagnons Cooperl initiée l’an dernier (voir Réussir Porc février 2019 page 26), le groupement lamballais entend favoriser l’émulation de jeunes qui souhaitent travailler en élevage porcin. Le premier bilan effectué à la fin de la première année est prometteur. « En 2019, nous avons formé 31 futurs salariés, dont 34 % de femmes », se réjouit Vincent Esnault, référent Compagnon Cooperl au sein du groupe. Dès le départ, le ou la jeune est guidé par un parrain qui le conseille et le soutient moralement dans sa démarche. Un technicien du groupement de chaque zone désigné « référent RH » l’oriente selon ses objectifs professionnels et ses compétences : salariat en élevage, poste à responsabilité, reprise d’un élevage, voire technicien au sein du groupe. « Nous assurons ensuite leur suivi durant leur cursus de formation », explique Michel Sagory, le référent RH de la zone Plestan. Ce n’est pas le niveau de compétences initial qui importe, mais la motivation du candidat. » Le jeune effectue si besoin une phase de découverte, puis sa formation pratique dans l’élevage d’un des 75 maîtres compagnons Cooperl, répartis sur toute la zone d’activité du groupement. « Il est important que le jeune puisse travailler à proximité de son lieu d’habitation », souligne Vincent Esnault. Leur formation théorique est assurée par les organismes de formation classiques, allant des POEC (voir ci-contre) pour une formation courte aux BTS ou aux CS pour les plus longues. Ils ont également accès au programme de formations proposé par la Cooperl à ses adhérents et leurs salariés.

Former les éleveurs au management

Cette démarche est un début de réponse à la problématique du recrutement des salariés en élevage. « Selon une enquête récente au sein du groupement, 40 % des éleveurs estiment que c’est un frein au développement de leur exploitation », constate Vincent Esnault. La démarche Compagnons Cooperl a aussi pour ambition de former les éleveurs qui le souhaitent au management des personnes. « Nous leur proposons des formations pour qu’ils soient en capacité d’accueillir les jeunes de façon optimale. Ces compétences leur serviront aussi pour éviter un turnover trop important dans les équipes. » Des compétences que Lucie Allory, en BTS Asce par alternance, à Caulnes dans les Côtes-d’Armor, apprécie beaucoup. « L’élevage dans lequel je fais ma formation pratique est moderne et performant. La gestion de l’équipe de salariés par l’éleveur me permet de découvrir tous les postes de travail. » La qualité des bâtiments et l’ouverture d’esprit de Frédéric Baudet, maître compagnon à Maroué dans les Côtes-d’Armor, sont également des qualités appréciées de Dylan Chaton, en formation BPREA à Quintenic. L’éleveur adhère totalement à la démarche initiée par son groupement. « C’est un enrichissement humain. Pour moi, former des jeunes est un vrai plaisir ! »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Les plus lus

« A Shangaï, la vie reprend son cours habituel », témoigne Martial Sardin, responsable du bureau chinois de l'Institut français du porc
Face à l’épidémie mondiale de coronavirus, l'espoir vient de Chine. Martial Sardin, responsable du bureau chinois de l’institut…
Jan Peter Van Ferneij, Ifip-Institut du porc © D. Poilvet
Le Covid-19 pourrait accélérer la démondialisation

Après des années d’intensification du commerce international, la mondialisation est entrée dans le…

Répartition des abattages de porcs en Bretagne par groupe en 2019 © Chambre d'agriculture de ...
La concentration des abattages de porcs bretons se poursuit
Selon les données Uniporc Ouest analysées par la Chambre d’agriculture de Bretagne, la part de Cooperl dans les abattages de la…
Christophe Battas (à droite), et Jean-Charles Cantin, éleveur à Maroué. « L'identification RFID des porcelets permet de gérer un historique de traitement par animal, en totale conformité avec la réglementation. » © D. Poilvet
Cooperl veut élaborer une carte Vitale électronique pour chaque porc
Avec l’utilisation des boucles RFID pour identifier chaque animal, Cooperl a pour ambition de mettre en place un véritable carnet…
[Coronavirus] L’appli de téléconsultation vétérinaire Linkyvet gratuite pendant un mois
Pendant la crise du Covid-19, la solution française de téléconsultation vétérinaire Lynkyvet met à disposition gratuitement la…
Le coronavirus pèse sur les marchés des matières premières pour l'aliment des porcs

Après une période de stabilité au dernier trimestre 2019, le prix de l’aliment pour porc charcutier estimé par l’Ifip a…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,50€ TTC/mois
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)