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Coupe des queues sur les porcs : l’exemple finlandais

La commission européenne a récemment mis à disposition des vidéos de bonnes pratiques relatives à la coupe des queues chez le porc. En effet, selon la réglementation européenne relative aux conditions de vie des porcs en élevage, la coupe de la queue ne doit constituer qu’une solution ultime et, en aucun cas, être pratiquée sur une base de routine. Toutes les mesures permettant de l’éviter doivent déjà avoir été prises. La transposition en droit finlandais du texte européen a conduit le pays à aller plus loin que la réglementation en interdisant la coupe de la queue au 1er janvier 2003 avec une période d’adaptation de seulement cinquante-sept jours, quelle que soit la taille de l’élevage. Une des vidéos présentées a été tournée au sein de l’exploitation de M. Timo Heikkilä, vice-président de l’union des producteurs de porcs finlandais. Dans cet élevage naisseur de 3 500 truies, produisant 110 000 porcelets vendus à 30 kg, il a été relevé moins de 1 % de cas de cannibalisme. Pour arriver à ce résultat, M. Heikkilä explique s’être adapté à la nouvelle réglementation par la mise en place, dans un premier temps, de mesures en réaction à des cas de cannibalisme : ajout de paille et de matériaux manipulables, identification et enlèvement du mordeur et des mordus. Dans un second temps, il a mis en place des mesures préventives. Ces mesures sont variées, elles portent sur l’enrichissement du milieu avec la mise à disposition de paille et de matériaux manipulables en continu, sur le changement de l’alimentation et la mise en place d’auges plus longues pour diminuer les comportements de compétition. Des changements plus importants ont aussi été opérés, comme l’attention portée à la qualité de l’air, au confort thermique des porcs ou encore des modifications de la structure des cases. Pour cet éleveur, les coûts supplémentaires d’une telle réglementation sont largement compensés par les bénéfices en matière d’image : utilisation de la queue comme indicateur de bien-être de l’animal, vision positive de l’éleveur sur son travail et de la société sur l’élevage.

Commission européenne. 2017. Reducing tail docking - Best practice - videos.https ://ec.europa.eu/food/animals/welfare/practice/farm/pigs/tail-docking_en

 

Avis d’expert

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Nicolas Villain, chambres d’agriculture de Bretagne

Nicolas Villain, chambres d’agriculture de Bretagne

"La Finlande a beaucoup à nous apprendre"

"La prévalence du cannibalisme étant faible à l’échelle du pays et le système de production proche du modèle majoritaire français, la Finlande a beaucoup à nous apprendre sur les conduites permettant de réduire les risques liés à des queues entières. De plus, elle dispose de quinze ans de recul sur l’arrêt de la coupe des queues. Face à une augmentation de la préoccupation citoyenne sur la question du bien-être des animaux, le risque est réel que des initiatives privées demandent l’arrêt de la coupe des queues en élevage de porcs. Contrairement à la Finlande, nous avons du temps pour imaginer des solutions adaptées à notre modèle avant une possible interdiction. Et, même si toutes les solutions mises en place dans ce pays ne sont pas transposables, ne nous privons de leur recul sur la question".

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