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Cooperl identifie les clés pour abaisser l’indice de consommation

Sur la base de résultats de 83 élevages, Cooperl Arc Atlantique a mis en évidence que, parmi les paramètres qui expliquent les meilleurs IC 30-115 kg, le traitement thermique de l’aliment, le suivi strict des auges et le plafonnement de la courbe de distribution en soupe s’avèrent déterminants.

Thierry Méner, responsable aliment Cooperl, aidé de Paul Courseau, ingénieur stagiaire, ont mené l’enquête : qu’est-ce qui distingue les élevages qui affichent des indices de consommation en engraissement inférieurs à 2,6 des autres ? Sur 83 ateliers suivis et grâce à l’enregistrement de leurs conduites d’élevages et des résultats GTE, ils ont pu identifier les principaux critères qui font la différence : de l’aliment en miette ou granulé plutôt qu’en farine, le rationnement avec un suivi serré des auges, le confort des animaux en constituent le tiercé de tête. « Au final, on revient toujours sur les basiques, mais cette étude a le mérite de le confirmer, d’apporter des chiffres précis et de travailler sur des femelles et des mâles entiers, qui représentent 90 % de la production des adhérents de la Cooperl », précise Thierry Méner.

Premier constat, le traitement thermique améliore l’indice de 0,13 au minimum par rapport à la farine. Tous élevages confondus, et quel que soit le mode de distribution de l’aliment (soupe, nourrisseur à volonté), en moyenne, sur cet échantillon d’élevages (voir encadré), l’IC 30-115 kg est respectivement de 2,65, 2,52 et 2,48 avec des aliments en farine, granulé ou miette. « Ces résultats confirment ce que nous observons systématiquement dans des essais conduits en station », précise Thierry Méner. En ne retenant que les élevages qui alimentent leurs porcs charcutiers en soupe, l’écart reste en faveur de l’aliment en miette, avec en moyenne un IC 30-115 kg de 2,48 contre 2,65 avec la farine.

Cet impact de la présentation de l’aliment explique sans doute en partie la différence de résultats obtenus sur cet échantillon entre fafeurs et utilisateurs d’aliment complet, avec des IC en engraissement qui sont en moyenne respectivement de 2,67 et 2,52. Soit 0,15 point d’indice de plus pour les éleveurs qui fabriquent. « La présentation exclusivement en farine pour ces élevages explique en partie le différentiel avec l’aliment complet. Mais probablement, une maîtrise incomplète des différents aspects de la FAF – analyses des matières premières, granulométrie, qualité des mélanges… – peut expliquer ce « handicap ». Toutefois, sur les 46 élevages enquêtés qui fabriquent à la ferme, 11 se situent dans le groupe IC inférieur à 2,6, preuve que, lorsque le travail de fond est correctement réalisé, la FAF peut rivaliser avec l’aliment complet. »

D’autre part, l’un des critères significatifs qui expliquent les écarts d’indice, tient à la rigueur dans la distribution de la soupe. En résumé, une surveillance serrée des auges, ici mesurée par le temps accordé pour avoir des auges propres et léchées, s’avère un levier pour améliorer l’indice. L’enquête montre aussi que le niveau du plafond de la courbe de distribution est en moyenne légèrement plus bas (2,52 kg) dans les élevages aux meilleurs indices que dans les autres (2,59 kg).

Enfin, l’enquête met en évidence l’intérêt du respect du confort en général sur l’amélioration de l’indice, même si, pris séparément, les critères ont une différence statistique moins significative que les éléments précédemment décrits : surface par porc (optimum de 0,7 m2 par place), place à l’auge (34 cm par porc), préchauffage des salles, taille des cases (pas plus de 20 porcs), limitation des mélanges… autant de fondamentaux qui s’avèrent toujours « payants » dans la recherche d’indices bas.

L’enjeu économique est en effet considérable. En effet, le service économie de Cooperl a fait les comptes : sur la base des GTE 2014, pour un élevage moyen de 200 truies, l’écart entre les « 25 % meilleurs » et les « 25 % moins bons » sur ce critère d’indice de consommation 30-115 kg- se chiffre à 35 000 € par an.

83 élevages répartis dans le Grand Ouest

L’enquête a porté sur 83 élevages adhérents Cooperl, tous produisant du mâle entier avant 2014.

Près de la moitié des élevages fabriquent leur aliment, les autres achetant l’aliment complet distribué à sec (26 % de l’échantillon) ou en soupe (31 %) avec de l’aliment en farine ou en miette.

Thierry Méner et Paul Courseau ont constitué deux groupes d’élevage sur la base de l’indice de consommation en engraissement, inférieur ou supérieur à 2,6 (voir tableau de résultats).

La conduite des mâles entiers confirmée

L’enquête a permis aux spécialistes de Cooperl de préciser leurs recommandations sur la conduite des mâles entiers, en s’appuyant aussi sur l’étude de 33 bandes de porcs (marquées à la bande) et ayant affiché des indices de consommation inférieurs à 2,6 (2,45 en moyenne).

Les mâles entiers affichent un TMP de 62,00, contre 61,20 pour les femelles, un classement essentiellement lié à un G3 de seulement 11,2 mm. Thierry Méner constate en outre que le rationnement a moins d’effet sur ces mâles entiers que sur les femelles, ce qui pourrait aller dans le sens d’une alimentation plus libérale si les porcs étaient sexés.

L’analyse des taux de carcasses odorantes n’a pas permis, dans cette étude, de mettre en évidence des facteurs très significatifs, l’ensemble des lots affichant seulement 3 % de carcasses mâles odorantes. « Il apparaît que les élevages qui pratiquent un suivi des auges plus strict ont un peu plus de carcasses malodorantes, probablement en raison d’une compétition des porcs à l’auge augmentée. Mais sans atteindre des niveaux qui justifieraient de relâcher les efforts sur la rigueur de la distribution », conclut Thierry Méner.

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