Aller au contenu principal

Porc : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière porcine dédiée aux agriculteurs, éleveurs de porcs.

E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Conception des bâtiments
Un bâtiment d'engraissement des porcs conciliant bien-être et performances

Samuel Morand a construit un engraissement qui apporte des réponses quant au bien-être des animaux et des hommes, tout en assurant une bonne sécurité sanitaire et des performances de haut niveau.

Éleveur à Iffendic dans les Côtes-d’Armor, à la tête d’un élevage de 600 truies naisseur engraisseur, Samuel Morand a voulu tenir compte de la notion de bien-être des animaux et des hommes dans la construction de son nouvel engraissement de 2 400 places. « Mais en parallèle, je ne voulais pas faire de concessions sur mes objectifs de performance et sur le niveau sanitaire des animaux, deux conditions essentielles pour obtenir une bonne rentabilité en production porcine », souligne-t-il. Le résultat est un bâtiment de conception conventionnelle, avec des salles de 400 places en petites cases de 16 sur caillebotis intégral, une ventilation centralisée, et une distribution d’aliment en soupe. Mais les détails liés au bien-être sautent tout de suite aux yeux. Ici, la lumière est naturelle, avec de grandes fenêtres qui illuminent les salles. « Mon objectif était d’atteindre 3 % de surface vitrée par rapport à la surface du bâtiment. » Un objectif réaliste, à condition d’avoir des salles plus larges que profondes. Avec une profondeur de salle de 13,5 mètres, cet objectif a pu être atteint. Cependant, l’éleveur reste vigilant sur le risque de lumière directe sur les animaux. « Si besoin j’ajouterai des filets motorisés. » Pour cette raison, le bâtiment doit également être orienté est-ouest afin de ne pas recevoir les rayons du soleil aux heures les plus chaudes de la journée.

Des bois à mâchouiller dans chaque case

Des morceaux de bois insérés dans des supports inox font office de matériaux manipulable organiques. © D. Poilvet
Des morceaux de bois insérés dans des supports inox font office de matériaux manipulable organiques. © D. Poilvet

Dans chaque case, les animaux peuvent s’amuser avec des morceaux de bois logés dans un support inox, positionnés au premier tiers de la case pour éviter les zones de couchage et d’inconfort. « Les matériaux manipulables organiques vont probablement devenir une obligation », souligne-t-il. L’essence utilisée est du bouleau, un bois tendre que les porcs peuvent mâchouiller sans danger. « Pour une case de 16 places, il me faudra un morceau de bois de 50 cm. Je dois donc en acheter environ 450 par an. À raison d’un euro la pièce, le coût reste raisonnable. »

De l’eau fraîche à volonté

Le bien-être se caractérise aussi par la présence dans chaque case d’une pipette située au-dessus de l’auge d’alimentation soupe. Sur cet aspect également, Samuel Morand souhaite anticiper une évolution de la réglementation, « qui stipule que les porcs doivent pouvoir accéder en permanence à de l’eau fraîche ». Ici aussi la vigilance est de mise pour éviter qu’une fuite d’eau ne provoque une inondation des auges. « Pour l’éviter, j’ai installé des pipettes antigaspillage. L’animal doit actionner un bouton-poussoir pour libérer l’eau. Le risque de gaspillage par jeu est donc considérablement réduit. »

De la verdure dans les salles

Enfin, des bambous chinois apportent une touche de verdure dans les salles. « En dehors de l’aspect décoratif, ils absorbent l’ammoniac présent dans l’air », note Samuel Morand. La lumière naturelle et la ventilation centralisée doient leur offrir de bonnes conditions pour leur développement. Il faudra cependant vérifier que l’humidité ambiante sera suffisante pour assurer leur hydratation sans les arroser, et que le dépôt de poussière sur les feuilles ne sera pas pénalisant.

Sur un coût total estimé à 380 euros la place hors machine à soupe, Samuel Morand estime que le surcoût lié aux équipements bien-être qu’il s’est imposé est de 20 euros la place. « On ne peut pas s’imposer des surcoûts plus élevés en production conventionnelle, car pour le moment, il n’existe pas de débouchés permettant de les valoriser », souligne-t-il. Cependant, il estime que son bâtiment est une bonne réponse aux exigences sociétales. « Physiologiquement, le bien-être des animaux est respecté. Grâce à un bon indice de consommation, le bilan carbone est excellent. Le caillebotis intégral garantit un haut niveau sanitaire et un bon niveau de confort. Toutes ces notions doivent être mises en avant pour valoriser notre production », conclut-il.

 

Combien ça coûte

Bambous chinois (26 plants + aménagements) : 7 000 €
Plus-value fenêtres : 25 000 €
Supports bois : 3 300 € (150 cases) + consommables (1 €/bois)
Pipettes à eau : 12 000 €
Plus-value globale bien-être : 20 €/place
 
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Les plus lus

Vignette
Succès de la ferme ouverte au Gaec d’Étouppeville
Producteur de porc, de lait et de mouton, le Gaec d’Étouppeville a ouvert ses portes au grand public le temps d’un après-midi,…
Vignette
[VIDEO] Francis Guengant et le SPACE : "c'est notre rendez-vous"
Lorsque la date du SPACE est connue, Francis Guengant la note sur son agenda. « C’est un évènement qu’on attend. On rencontre…
Vignette
Actualité scientifique Techporc : « La fertilité se prépare en maternité et en quarantaine »

Une étude Japonaise confirme que le taux de mise bas des truies et cochettes dépend du niveau des températures maximales…

Origine obligatoire sur l'alimentaire : une pétition pour mobiliser la Commision Européenne
Portail réussir
Plusieurs organisations agricoles européennes ont participé à la mise en place d'une pétition sur l'étiquetage de l'origine,…
Vignette
Les limites de la sélection génétique porcine face aux maladies
Des leviers génétiques existent pour sélectionner des animaux résistants à certains variants d’agents infectieux comme E. coli.…
Vignette
Ventilation centralisée ou salle par salle : les éléments pour bien choisir sa ventilation
La ventilation centralisée engendre des surcoûts par rapport à une ventilation salle par salle. Mais elle permet de laver l’air,…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8€ TTC/mois
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Articles en libre accès
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT'Hedbo Porc (tendances et cotations de la semaine)