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Redécouvrir la culture du pois pour améliorer l’autonomie protéique des élevages de porcs

Le pois a été par le passé un composant de ration très utilisé pour couvrir les besoins protéiques des porcs. Pourquoi ne pas y revenir…

L'objectif du plan protéines est d'augmenter la sole de 200 000 hectares de protéagineux en France. © Gutner archive
L'objectif du plan protéines est d'augmenter la sole de 200 000 hectares de protéagineux en France.
© Gutner archive

Comparés à d’autres espèces, les besoins en protéines des porcs sont modestes : de 14 à 16 % en croissance et de 13 à 15 % en finition. Du coup, « le cas du porc est le plus simple à résoudre pour des éleveurs en quête d’autonomie protéique », analysait Corinne Peyronnet, ingénieur d’études en alimentation animale chez Terres Univia, l’interprofession des huiles et protéines végétales, lors de la journée du porc comtois à Saône, dans le Doubs, fin novembre 2019. Mais quelle source est la mieux à même de fournir ces protéines en alternative au soja ? En complément aux tourteaux de colza ou de tournesol, le pois protéagineux, comme la féverole, peut constituer jusqu’à 30 % de la ration. « Dans les années 90, pois et féveroles représentaient 10 % des ingrédients utilisés par l’alimentation animale, contre seulement 1 % aujourd’hui. La recherche d’une meilleure autonomie protéique pourrait lui donner une seconde chance », indique Corinne Peyronnet.

Une ambition à dix ans au niveau national

Début 2019, les interprofessions végétales et animales se sont rencontrées pour échanger et élaborer un plan protéines. Ce plan a pour objectifs d’augmenter de 10 % la souveraineté nationale en protéines végétales et de couvrir la totalité des besoins en alimentation humaine. Il prévoit sur dix ans une augmentation de la sole protéagineuse de 200 000 hectares. Le pois devrait y prendre sa part. Son taux de protéines de 21 % en moyenne est intéressant et il convient mieux aux monogastriques qu’aux ruminants. « Un hectare de pois rivalise difficilement en marge brute stricte avec une autre culture. Mais son bilan s’améliore si on considère sa place dans la rotation, l’azote qu’il restitue et les quintaux supplémentaires récoltés avec le blé qui suit », raisonne Corinne Peyronnet. En élevage porcin, l’autonomie semble d’autant plus à portée de main si l’on opte pour un rationnement multiphase précis qui permettrait de restreindre les quantités distribuées.

La demande non OGM augmente

Le déficit français en protéines est passé de 35 % en 1973 à 57 % actuellement. L’Union européenne fait pire avec 70 %. Plan ou pas, la France ne pourra jamais produire assez de protéines végétales pour couvrir les besoins de ses cheptels. Et la demande en graines non OGM ne va pas arranger les arbitrages entre filières. Une enquête de Terres Univia montre que la part d’aliments non OGM et bio doit passer de 13 % en 2018 à 35 % en 2028 en porcs, mais de 17 à 74 % en bovins lait et de 8 à 74 % en bovins viande… Si on y ajoute le critère origine France, l’ensemble de la production de tourteau de soja serait dans cette hypothèse capté par la filière bovine, confortant ainsi l’intérêt du pois pour les porcs.

Le non OGM en discussion en Franche-Comté

Les producteurs de porc comtois réfléchissent à l’éventualité de basculer tout leur cheptel sur de l’aliment non OGM. « La ration classique se compose de 70 % de céréales, de 25 % de lactosérum et de 5 % de protéines. Ces besoins sont limités et notre volume de production modeste, il est donc possible d’y arriver. Certains ateliers sont déjà passés au non OGM, mais sans la valorisation qui va avec » dit Philippe Monnet, président d’Interporc Franche-Comté. En cas d’accord, il serait alors nécessaire de modifier les cahiers des charges des signes de qualité.

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