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Peste porcine : la Bretagne se prépare

Un exercice de simulation a été organisé dans le Morbihan pour préparer la profession et les pouvoirs publics à la découverte d’un cas de peste porcine dans la faune sauvage.

<em class="placeholder">Attention, cette photo n&#039;est pas une photo Réussir. © Wikimedia commons. Sanglier (Sus scrofa). Faune sauvage. Mammifère omnivore.</em>
Le scénario le plus redouté est celui dit du « sandwich », une consommation de viande contaminée non assaini ou insuffisamment cuite par la faune sauvage provenant des restes d’un sandwich laissé dans la nature
© Wikimedia commons

« L’apparition de la peste porcine africaine sur des sangliers en Espagne, fin novembre 2025, illustre une nouvelle fois la soudaineté avec laquelle cette maladie peut surgir dans n’importe quel territoire peuplé de sanglier. » Cette déclaration du préfet du Morbihan illustre bien l’inquiétude les pouvoirs publics vis-à-vis de la peste porcine et de toutes les conséquences qui découleraient de l’apparition d’un cas en Bretagne.

Et en insistant sur « la nécessité d’une biosécurité de haut niveau à l’échelle de l’élevage pour éviter l’introduction du virus et faciliter la poursuite des échanges commerciaux lorsqu’une zone réglementée est mise en place », il met clairement la pression sur la profession. Le scénario le plus redouté est celui dit du « sandwich », une consommation de viande contaminée non assaini ou insuffisamment cuite par la faune sauvage provenant des restes d’un sandwich laissé dans la nature ou de déchets dans une benne non fermée. Un exercice de simulation a donc été organisé dans le Morbihan par les acteurs de la filière porcine et les services de l’État pour se préparer aux actions à déployer en cas de découverte d’un sanglier positif.

Détection d’un sanglier contaminé

Entre la découverte d’un cadavre de sanglier sans cause évidente de mort associée (accident de la route, tir de chasse…) et la mise en évidence d’une infection par le virus de la peste porcine après autopsie et analyse en laboratoire, il ne se déroule pas plus de deux jours. Aussitôt, une zone réglementée de 20 km de rayons autour du lieu de découverte du cadavre est créée pour figer la situation. Dans cette zone, tous les mouvements de porcs d’élevage (entrées et sorties) sont bloqués pendant trois jours, sans dérogation possible. En parallèle, la chasse et les activités de pleine nature sont suspendues pour éviter la diffusion du virus par portage.

Mise en place des mesures d’urgence

Après cette période de trois jours, une seconde phase dite « de mesures d’urgence » est instaurée pendant trente jours. Le périmètre de la zone réglementée est adapté en fonction d’éventuels nouveaux cas. Un dispositif de dérogation permet aux éleveurs de reprendre certains mouvements d’animaux sous des conditions très strictes. Chaque lot de porc partant à l’abattoir doit a minima faire l’objet d’un examen clinique favorable par un vétérinaire pour obtenir un laissez-passer sanitaire. Si l’abattoir est éloigné, le vétérinaire doit évaluer la biosécurité de l’ensemble de l’élevage et conclure à un niveau satisfaisant. En complément, des analyses doivent être réalisées sur les porcs trouvés morts dans les quinze jours précédant le départ. Les abattoirs devront être titulaires d’un agrément spécifique (MCA) pour recevoir ces porcs. Un laissez-passer est également nécessaire pour des transferts d’animaux vers d’autres sites d’élevage.

 

 
<em class="placeholder">Graphique - Les mouvements de porcs bloqués dans la zone réglementée de 20 km Chronologie des étaptes de gestion de la crise simulée</em>
Graphique - Les mouvements de porcs bloqués dans la zone réglementée de 20 km Chronologie des étaptes de gestion de la crise simulée © Source : Pisu, adaptation REUSSIR

Régulation des mouvements d’animaux

À l’issue de cette phase de trente jours, les différents niveaux de surveillance mise en place se poursuivent dans les élevages de porcs de la zone réglementée. Les mouvements d’animaux vivants (transferts et abattages) sont permis sans restriction si les conditions réglementaires sont remplies. Mais si la biosécurité d’un élevage n’est pas évaluée satisfaisante par le vétérinaire sanitaire au regard d’une liste de critères spécifiques (inclus dans la grille Pig Connect), le statut sera qualifié de MNR-PPA (mouvement non réglementaire). Les mouvements de porcs issus de ces élevages ne seront pas autorisés vers d’autres élevages et les viandes issues de ces porcs verront leurs débouchés limités.

Cet article a été réalisé à partir d’un document diffusé par le préfet du Morbihan et l’OS Porc Bretagne

David Riou, président de l’OS porc Bretagne

« Appliquons les mesures de biosécurité »

<em class="placeholder">David Riou, président de l’OS porc Bretagne </em>
David Riou, président de l’OS porc Bretagne © C. Julien

« Nous pouvons nous prémunir d’une contamination au sein de nos élevages en appliquant strictement les mesures de biosécurité prévues par la réglementation. L’outil d’audit Pig Connect Biosécurité permet aux vétérinaires et techniciens d’évaluer précisément la biosécurité d’un élevage et d’accompagner les éleveurs dans l’élaboration d’un plan de progrès pour atteindre le niveau de biosécurité requis. Par ailleurs, en cas de foyer détecté en France, avoir un élevage conforme pourrait constituer un critère déterminant pour être prioritaire dans les visites d’évaluation de la biosécurité et pour obtenir une dérogation à l’interdiction de mouvements, limitant ainsi les impacts de la crise dans nos exploitations et, plus largement, au sein de la filière.

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