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« Moi et mon mari avons des compétences complémentaires sur notre exploitation porcine »

Associée avec son mari sur leur élevage en Ille-et-Villaine, Sylvie Roudaut exerce son métier de chef d’exploitation en parfaite complémentarité et assume des compétences différentes.

Sylvie Roudaut, éleveuse de porcs en Ille et Villaine
Sylvie Roudaut, éleveuse de porcs installée avec son mari. "Une femme peut exercer le métier très facilement"
© E. Le Corre

« Une femme peut tout faire sur un élevage. C’est un choix, il n’y a aucun frein pour les femmes », affirme Sylvie Roudaut, associée avec son mari sur l’élevage porcin SCEA de Montifault à Miniac-sous-Bécherel (Ille-et-Vilaine). Très jeune, elle souhaite devenir agricultrice comme ses parents. À l’âge de 24 ans, après une expérience de deux années comme comptable, elle s’installe seule à proximité de l’exploitation familiale. Trois ans plus tard, son exploitation rejoint la structure familiale, c’est alors que son mari, Jean-Marc, salarié de l’élevage, s’installe également. Aujourd’hui, le couple gère l’élevage de 470 truies naisseur-engraisseur partiel sur 102 ha de SAU et compte une équipe de quatre salariés. Administratrice à la MSA depuis 2010, elle s’implique de plus en plus dans le collectif depuis quelques années, étant également administratrice à la chambre d’agriculture et à la Cooperl. Avec le temps, sa ferveur n’a pas changé. « Être éleveur est un beau métier, riche en relation humaine. Chaque jour est un nouveau challenge. Il faut être éleveur, gestionnaire, manager et avoir du tempérament », décrit Sylvie Roudaut.

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De la concertation entre époux

Au début de sa carrière, Sylvie Roudaut avec sa mère gère la partie maternité et le poulailler de 25 000 poules pondeuses. Avec le temps, l’élevage se spécialise en production porcine. En charge de la maternité, de la comptabilité, du management des salariés et des relations avec le banquier, l’éleveuse explique qu’il n’y a pas de distinction entre elle et son mari. « Nous sommes très complémentaires, nous nous concertons, nous sommes au même niveau avec des apports mutuels. » Jean-Marc Roudaut s’occupe de la gestion technique, globale de l’élevage, quant aux cultures, elles sont déléguées à l’ETA. L’engagement de Sylvie à l’extérieur de l’élevage – accepté d’un commun accord – a modifié l’organisation de ses tâches qui se sont recentrées sur la partie administrative et la gestion des salariés. « Il faut trouver un équilibre avec l’engagement mais je privilégie toujours l’exploitation et continue à mettre les pieds dans les bottes », précise-t-elle.

Attentive à la cohésion d’équipe

Au sein de l’élevage, conduit en 10 bandes avec un sevrage à 21 jours, le travail et l’entente de l’équipe revêtent une importance cruciale. « Pour tout ce qui est tâche répétitive, nous sommes en binôme, nous nous entraidons. Par exemple, tout le monde a participé aux travaux de rénovation des quarante places de la maternité, cela crée une ambiance », explique Sylvie Roudaut, qui veille également à la présence d’une femme parmi les salariés. « Il y a toujours eu une femme dans l’équipe car nous analysons les choses différemment ». Ne serait-ce que pour le choix des équipements comme la meule à dents choisie pour sa légèreté. Mais homme ou femme, Sylvie Roudaut ne fait pas de réelle distinction. « Les hommes ici sont également sensibles aux conditions de travail », soulignant l’installation d’un quai de vaccination des porcelets en post-sevrage. Quant au tracteur qu’elle n’aime pas conduire, elle se veut rassurante : « Une femme peut exercer ce métier très facilement, il y a peu de tracteurs sur l’élevage. »

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