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PAC : L’intérêt financier de l’écorégime n'est pas toujours au rendez-vous pour les éleveurs de porcs

L’introduction d’une culture fixatrice d’azote afin de capter les primes écorégime n’est pas toujours une opération économiquement intéressante pour un éleveur « fafeur ».

DSC_2679 /culture de féverole en agriculture biologique dans le Maine-et-Loire chez Grégoire Gabillard, parcelle de protéagineux.
© Réussir SA

Bertrand Couedic, conseiller entreprise des Chambres d’agriculture de Bretagne, a présenté à la journée Airfaf du 7 mars à Loudéac, dans les Côtes-d’Armor, deux exemples qui démontrent que la rentabilité économique liée à l’introduction d’une légumineuse (féverole) dans ses cultures est très variable selon la situation initiale de l’assolement.

Le calcul ne tient pas compte des investissements nécessaires au niveau de la Faf (silo supplémentaire, matériel de transfert…) et d’éventuelles variations de performance des animaux. Le résultat des simulations peut également varier selon les prix retenus des matières premières. Par ailleurs, il faut s’assurer que les volumes récoltés de la nouvelle culture soient suffisants et que son prix d’intérêt assez bas pour qu’elle puisse être correctement valorisée dans les formules d’aliments.

 

1-Un assolement de base favorable à la diversification des cultures

L’EARL X cultive 260 hectares de SAU, dont 120 de maïs, 112 de blé, 21 de colza, 4 de praires temporaire et 3 de jachère. Le maïs et le blé sont intégralement autoconsommés par l’élevage de porcs. Cet assolement ne permet d’obtenir que trois points écorégime (un point pour le blé, un pour le maïs et un pour le colza). Les surfaces en prairie temporaire et en jachère sont insuffisantes pour l’octroi de points (moins de 5 % de la surface totale). Dans cette configuration, le producteur n’a donc pas droit aux primes écorégime. Le remplacement de 5,5 hectares de blé par 5,5 hectares de féverole permet d’obtenir deux points supplémentaires, ce qui porte le total à cinq points. Avec l’écorégime, le producteur bénéficie alors d’une prime de 80 euros sur ses 260 hectares (20 800 €), ainsi que de la prime d’aide aux cultures de protéagineux de 105 euros pour les 5,5 hectares de féverole (577 €). La marge de la culture de la féverole est estimée à 1 000 euros par hectare (5 500 € au total). En charges, le producteur doit acheter en plus la récolte de 5,5 hectares de blé pour sa Faf, soit 10 312 euros (75 q/ha à 250 €/t). Au final, l’opération permet une belle plus-value de 16 565 euros par an.

 

 

2-Une configuration qui ne rentabilise pas l’introduction de protéagineux

Dans cette seconde simulation, l’assolement initial de l’EARL X est légèrement différent du premier exemple, mais cela change tout dans le bilan financier de l’introduction de la féverole. En effet, les 260 hectares de SAU sont composés de 120 hectares de maïs, 110 de blé, 17 de colza, 8,5 de prairies temporaires et 4,5 ha de jachère. Avec cet assolement, l’EARL peut déjà toucher une prime écorégime de 60 euros de l’hectare. Les quatre points sont apportés par le maïs (1 point), le blé (1 point) et par une surface suffisante en prairie temporaire et en jachère (5 % des terres arables) qui rapporte 2 points. Les 17 hectares de colza ne sont pas suffisants pour obtenir un point écorégime, car ils ne représentent que 6,5 % de la surface arable (il en faudrait 7 %). Le remplacement de 5,5 hectares de blé par 5,5 hectares de féverole apporte deux points supplémentaires, pour porter le total à six points. Il augmente ainsi la prime écorégime de 20 euros par hectare (5 200 €). Le producteur touche également les 577 euros de prime d’aide aux cultures de protéagineux (105 € par hectare de féverole). Dans ce cas de figure, la marge dégagée par la féverole (5 500 euros), à laquelle on déduit le prix d’achat de la récolte de 5,5 hectares de blé pour la fabrique d’aliment (10 312 €) ne permet de dégager qu’un solde net de +965 euros.

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