Aller au contenu principal

La vaccination contre les odeurs sexuelle compatible avec la production de jambons secs

Deux études publiées au congrès de l’AFMVP (1) le 2 décembre dernier démontrent que les jambons de porcs mâles entiers vaccinés contre les odeurs sexuelles peuvent être utilisés pour la production de jambons secs de qualité.

La production de jambon sec de qualité nécessite d'avoir plus de 10 mm de gras de couverture.
La production de jambon sec de qualité nécessite d'avoir plus de 10 mm de gras de couverture.
© D. Poilvet

Une première étude menée conjointement par Zoetis et le groupement du Sud-Ouest Fipso démontre qu’un protocole de vaccination contre les odeurs sexuelles en trois doses « permet d’obtenir chez les mâles entiers vaccinés une épaisseur de gras de couverture à la surface du jambon suffisante pour la production de jambons secs du Sud-Ouest ».

En effet, dans cet essai mené dans un élevage de 200 truies naisseurs-engraisseurs des Pyrénées-Atlantiques, les mâles entiers vaccinés étaient significativement plus gras (+0,4 à +1,4 mm de G2) et plus lourds (+5,77 kg) que les mâles castrés physiquement qui constituaient le lot témoin. La production de jambon de Bayonne nécessite d’avoir une épaisseur de gras de couverture importante sur le jambon (plus de 10 mm à l’aplomb de la tête du fémur).

 

 

Durant la phase d’affinage, ce gras constitue en effet une barrière à l’évaporation et permet un séchage long des jambons. Grâce à leur meilleure couverture en gras, le taux de jambons labellisables des carcasses issues de mâles entiers vaccinés a été de 64 %, contre 59 % pour les carcasses issues de porcs castrés physiquement. Le vaccin a été injecté à 10, 14 et 18 semaines d’âge, pour des abattages compris entre 23 et 26 semaines. Les porcs charcutiers étaient issus d’une génétique mâle Piétrain NN.

Plus de porcs labellisables grâce à une meilleure couverture en gras

Même conclusion pour la production de jambon sec d’Auvergne, mais cette fois-ci avec un protocole de vaccination en deux doses sur des issus du verrat Hypor Maxter M3. « L’épaisseur de gras de couverture à la surface du jambon des mâles entiers vaccinés est suffisante pour la production de jambons secs de qualité supérieure », souligne l’étude réalisée conjointement par Zoetis et la Selarl des volcans à Aurillac, dans un élevage de 130 truies naisseurs-engraisseurs situé dans le Cantal. Sur les 187 porcs mâles entiers vaccinés, un seul jambon avait une couverture de gras inférieur au seuil des 10 mm nécessaire pour la production de jambon sec. Afin d’en arriver à ce résultat, les mâles entiers vaccinés ont été abattus entre six et huit semaines après la seconde injection (vaccinations à 13 et 17 semaines d’âge, pour des abattages compris entre 23 et 25 semaines). Ils ont été alimentés le plus proche possible de l’ad libitum, ce qui a permis de maximiser le dépôt de gras. Les auteurs de cette publication mentionnent aussi une étude espagnole qui conclue que des porcs mâles entiers Duroc vaccinés contre les odeurs sexuelles conviennent également à la production de jambon sec de haute qualité.

(1) AFMVP : association française de médecine vétérinaire porcine

Les plus lus

<em class="placeholder">En permettant l’expression de comportements naturels les maternités liberté réduisent le stress et les lésions physiques. </em>
Truies en liberté en maternité : un bien-être amélioré mais une mortalité des porcelets à maîtriser

Malgré une mortalité néonatale parfois plus élevée, les systèmes libres en maternité améliorent la santé des truies et la…

<em class="placeholder">Gurvan Philippe et Cynthia, salariée spécialisée sur le naissage : « Les pesées des porcelets sont enregistrées sur un tableur, avec un suivi par truie et par rang de ...</em>
« Nous avons gagné 2,5 porcelets sevrés par portée en trois ans »

L’EARL Philippe, dans le Finistère, a amélioré sa productivité tout en réduisant le taux de perte sur nés vivants, grâce à une…

<em class="placeholder">Les élevages extensifs, malgré une productivité plus faible, peuvent être rentables grâce à des stratégies de différenciations</em>
La résilience n’a pas de modèle unique en élevage de porc

Une étude récente européenne montre que la durabilité économique des systèmes intensifs et extensifs ne suit pas une recette…

<em class="placeholder">Korentin Boutoux et Xavier Blouin, les deux gérants de la ferme de Keraziou, avec Lionel Ac&#039;h (Autret Soutions) à gauche et Yvon Dodier, Tecarmor &quot; Les banques ont accepté ...</em>
"Avec notre nouvelle faf, nous misons sur l’autonomie alimentaire pour notre élevage de 650 truies naisseur-engraisseur dans les Côtes d'Armor"

À la Ferme de Keraziou, la nouvelle fabrique d’aliment à la ferme conçue pour nourrir 650 truies et leur suite est une étape…

<em class="placeholder">L’Espagne valorise la plupart des produits de charcuterie-salaison à un niveau supérieur à celui des autres exportateurs européens.</em>
La filière porcine espagnole, un leader porté par sa stratégie à l’export

En trois décennies, l’Espagne est devenue un acteur central du commerce mondial du porc. Son modèle repose sur une stratégie…

[VIDEO] Rentabilité : « Mon meilleur investissement est un siège rotatif pour faciliter les soins des porcelets »

A Plomodiern, dans le Finistère, l'EARL Gurvan Philippe utilise un siège rotatif lors des soins en maternité. Posé sur la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)