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La Fédération nationale porcine met la pression sur la grande distribution

La fédération nationale porcine (FNP) estime que l’aval et les GMS doivent payer les hausses de prix. Elle milite également pour la mise en place d’une contractualisation entre céréaliers et éleveurs.

François Valy, président de la FNP
François Valy, président de la FNP
© D. Poilvet

Alors que les renégociations commerciales s’éternisent, la filière porcine accentue la pression sur la grande distribution. « Il n’y a pas d’autre choix que l’aval et les GMS paient les hausses de prix », a lancé François Valy, président de la FNP, lors de l’assemblée générale du syndicat, le 10 juin à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain. Exacerbée par la guerre en Ukraine, la flambée historique de l’alimentation animale (+25 % en un an) rend ces revalorisations « légitimes et nécessaires », estime-t-il. Rappelant que le rayon charcuterie est l’un des plus rentables des grandes surfaces, l’éleveur morbihannais estime qu’elles sont à même d’« accorder les hausses nécessaires sans même modifier le prix au consommateur ».

Un message appuyé par la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, présente au congrès de la FNP. « La volaille arrive mieux que le porc à répercuter les hausses », a-t-elle noté. Les producteurs ont certes obtenu un plan d’aide « historique » de 270 millions d’euros. Mais « ce que les producteurs attendent le plus, c’est un retour de prix. Pour l’instant, c’est la distribution qui nous fait souffrir ». François Valy souligne qu’« il devrait être supérieur à 2 euros le kilo pour rémunérer le capital et le travail ». Actuellement, « les éleveurs perdent jusqu’à 40 euros par porc », note Carole Joliff, secrétaire générale de la FNP. Et « on nous annonce encore 80 à 100 euros par tonne de plus à venir sur l’aliment complet », car la hausse des prix des céréales et oléoprotéagineux n’a pas encore été intégralement répercutée sur l’aliment.

Projet de contractualisation entre céréaliers et éleveurs

La FNP est également revenue sur le projet de contractualisation entre les céréaliers et les éleveurs. L’idée est de mettre en place des contrats pluriannuels sur des volumes de céréales à prix fixe. Christine Lambert a rappelé l’importance du débouché de l’alimentation animale pour les céréales (13,8 % du blé utilisé en 2021-2022 selon FranceAgriMer) et l’intérêt de le préserver « le jour où le marché se retournera – et il se retournera ». « Il faut un avantage pour les uns et les autres », a-t-elle affirmé. Ce projet pourrait consister en une incitation fiscale (doublement de l’épargne de précaution pour les deux parties ou crédit d’impôt). « Ce n’est pas gagné d’avance, je sais que tout le monde n’est pas d’accord. Mais je n’attends pas l’unanimité », a martelé l’éleveuse de porcs du Maine-et-Loire. Lors d’une précédente tentative en 2011, « on n’avait pas réussi quand le blé avait augmenté de 15 %. Si on ne réussit pas aujourd’hui, alors que la hausse est deux fois plus importante, nous ne serons pas des responsables professionnels dignes de la confiance de nos adhérents ».

« Les abatteurs doivent harmoniser la plus-value des mâles castrés »

+ 2 centimes par kilo de carcasse proposés par Bigard, +5,5 centimes chez Kermené… et rien de la part des autres abattoirs ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que la plus-value permettant de couvrir le surcoût de la castration des mâles castrés sous anesthésie pratiquée depuis le 1er janvier est loin d’être appliquée comme le stipule la loi Egalim 2. « L’Ifip a estimé ce surcoût à 13 centimes d’euros par kilo », a rappelé François-Régis Huet, responsable de la commission bien-être de la FNP. « Les abatteurs ne respectent pas la loi. Aujourd’hui, le surcoût de l’anesthésie reste à la charge des éleveurs, et ce n’est pas normal. » Carole Joliff souligne que le mâle castré sous anesthésie est une démarche qualité à part entière. « Il faut remettre de l’équité dans le paiement de ces porcs en mettant en place une grille de paiement unique. »

4 000 exploitations ont demandé les aides

Face à cette crise sans précédent, la FNP a indiqué que plus de 4 000 exploitations — sur quelque 9 000 élevages en France — ont demandé une aide à la trésorerie dans le cadre du plan de sauvegarde de la filière porcine. 3 080 demandes de PGE (prêt garanti par l’État) ont été déposés pour 60 millions d’euros payés en mars (sur une enveloppe prévisionnelle de 75 M€). Le second dispositif, validé par Bruxelles, a été sollicité par 4 098 structures, pour 145 millions d’euros en cours de paiement (enveloppe de 175 M€). Cette deuxième aide compense « une partie de la perte de marge sur coût alimentaire » ; son montant varie selon le type d’élevage et le degré de spécialisation. Une dernière aide (20 M€ de prise en charge des cotisations sociales) a été récemment ouverte par la MSA.

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