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« J’ai transformé une partie de l’élevage lapin en atelier d’essai porcin »

Installée sur l’élevage familial cunicole, Élodie Guillotel vient de créer un atelier de post-sevrage et d’engraissement en porc, qui sera le support d’essais pendant plusieurs années.

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L'équipe salariée de l'Earl Realap autour des associées Élodie et sa maman Claudette : Amélie, Alain, Pascal, et Anaïs (apprentie).
© E. Le Corre

« J’ai construit mon projet d’installation avec de l’expérimentation en engraissement. C’est vrai ce projet est particulier ». Élodie Guillotel s’est installée en 2023 sur l’élevage de ses parents producteurs de lapins depuis trente-cinq ans et vient de finaliser la création d’un atelier de porcs à l’engraissement à Augan dans le Morbihan. Cette boule d’énergie, ancienne technicienne porc chez Sanders, a su convaincre et fédérer ses partenaires autour de son projet de diversification. Installée avec sa mère Claudette, Élodie a présenté lors d’une porte-ouverte le 13 février 2026, le nouvel atelier de l’EARL Realap de 780 places de post-sevrage et 1 536 places d’engraissement. « Ici sur le site d’Augan, nous avons 2 300 cages-mères mais je ne voulais pas abandonner mon projet en porc : Sanders et Mixscience m’accompagnent dans la démarche d’expérimentation », précise-t-elle.

<em class="placeholder">Elodie Guillotel</em>

L’engraissement, un atelier « pilote »

Lors de son installation en 2023, Élodie a rejoint sa mère au sein de l’EARL en reprenant à un tiers un élevage naisseur-engraisseur cunicole de 550 cages-mères et 30 hectares de terres à Campénéac. L’EARL Realap comprend un atelier cunicole naisseur-engraisseur de 2 850 cages-mères, une station de méthanisation et 65 hectares de terres réparti sur quatre sites. Sur le site principal à Augan, « nous avons rénové deux anciens bâtiments de lapins en quatre salles dont une en post-sevrage et trois en engraissement porc. La coque et la fosse avec raclage des anciens bâtiments lapins ont été conservées », indique Élodie, en réflexion depuis 2021. Afin d’assurer l’équilibre financier du projet de création de l’atelier, évalué à environ un million d’euros d’investissement, l’atelier a intégré le réseau des fermes essais en contrat avec Sanders et Mixscience.

<em class="placeholder">Avec les protocoles d’essais Mixscience, le suivi de l’alimentation individuelle multiphase avec pesée s’est donc imposée (autour de 5 000 euros la station).</em>

Le contrat d’une durée de sept ans, consiste en « une rémunération pour les essais, prenant en compte des surcoûts (silos, bascule, Selfifeeder) dont une partie est financée ainsi que le temps de travail des éleveurs », précise David Brillouet de Mixscience. L’EARL Realap, avec son atelier engraissement, complète un réseau de trois élevages pilotes réalisant des essais pour le groupe, dans le Sud-Ouest (naissage), en Mayenne (premier âge) et en Maine-et-Loire (deuxième âge).

Une subvention de 10 euros par place d’engraissement à l’installation est versée par Sanders Bretagne. Quant au suivi technique, sanitaire et commercial, il est assuré par le groupement Porc Armor Evolution, qui garantit l’approvisionnement en porcelets issus de la maternité collective de la SCEA Porcs Lanvaux à Saint-Guyomard, dans le Morbihan. 

Lire aussi  Installation : "Salariée, je voulais acheter un élevage de porc, deux ans après, cela marche bien !"

Une conduite individuelle

Les essais débuteront après 6 à 8 mois de prise en main de l’atelier. « Il faut prendre le temps de la maîtrise de l’élevage », remarque David Brillouet. « Les éleveurs testeront un aliment A contre un aliment B. Avec deux lots de 390 animaux, l’objectif est d’améliorer nos statistiques. » Trois salles d’engraissement ont donc été équipées de Selfifeeder GFI d’Asserva, soit 22 cases profondes dotées de deux stations pour un effectif de 62 porcs par case. La station Asserva est dotée de deux trémies avec un maximum de 40 porcs par station. La ration sèche est individualisée avec le contrôle du plan d’alimentation et de la croissance des animaux. « Cela permet de travailler à l’individu et d’homogénéiser un lot. Poids, IC et GMQ sont donnés en temps réel », décrit Maxime Le Bouder d’Asserva. « Et quand le porc atteint le poids cible, il est marqué d’un coup de bombe ce qui facilite le départ à l’abattoir. »

L’entrée et la mise en lot des 780 porcs sevrés entre 5 et 8 kg (génétique Danbred) s’effectueront toutes les huit semaines avec pesées individuelles et allotement en post-sevrage, analyse des chiffres des stations Selfifeeder en engraissement (IC, GMQ) et restitution à l’éleveuse. Éleveurs et salariés, habitués à manipuler les lapins, géreront ensemble les pointes de travail de l’atelier porc. L’équipe est prête à passer d’une espèce à l’autre.

Une rénovation conçue à partir de bâtiments lapin

Post-sevrage, raclage, ventilation, le choix des équipements s’est adapté aux bâtiments d’origine.

Le post-sevrage a été conçu avec 16 cases (non équipée de nids) dont 4 cases plus petites dédiées à l’infirmerie et aux porcelets de petits gabarits. « En lapin, il existe aussi une infirmerie », remarque Élodie, « et avec la génétique Danbred, il faut prendre le temps pour élever les plus petits. Nous pesons les porcs à l’entrée et les plus petits rejoignent les petites cases pour qu’ils ne décrochent pas. » Conçue par la société I-Tek, chaque case accueille 68 porcelets et est équipée de trois abreuvoirs et d’un nourrisseur simple inox (1,80 m de long) avec caillebotis plastique. « Les abreuvoirs peuvent être nettoyés sans entrer dans la case, les séparations en PVC classique ont une hauteur de 75 cm », remarque Gaëtan Baron d’I-Tek. Les fosses existantes du bâtiment lapin de 33 cm de profondeur ont été conservées, équipées de six racleurs avec couloir, « accessibles par une trappe papillon en cas de problème », remarque Gaëtan Baron. Le sol plastique se compose de caillebotis posés sur une maçonnerie réalisée par Alain Guillotel, ancien maçon, et les salariés. Trois aérothermes équipent la salle : l’eau chaude provient de l’unité de méthanisation créée en 2020.

Le raclage en post-sevrage et en engraissement créant des entrées d’air parasites, la pression dans les bâtiments rénovés est quasi neutre, voire en légère surpression L’entrée et le brassage de l’air sont assurés par les cheminées ARC de Sodalec. La gestion de l’ambiance et les alarmes sont pilotées par l’ALS Connect.

 

 
<em class="placeholder">salle de post-sevrage rénovée</em>
Salle de post-sevrage rénovée de 780 places avec une "infirmerie" et des cases dédiées aux plus petits porcelets. © E. Le Corre

 

 
<em class="placeholder">Trappe d&#039;accès au racleur</em>
Trappe d'accès au racleur en post-sevrage. © E. Le Corre

 

 
<em class="placeholder">Sodalec ventilation ARC</em>
Les bâtiments sont équipés de système de ventilation ARC installés par Sodalec. © E. Le Corre

Les partenaires

Sanders - Mixscience (aliments - essais)

Groupement Porc Armor Evolution

I-Tek (post-sevrage)

Asserva (station Selfifeeder GFI)

Fournier (caillebotis béton)

Sodalec (ventilation)

MatElevage (installations)

Fiche Elevage

EARL Realap

6 UTH (2 associés et 4 salariés, dont le père Alain Guillotel)

2 850 cages-mères

65 ha

unité de méthanisation (300 kW en cogénération)

4 sites

780 places post-sevrage, 1 536 places engraissement)

4 sites

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