Exposition aux gaz : un dispositif d’alarme travailleur isolé testé à la station porcine de Crécom
Le détecteur portatif G7c, proposé par GazDetect, et testé à la station de Crécom, assure un suivi à distance des travailleurs. Il apporte un soutien face aux risques de malaises et d’exposition aux gaz.
Le détecteur portatif G7c, proposé par GazDetect, et testé à la station de Crécom, assure un suivi à distance des travailleurs. Il apporte un soutien face aux risques de malaises et d’exposition aux gaz.
Pendant plusieurs semaines, Loïc Perrot et Philippe Lirzin, techniciens à la station expérimentale de Crécom, ont testé un DATI, un dispositif d’alarme travailleur isolé.
L’appareil utilisé (modèle G7c de la marque Blackline) est vendu par la société GazDetect. Il envoie un signal sonore dès que les taux d’hydrogène sulfuré (H2S) et d’ammoniac (NH3) dans l’air dépassent la valeur limite. Il permet aussi d’avertir le responsable de l’élevage lorsque le salarié fait une chute ou un malaise. L’alarme se déclenche quand la personne est immobilisée. Cet appareil possède également une fonction « talkie-walkie » pour que les travailleurs de l’élevage puissent échanger verbalement entre eux.
Un bilan positif
Loïc et Philippe se disent rassurés par les fonctionnalités de cet appareil « On travaille plus sereinement, notamment lors des week-ends de garde pendant lesquels nous sommes seuls dans l’élevage » précisent-ils. Ils poursuivent : « Il n’y a pas eu de dysfonctionnement durant le test. Le détecteur G7c est suffisamment léger pour qu’on oublie sa présence. L’appareil s’est révélé fiable. Lors d’une chute, l’information a été remontée immédiatement au responsable de l’élevage. De plus, plusieurs fois, il a sonné, indiquant une exposition à l’ammoniac dépassant la valeur limite. Ces alarmes correspondaient à des moments durant lesquels nous ressentions des difficultés respiratoires ». La fonctionnalité talkie-walkie représente aussi un vrai plus pour eux, la station de Crécom se situant dans une zone où le réseau téléphonique ne passe pas bien. Cependant un seul G7c ayant été testé, l’utilisation simultanée de deux appareils s’impose pour valider cette option. Enfin, les techniciens ont remarqué des déclenchements de l’alarme lors de manipulations de fioul, d’acide, au contact de fortes poussières, mais aussi lors de la prise par voie orale d’un comprimé pharmaceutique. Ils s’interrogent sur la détection par le G7c des médicaments, et les potentielles conséquences que cela aurait lors de traitements appliqués aux cochons.
Des idées d’amélioration
Philippe et Loïc estiment qu’ils ne sont pas assez sensibilisés aux valeurs limites d’exposition aux gaz. Lorsque l’appareil sonnait, ils se contentaient de l’éteindre s’ils ne se sentaient pas en danger. L’alarme pouvait se montrer dérangeante, notamment lors des déplacements d’animaux, même si ce cas particulier fut rare. Ils proposent d’inclure au G7c un tableau avec les différentes valeurs limites d’exposition aux gaz, afin de comparer ces valeurs à celles indiquées par l’appareil et d’identifier les situations problématiques. Enfin, un autre problème rencontré est, qu’en dépit d’une attache efficace de l’appareil à la cotte, les nombreux changements de vêtements entre les différents bâtiments peuvent rendre laborieux le transfert du G7c. « Une attache de type scratch pourrait faciliter le déplacement de l’appareil sur les différentes cottes » proposent-ils. Une autre idée émise est de le porter attaché à une ceinture à clipper, optimisant ainsi le temps de changement de vêtements. Mais cette solution éloigne le G7c des voies respiratoires, ce qui est déconseillé par GazDetect.
Thibault Luke-Paris, thibault.luke-paris@bretagne.chambagri.fr
GazDetect s’engage dans la protection individuelle
La société propose des solutions contre les risques d’exposition aux gaz et d’accident des travailleurs isolés
« En élevage porcin, deux risques sont essentiels » nous explique Gabriel Haté, technico-commercial chez GazDetect : « l’exposition aux gaz et le risque du travailleur isolé. Ce dernier se retrouve seul dans son environnement, sans personne ni à vue ni à voix. S’il arrive un accident, comme un malaise, le travailleur isolé doit pouvoir demander de l’aide ».
C’est pour cela que la société GazDetect, fournisseur de matériel de sécurité, propose des détecteurs DATI (Dispositif d’Alarme Travailleur Isolé), notamment le détecteur portatif G7c de chez Blackline. « Cet appareil est étanche à la poussière et à l’humidité. Il peut être associé à de la détection de gaz comme l’H2S ou le NH3. En cas d’immobilité à la suite d’un malaise lié à une forte exposition aux gaz ou à une chute, l’appareil envoie une alerte SOS au responsable de l’élevage sous forme de SMS ou de mail. Ce dernier peut alors agir très rapidement pour protéger ses salariés et éviter les situations dramatiques » indique Gabriel Haté. Le coût de l’appareil passe de 680 euros pour le détecteur d’immobilité seul, à 940 euros avec le détecteur de gaz. Gabriel Haté poursuit : « Ce DATI permet également de communiquer comme un talkie-walkie entre les travailleurs de l’élevage sans limite de portée. En effet, l’appareil est équipé d’une antenne GPS pour la géolocalisation et d’une carte SIM multi-opérateur qui assure une connexion quel que soit l’emplacement de l’appareil ».
Polyvalence et de fiabilité
Gabriel Haté témoigne de la multitude d’options possibles avec le détecteur portatif G7c, chaque appareil pouvant être programmé en fonction des besoins de l’utilisateur, comme l’ajustement des alarmes en cas d’immobilité. En cas d’alerte, le responsable de l’élevage est en mesure de connaître la personne concernée, sa localisation et la raison de l’alarme. Le fait d’être multi-opérateur permet d’assurer au maximum la remontée des données sur une même plateforme. GazDetect accompagne et forme gratuitement ses clients. La société assure aussi la maintenance des détecteurs : un test de déclenchement permet d’assurer que les cellules sont fonctionnelles. Une calibration offre la garantie d’une mesure exacte des gaz. La calibration est obligatoire tous les six mois à partir de 245 euros pour un contrat de trois ans. Les travailleurs peuvent aussi être autonomes sur la calibration en achetant la station d’étalonnage pour 1 100 euros, ainsi que les bouteilles étalon. Pour une trentaine de calibrations, il faut compter 180 euros pour la bouteille de NH3, et 160 pour celle de H2S. De plus, la préconisation de positionner le détecteur portatif G7c au plus proche des voies respiratoires (avec des attaches de type brassard ou pince crocodile) augmente aussi la fiabilité des mesures. Enfin, L’entreprise explore continuellement des pistes d’améliorations de son outil. Une pochette de protection en cas de nettoyage et de désinfection des locaux est un point cité, tout comme une optimisation de la remontée d’informations. Par exemple, pour quelqu’un de garde le week-end, en plus de l’envoi d’un SMS en cas d’alerte, le transfert vers une société de télésurveillance pourrait être une option envisageable.
T.L.P.
À retenir
L’équipe de Crécom est partante pour se doter de plusieurs détecteurs portatifs G7c, notamment pour la fonctionnalité talkie-walkie. Mais elle met l’accent sur la connaissance des valeurs limites d’exposition aux gaz, notamment l’hydrogène sulfuré et l’ammoniac.