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Comment les femmes gèrent leur exploitation agricole aujourd'hui?

Face aux différences d’image et de répartition des tâches, les éleveuses adoptent différents positionnements.

quatre profils de cheffes exploitation
© crab

Des entretiens réalisés par l’Institut de l’élevage en 2023 auprès d’un panel de 17 agricultrices de quatre régions françaises (1) font ressortir quatre profils qui illustrent différentes manières d’être éleveuse aujourd’hui. Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière d’être agricultrice, tant que chacune se trouve satisfaite de son poste. En revanche, il semble important de continuer à travailler sur ce qui freine l’installation au féminin, aussi bien au niveau des équipements que de la manière dont les candidates à l’installation peuvent être accueillies dans le monde agricole.

 

lire aussi : "L'agriculture encore loin de la parité homme-femme"

1-Elles remettent en cause les normes traditionnelles

Ces de cheffes d’exploitation, fortement impliquées dans le pilotage de leur élevage, remettent en cause les normes traditionnelles. C’est le cas des femmes installées seules ou en collectif exclusivement féminin. Autonomes sur tous les postes, elles cherchent à adapter les tâches et les outils pour que le travail soit plus efficace et moins pénible. Pour elles, la séparation entre vie professionnelle et vie privée est importante. Elles cherchent à avoir des congés et du temps libre, comme c’est le cas dans d’autres métiers.

2-Elles cherchent à trouver leur place

D’autres éleveuses expriment une forte conscience des inégalités, mais sans réussir à les gommer dans leur travail. Associées sur l’exploitation de leur conjoint, souvent issues d’un autre milieu professionnel, elles rencontrent des difficultés à trouver une place qui leur convienne totalement. Impliquées en deçà de leurs attentes dans le pilotage de l’exploitation dans son ensemble, elles gèrent en autonomie un des ateliers de l’exploitation. Les groupes féminins leur permettent de partager leurs expériences, et de trouver des solutions.

3-Elles pilotent leur exploitation

Ce groupe se décrit comme des agriculteurs, plutôt que des agricultrices. Très impliquées dans le pilotage de l’exploitation et dans les instances professionnelles, elles se voient comme un agriculteur comme un autre, et considèrent que le genre n’est pas un sujet dans la sphère professionnelle. Elles suivent une répartition genrée des tâches dans leur vie personnelle, mais pas dans leur vie professionnelle, où elles assument de tout faire « comme un homme ».

4-Elles assument des compétences différentes

Ce quatrième groupe de femmes assume une répartition genrée des tâches, sur l’exploitation comme à la maison. Souvent associées à leur conjoint, elles considèrent qu’hommes et femmes ont des compétences et aptitudes différentes : la gestion des équipements pour les hommes, les soins aux animaux, le travail domestique et l’administratif pour les femmes. Pour elles, l’égalité entre hommes et femmes doit se traduire par une considération similaire pour les exploitants et les exploitantes.

(1) Bretagne, Auvergne Rhône-Alpes et Pays de la Loire

Caroline Depoudent, caroline.depoudent@bretagne.chambagri.fr

Repères

Les éléments présentés ici sont issus d’un travail réalisé par James Hogge, de l’Institut de l’élevage, dans le cadre d’un projet initié par le Gis Avenir Elevages. Cette étude vise à mieux comprendre les spécificités de l’installation des éleveuses et de leur travail, dans un contexte où le renouvellement des générations d’agriculteurs est difficile.

 

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