"Avec notre nouvelle faf, nous misons sur l’autonomie alimentaire pour notre élevage de 650 truies naisseur-engraisseur dans les Côtes d'Armor"
À la Ferme de Keraziou, la nouvelle fabrique d’aliment à la ferme conçue pour nourrir 650 truies et leur suite est une étape essentielle dans le développement de l’exploitation dirigée par deux jeunes éleveurs.
À la Ferme de Keraziou, la nouvelle fabrique d’aliment à la ferme conçue pour nourrir 650 truies et leur suite est une étape essentielle dans le développement de l’exploitation dirigée par deux jeunes éleveurs.
En arrivant sur le site de la Ferme de Keraziou à Tressignaux, dans les Côtes d’Armor, l’attention du visiteur est immédiatement attirée par l’imposante fabrique d’aliment construite en 2024.
Ses grandes cellules de stockage extérieures, son silo tour à maïs humide, et son hangar abritant le cœur de faf, recouvert de 1 000 m2 de cellules photovoltaïques ont été conçus pour fabriquer les 6 500 tonnes d’aliments nécessaires chaque année au cheptel de 650 truies naisseur engraisseur. Cette faf traduit la volonté d’autonomie et d’optimisation du coût alimentaire désormais recherché par Xavier Blouin et Korentin Boutoux, les deux jeunes gérants de la ferme de Keraziou. "Depuis la crise du Covid, nous constatons un écart croissant entre le coût des matières premières et le prix des aliments du commerce", expliquent-ils. Alors, avec 220 hectares de cultures et des céréales de qualité produites en abondance dans cette région du Trégor, quoi de plus naturel que d’investir dans leur propre outil de fabrication ? Les banques ne s’y trompent pas. « Elles ont accepté sans réserve de financer ce projet, à partir du moment où nous leur avons prouvé sa cohérence et notre volonté commune de le réaliser », soulignent-ils.
Une fabrique évolutive
Le stockage des matières premières a été calculé pour couvrir l’ensemble des besoins de la faf en céréales sur une année entière. « La récolte est la période de l’année où les prix sont la plupart du temps les plus bas et les disponibilités régionales les plus abondantes », fait remarquer Korentin Boutoux. En complément du silo tour de 1 400 tonnes pour le maïs humide, trois grandes cellules extérieures à fond plat de 1 000 tonnes sont destinées au stockage du blé et de l’orge. Deux cellules sur venticônes de 180 tonnes et cinq boisseaux de 50 tonnes complètent les installations extérieures pour les tourteaux, la pulpe de betterave et le stockage intermédiaire des céréales. À l’intérieur du hangar, le cœur de faf est constitué d’un ensemble broyeur à marteau et mélangeuse de deux tonnes pour les aliments et complémentaires fabriqués à sec. Un second broyeur associé à une cuve de présoupe est dédié au maïs humide. « L’installation a été conçue pour fonctionner huit heures par jour, ce qui donne de la marge si le tonnage d’aliments fabriqués augmente », souligne Lionel Ac’h, technico-commercial Autret Soutions. Une attention particulière a été portée sur la qualité des céréales récoltées, avec l’acquisition d’un nettoyeur à grains Marot. En complément de l’évacuation des poussières grâce à une soufflerie, il évacue les particules grossières (feuilles, rafles de maïs…) en faisant passer les graines dans les orifices d’une grille cylindrique rotative. « Ce nettoyeur nous apporte la garantie de travailler avec des matières premières de qualité, en limitant au maximum le risque de développement de mycotoxines au stockage », justifie Xavier Blouin.
Trois sites de production
Pour alimenter les animaux des trois sites d’engraissement situés à quelques kilomètres de la fabrique, les éleveurs ont fait l’acquisition d’un camion qui permet le transfert des aliments ou de complémentaires (croissance et finition). Au total, ce ne sont pas moins de treize aliments qui sont fabriqués dans cette fabrique. Les éleveurs ont estimé un coût de fonctionnement de la faf à 14 euros par tonne (énergie, entretien, financement du stock, main-d’œuvre estimée à un UTH et autres charges). Le coût de fonctionnement correspond au coût de fabrication sans les amortissements.
Fiche élevage
Gaec Ferme de Keraziou à Tressignaux (Côtes d’Armor)
Autret Solutions, un spécialiste de la manutention du vrac
L’entreprise Autret Solutions basée à Plouédern (Finistère) a été créée en décembre 2024 par des anciens cadres dirigeants de Castel Agriculture. "Suite à un désaccord avec l’actionnaire unique de Castel, nous avons repris la société Jean Autret spécialisée dans les activités de chaudronnerie », explique Antoine Tartault, le directeur d’Autret Solutions. L’entreprise compte aujourd’hui 25 salariés." Nous avons conservé notre savoir-faire pour concevoir des fabriques d’aliments à la ferme de moyenne et de grosse dimension", indique le dirigeant. "Nous misons sur le qualitatif, la robustesse et la fiabilité afin de proposer à nos clients des fabriques durables dans le temps". En parallèle à son activité agricole et agroalimentaire, Autret Solutions travaille également dans les domaines portuaires et les carrières pour la manutention des produits vrac.