« Avec la vaccination iléite, j’ai amélioré l’état sanitaire des porcs charcutiers »
La vaccination des porcelets contre l’iléite hémorragique a permis à Sébastien Raguénès d’atteindre équilibre optimal dans sa conduite d’élevage. Elle contribue également à la pérennité de l’exploitation grâce à son engagement dans une filière « sans antibiotiques dès la naissance ».
La vaccination des porcelets contre l’iléite hémorragique a permis à Sébastien Raguénès d’atteindre équilibre optimal dans sa conduite d’élevage. Elle contribue également à la pérennité de l’exploitation grâce à son engagement dans une filière « sans antibiotiques dès la naissance ».
« J’en avais assez d’aller tous les matins en engraissement avec la boule au ventre, dans la crainte de découvrir des porcs charcutiers morts à quelques jours de leur départ ».
Pendant plus d’un an, Sébastien Raguénès, éleveur à Ploumoguer, à la pointe du Finistère, a subi un épisode d’entérite hémorragique associé à la bactérie Lawsonia intracellularis dans son élevage de 250 truies naisseur engraisseur.
Avec l’aide de son vétérinaire sanitaire Claudio Trombani et de son technicien du groupement Evel’up, il a réussi à maîtriser les formes cliniques de cette maladie et à réduire l’utilisation des antibiotiques en réalisant une vaccination des porcelets au sevrage à 21 jours.
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« J’ai choisi d’utiliser le vaccin Porcilis Lawsonia en intramusculaire. Je le dilue dans le vaccin Porcilis PCV M. Hyo qui était déjà en place dans l’élevage ». Ainsi, l’éleveur n’augmente pas le nombre d’injection et le temps de travail n’est pas augmenté.
Des animaux en meilleure santé
Pour Sébastien Raguénès, le principal avantage de la vaccination contre l’iléite réside dans l’amélioration du statut sanitaire des animaux. Le taux de pertes en engraissement a durablement baissé et le recours aux antibiotiques a considérablement diminué. « Selon les relevés d’abattage fournis par Uniporc, le taux de porcs contre-frappés ATB est passé de 16 % en moyenne durant la phase aiguë de la maladie à 7 % en moyenne depuis que le vaccin est en place », constate Claudio Trombani. Une évolution confirmée par l’analyse des achats d’antibiotiques destinés à l’élevage : « Avant la vaccination, 91 % étaient ciblés contre Lawsonia intracellularis. Désormais, ces traitements contre l’iléite n’existent plus. »
Sans antibiotiques dès la naissance
Cette évolution favorable a permis à Sébastien Raguénès de s’engager dans une filière « porcs sans antibiotiques dès la naissance ». « Cet engagement apporte une plus-value au prix du porc payé par l’abattoir », constate-t-il. L’éleveur souligne son impact positif auprès du grand public. « Je suis fier d’accueillir des écoles pour leur faire découvrir nos démarches vertueuses afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs ».
Des croissances améliorées
L’impact de la vaccination se traduit aussi en termes d’amélioration des performances techniques. « L’illustration la plus marquante est l’amélioration de la croissance des porcs en engraissement et la baisse de l’âge à 115 kilos », constate Hervé Pelleau, technicien Evel’up. En cinq ans, ce dernier critère est passé de 182 à 165 jours. « Je n’hésite plus à monter le rationnement à 120 % de la courbe durant la phase de croissance », confirme Sébastien Raguénès. « Il faut cependant être toujours attentif à l’état de santé des animaux et réagir rapidement en cas de problème. Le vaccin permet l’amélioration des performances, mais il ne fait pas tout », conclut-il.
Fiche élevage
SCEA Raguenes à Ploumoguer (Finistère)
« PSA ne signifie pas un arrêt des traitements »
Claudio Trombani, vétérinaire Breizhpig
« La vaccination contre l’iléite hémorragique a permis à Sébastien Raguénès de diminuer durablement le nombre de porcs traités avec des antibiotiques pour des signes cliniques liés à cette maladie. Il lui a permis de s’engager dans une filière sans antibiotique dès la naissance. Il faut cependant souligner que cet engagement ne signifie pas un arrêt total des traitements médicamenteux dans l’élevage. Tout porc malade doit être soigné par tous les moyens mis à disposition des éleveurs, y compris les antibiotiques s’ils s’avèrent nécessaires. »
« Maîtriser la biosécurité interne »
Hervé Pellau, technicien Evel’up
« La vaccination des porcelets contre Lawsonia intracellularis protège efficacement les porcs charcutiers des signes cliniques liés à cette bactérie. Mais d’autres actions doivent être mis en œuvre dans les élevages pour optimiser l’efficacité de la vaccination. Des mesures de conduite et de biosécurité interne peuvent efficacement atténuer, voire supprimer les signes cliniques : amélioration du confort des animaux, notamment avec le préchauffage des salles à l’entrée des animaux par un système de chauffage d’appoint et jusqu’à une semaine après si besoin en fonction de la saison, alimentation adaptée à leur potentiel de croissance, et surtout limitation des risques de transmission du germe dans les salles. L’introduction dans une case d’une personne dont les bottes sont souillées de déjection est un vecteur important de contamination. Il faut donc limiter au maximum ces introductions et mettre en place des mesures préventives telles que la pose de pédiluves à l’entrée des salles et le changement de bottes entre les différentes zones d’élevage. »
Les trois formes d’expression du Lawsonia intracellularis
L’infection d’un porc par la bactérie Lawsonia intracellularis peut se traduire par trois formes différentes: