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Atouts et défis du modèle porcin français

Si l’élevage porcin français diverge des autres pays dans le monde par ses spécificités, le modèle français présente des atouts et défend sa place. Toutefois, il concentre des défis à relever, avec au centre, l’investissement et la modernisation.

<em class="placeholder">Porcins / bâtiment d&#039;engraissement équipé d&#039;une ventilation centralisée par une gaine béton sous le couloir central</em>
Selon l’Ifip, l’agrandissement et la concentration des élevages en France devraient se poursuivre avec une complexification des exploitations en multisites et multisociétés.
© Réussir

Troisième pays producteur de porcs en Europe depuis 1990, la France, en bon gaulois, se démarque de ses principaux concurrents, par ses « spécificités ». Une des spécificités de la production porcine française est d’être représentée par des élevages naisseur-engraisseur quand ailleurs dans le monde, se développe la spécialisation, les grandes tailles d’élevage ou l’intégration. « En France, les exploitations qui pratiquent le naissage et l’engraissement rassemblent 80 % des truies et plus de 60 % des places d’engraissement », remarque Christine Roguet lors de la journée de l’Ifip sur l’Économie de la filière porcine. La taille familiale avec 230 truies en moyenne en 2020, cache en réalité une forte disparité et une grande diversité de types de production.

Lire aussi : Maintenir la production porcine bretonne par une augmentation de la production par éleveur : utopie ou réalisme ?

Quoi qu’il en soit, la France reste compétitive par rapport à ses concurrents au regard du coût de revient notamment. « En moyenne sur 2020-2024, le coût de revient du porc français sorti élevage était légèrement inférieur à celui de l’Espagne et à l’Allemagne en raison notamment d’un prix d’aliment plutôt bien placé », indique Christine Roguet qui souligne la bonne place du critère de productivité des truies derrière le Danemark et les Pays-Bas. De plus, la cohérence des systèmes liés au sol, l’autonomie alimentaire, le travail familial sont des facteurs de résilience en plus des performances technique, économique et sociale. Côté atouts, l’élevage français repose sur une organisation collective et une moindre dépendance à l’export.

Le défi du naissage et de la modernisation

Concernant les défis, le recul du naissage est un premier enjeu. « Entre 2020 et 2024, un site de naissage sur cinq a disparu quand le cheptel truie a été réduit de 13 %. C’est autant qu’entre 2010 et 2020 », indique l’économiste. L’impact a été compensé par le gain de productivité des truies. « La solution en France est le naissage collectif qui se développe davantage », rapporte Christine Roguet.

Les autres défis, bien connus, sont relayés par le président de l’interprofession porcine, Philippe Bizien : le bien-être animal, la protection de l’environnement, la compétitivité des élevages… sans oublier l’attractivité des salariés et des nouveaux éleveurs puisque 40 % des porcs sont détenus par des éleveurs de plus de 55 ans. Cela passe par la modernisation et l’augmentation de la taille des élevages. La filière doit investir mais « les investissements sont trop modestes », alerte Philippe Bizien. « La seule solution est de simplifier les démarches administratives, de faciliter le regroupement des élevages et de soutenir l’innovation. Cela consiste à mettre en place une procédure ICPE spécifique à l’élevage. On ne peut plus avoir les mêmes normes que l’industrie ! ».

Comment financer la transition agroécologique

Enfin, qui pour payer la transition agroécologique (empreinte carbone…) et les 5 milliards d’euros annoncés par la filière pour créer et reprendre 1 000 élevages sur dix ans ? « Tout n’est pas une question d’argent public », s’est défendu Martin Guitton, directeur général de FranceAgriMer. Du côté des banques, on plaide pour l’agrandissement et la modernisation des outils. « Il faut lier cette transition agroécologique avec la modernisation des outils : à chaque fois qu’on modernise, on améliore conjointement les performances économiques et environnementales des élevages », a partagé Jean-Rémi Bertheleu, responsable Marchés agriculture du Crédit Agricole des Côtes d’Armor. « La transition se paiera par l’amélioration de la compétitivité dans les outils. Qu’on libère un peu les énergies pour que les éleveurs puissent investir. »

 

Un atout : son bilan carbone

On le sait le premier atout du porc est sa viande très abordable auprès du consommateur. Entre 2021 et 2023, la côte de porc était en tête des prix les plus avantageux pour 20 g de protéines à moins de 50 centimes (prix consommateur). Ce que l’on sait moins, est qu’elle présente une empreinte carbone plutôt faible, proche du canard et du poulet. En résumé, « le bilan carbone de la consommation annuelle de porc par habitant, soit 31 kg de viande, est inférieur à un aller-retour Paris-Toulouse en voiture thermique », souligne Anne Hémonic de l’Ifip.

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