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Un certificat de spécialisation, pour quoi faire ?

Les apprenants sont opérationnels pour différents métiers une fois leur certificat de spécialisation ovin en poche. Parcours de jeunes actifs.

 

S’installer en association

Caroline Roger a trouvé sa voie après avoir fait plusieurs métiers qui n’avaient rien à voir avec l’agriculture pendant 10 ans. Elle s’est installée avec son frère à Quebriac en Bretagne au 1er janvier 2015. « Nos parents étaient éleveurs mais en vaches laitières et veaux de boucherie. Quand mon frère s’est installé en ovins en 2012, je suis allée l’aider dès que les brebis sont arrivées. Et cela m’a plu ! » Caroline décide alors de suivre en certificat de spécialisation pendant six mois car dit-elle « elle n’y connaissait rien ! ». Aujourd’hui, ils ont 600 brebis à tous les deux, 450 femelles de race mouton vendéen en sélection et 150 romanes avec vente en circuit court pour la viande.

Reprendre une exploitation en individuel

François Leclerc a terminé son certificat de spécialisation en mai 2016. Au 1er octobre 2016, il s’installe en individuel sur un élevage d’agneaux de prés-salés sur la commune de Courtils dans la Manche, en baie du Mont Saint Michel. Il reprend 250 brebis, 23 hectares et les bâtiments en location du cédant, Alain Chauvois. Pour 2017, ses autorisations de pâturage sur le domaine public maritime seront portées à 305 brebis. François est actuellement en parrainage et en contrat de transmission (dispositif conçu pour faciliter l’installation hors cadre familial) avec son prédécesseur. « Les herbus étaient un grand terrain de jeu quand j’étais enfant, témoigne-t-il. Les brebis faisaient partie de mon environnement quotidien même si je ne suis pas issu du monde agricole ». Après l’obtention d’un diplôme d’ingénieur Arts et Métiers, il travaille dix ans dans les travaux publics. En 2011, il commence à s’intéresser à l’élevage ovin. Il rencontre des éleveurs et des techniciens et par ce biais, Alain, qui cherchait un repreneur après sa retraite. « J’ai pris le temps de la réflexion pour être sûr que ce métier me plaise. J’y suis allé étape par étape et pour moi, ce n’est pas du temps perdu. En 2015, j’ai décidé de faire le CS pour accumuler les connaissances et les avis. J’ai beaucoup appris ».

Être salarié agricole en attendant de s’installer

Émilien Chaillou est actuellement salarié dans une Cuma en Bretagne. Depuis qu’il a fini son certificat de spécialisation en 2014, il a commencé par travailler sur l’exploitation en brebis laitières à côté de Rennes sur laquelle il va s’installer au 1er octobre 2017. Puis, il est parti en Écosse pour une campagne d’agnelage dans un élevage de 2 800 brebis. « J’ai eu l’opportunité de revenir travailler à côté de chez moi en Bretagne assez facilement. Je pense que j’aurais pu trouver aussi en Aveyron car j’avais de bonnes relations avec les éleveurs lors du certificat de spécialisation que j’ai fait là-bas. J’ai effectué un parcours scolaire agricole mais je ne suis pas issu du milieu agricole. Étant Breton, j’ai d’abord été intéressé par les vaches. Mais j’ai quitté les vaches pour les chèvres puis j’ai quitté les chèvres pour les brebis. Aujourd’hui, je suis sûr de mon choix ! »

Patrice Dumontet est salarié à temps partiel depuis qu’il a fini le certificat de spécialisation, en mai 2015. « J’étais déjà agriculteur en polyculture et j’ai décidé de monter un troupeau de 200 brebis. Mais comme je n’y connaissais rien, j’ai choisi de suivre un certificat de spécialisation ovin pendant six mois. Mon maître de stage cherchait un salarié et il m’a proposé le poste. Son exploitation est à 12 kilomètres de chez moi et c’est très pratique ». Patrice a commencé à 30 heures par semaine puis est passé à 15 heures avec pour objectif d’arrêter le salariat cet automne pour se consacrer à son exploitation. « Il faut du temps pour monter un troupeau. En 2017, j’aurai atteint mes objectifs ».

Un emploi salarié de conseiller ovin dans une chambre d’agriculture

Clémence Sutra a été embauchée à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire tout de suite après le certificat de spécialisation. Le premier entretien a été le bon ! Titulaire d’un brevet de technicien supérieur agricole en productions animales, elle avait opté pour cette formation afin de se perfectionner. « J’ai découvert le milieu ovin un peu par hasard car j’ai un ami qui a des brebis, explique-t-elle. J’ai travaillé un peu chez lui et cela m’a plu. Mais après mon BTS, il me manquait des connaissances techniques et je ne me sentais pas du tout prête à conseiller des éleveurs ». Son travail consiste à faire du suivi réglementaire et à aider les éleveurs à être à jour en matière de registre d’élevage. « Nous avions abordé cette question en certificat de spécialisation et j’ai rapidement été opérationnelle. Et puis, les éleveurs savent que j’ai les connaissances techniques et que cela m’intéresse. Nous en profitons pour discuter aussi de la conduite du troupeau ». Actuellement en contrat à durée déterminée pour 18 mois, Clémence espère être embauchée en contrat à durée indéterminée en fin d’année.

Un emploi de conseiller ovin dans une organisation de producteurs

Après un brevet de technicien supérieur en productions animales et un certificat de spécialisation ovin à la suite, Mélanie envisageait plutôt du salariat en exploitations. Elle avait découvert la production ovine lors d’un stage à Vendée Sèvres ovin. Mais elle pensait ne pas avoir le bagage nécessaire pour travailler après son BTS. Quatre mois après la fin du certificat de spécialisation, alors qu’elle travaille au service de remplacement, Mélanie postule à une offre d’emploi de technicien à Ovi-Ouest. « J’ai été embauchée tout de suite et j’y suis toujours, explique-t-elle. Même s’il est vrai que j’avais des connaissances avec le certificat de spécialisation, j’ai aussi beaucoup appris avec le technicien que j’allais remplacer à sa retraite. Je l’ai suivi en élevages pendant six mois ». Mélanie ne regrette pas ce choix. Aujourd’hui, elle conseille 55 éleveurs ovins en Bretagne et en Mayenne. « Mon travail me plaît car il est varié. J’apprécie d’être en contact avec les éleveurs. Et leurs questions ne sont pas les mêmes ». Et elle conclut : « le certificat de spécialisation est une bonne formation. Il faut la conseiller ».

Ils connaissent tout de la production ovine, ou presque !

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