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Quatre actus ovines débattues en Paca avec la FNO

En ce début d’année 2026, la Fédération nationale ovine organise des assemblées générales dans chaque région pour élire ses administrateurs. L’occasion de débattre des sujets d’actualité, comme c’était le cas en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Un patou garde un troupeau de brebis en estive dans les Hautes-Alpes.
Début janvier, l'arrêté transposant le déclassement du loup dans le droit français a été reporté.
© Réussir SA

En 2026, la Fédération nationale ovine (FNO) renouvelle ses administrateurs, élus pour des mandats de trois ans. À cette occasion, des assemblées générales sont organisées dans chaque région, où sont conviés les élus départementaux. L’objectif est double : élire les administrateurs représentant chaque région, et faire un point sur les sujets d’actualité.

Cinq administrateurs ont été élus pour la région PACA. ©R. Leconte

Après la région Grand-Est, c’était au tour de la région PACA de tenir son assemblée générale, le 28 janvier à La Tour-d’Aigues, près d’Aix-en-Provence, en présence de Michèle Boudoin, présidente de la FNO, et d’Alexandre Saunier, membre du bureau. Tour d’horizons des sujets d’actualité qui ont animé les discussions lors de cette assemblée.

 

Loup : évolutions réglementaires

Face aux manifestations agricoles de janvier, le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé relever le seuil de prélèvement des loups de 10 %, passant de 19 à 21 %. Comme l’a rappelé Michèle Boudoin, « une augmentation de 2 % du plafond était déjà prévue dans la loi », si le plafond de 19 % était atteint avant la fin de l’année. Le nombre de loups étant estimé à 1082, ce sont donc 228 individus qui pourraient être abattus en 2026, soit 22 animaux de plus que prévu.

Lire aussi : Déclassement du loup : « une douche froide » pour la FNO

Une mesure jugée insuffisante pour la FNO, qui demande de rehausser le plafond des tirs. Le syndicat réclame aussi que tous les éleveurs puissent avoir recours à des louvetiers, sans exigence de mise en place de moyens de protection, et que les mesures soient les mêmes entre zones historiquement peuplées par le loup et fronts de colonisation. Des assouplissements des règles d’engagement de tir sont aussi attendus dans la loi d'urgence agricole annoncée par Sébastien Lecornu. En plus du loup, elle devrait concerner la prédation des ours et des vautours.

Lire aussi : Crise agricole : que demandent les syndicats à Sébastien Lecornu, avec quels moyens de pression ?

La problématique de la prédation cristallise des attentes fortes en région PACA. Deuxième région ovine avec quasiment 600 000 brebis, elle comporte des foyers historiques d’établissement du loup et concentre plus de la moitié des attaques de loups en France. Certains élus des FDO de PACA réclament donc de « sortir des quotas de prélèvement » pour faire baisser le nombre d’attaques de 25 %. « Nous sommes en première ligne, mais nous n’avons pas les moyens de nous défendre », rappelle l’un d’entre eux. L’autorisation d’utiliser des lunettes à visée thermique pour traquer le loup fait aussi partie de leurs réclamations.

 

Sanitaire : appel à prudence

Alarmés par l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, la FNO, Interbev et France Brebis Laitière travaillent à anticiper les risques sanitaires en élevage ovin. Depuis 2024, les pays des Balkans et surtout la Grèce, sont durement frappés par la peste des petits ruminants et la clavelée. La réponse sanitaire à la clavelée étant l’abattage total des troupeaux, ce sont 417 000 ovins et caprins qui ont été abattus en Grèce en un an, soit 5 % du cheptel national.

Lire aussi : Variole caprine et clavelée : où se situent ces maladies en Europe ?

« Aucun cas n’a été déclaré en France ou dans ses pays limitrophes, mais la prudence reste de mise, car des flux d’ovins existent entre la France et la Grèce », rappelle Alexandre Saunier, membre du bureau et éleveur ovin en Saône-et-Loire. Et de rappeler l’importance de notifier tout mouvement de troupeaux, y compris entre des sites appartenant à la même exploitation. « Nous vous incitons à être les plus rigoureux possible quant aux mouvements des animaux, face aux risques de propagation des maladies. »

Lire aussi : Déclarez les mouvements saisonniers de vos ovins et caprins

Un enjeu prégnant en région PACA où l’élevage transhumant est dynamique. Les élus présents ont pu partager leurs préoccupations, faisant remarquer que les transhumances entre régions différentes entraînaient des complications administratives. D’autant que ces déclarations s’avèrent parfois lourdes car elles doivent même être faites pour un seul animal. Comme lorsqu’une brebis malade doit être ramenée d’estive.

 

UE : davantage de libre-échange

Un nouvel accord de libre-échange a été conclu le 27 janvier entre l’Union européenne et l’Inde. Il prévoit d’abaisser de 33 % à 0 % les droits de douane indiens sur la viande ovine française. Les droits de douane européens devraient être abaissés de 50 % sur 3 500 tonnes de viande ovine indienne. Si les volumes concernés par cet accord sont minimes, « l’ouverture croissante du marché européen reste un mauvais signal envoyé aux éleveurs », déplore Michèle Boudoin.

Lire aussi : Accord UE-Inde : qu’en est-il de la viande ovine ?

En parallèle, les négociations entre l’UE et l’Australie sur un accord de libre-échange ont repris en mai 2025, ce qui n’augure rien de bon selon la FNO. Le syndicat craint que l’Australie ne souhaite emboîter le pas à la Nouvelle-Zélande qui a obtenu de pouvoir exporter 163 770 tonnes de viande ovine à droits nuls en UE à horizon 2031. D’autant que la viande ovine produite en Australie ne correspond « ni aux normes de production européennes, ni aux standards de consommation français » estime Rachel Legrand, chargée de mission à la FNO. La viande ovine australienne, plus âgée, a un goût plus prononcé. Cet accord pourrait être conclu au premier semestre 2026, sans qu’on ne sache quand exactement.

 

PAC 2028 : premiers éléments

Les premiers éléments connus sur la PAC 2028-2034 promettent de grands changements à venir. Le budget de la PAC ne sera plus à part, mais fera partie d’un budget unique alloué à l’agriculture, à la cohésion et à la sécurité. Charge ensuite à chaque Etat membre d’élaborer un plan national pour répartir ce budget aux différents postes de dépense, dont l’agriculture. La PAC sera ainsi moins « commune », laissant une grande flexibilité aux Etats membres.

Lire aussi : Budget PAC 2028-2034 : malgré l’annonce des 45 milliards d’euros mobilisables « le compte n’y est pas pour la France », estime Farm Europe

Le premier pilier et le deuxième pilier de la PAC devraient être fusionnés. « Cela pourrait signifier que davantage d’aides devront être cofinancées par la France. » avance Rachel Legrand. Les aides au revenu (droits à paiement de base, paiement redistributif, etc) devraient aussi être fusionnées en une aide unique. En revanche, « l’indemnité compensatoire de handicaps naturels sera maintenue », mais avec un cofinancement de la part de la France d’au moins 30 %.

Un bonus pour l'aide ovine

Une enveloppe de 15,2 millions d’euros de crédits PAC non consommés a été redirigée vers l’aide ovine pour 2026 et 2027. Elle est donc revalorisée à hauteur d’environ 2 euros par brebis.

 

Le tour de France de la FNO

Les assemblées régionales se poursuivront tout au long du 1er trimestre, en amont du congrès national de la FNO, qui aura lieu les 29 et 30 septembre à Agde dans l’Hérault. Les membres du nouveau conseil d’administration y entreront en fonction, et éliront un nouveau président ainsi qu’un bureau. Des figures marquantes de la FNO devraient tirer leur révérence, parmi lesquelles Brigitte Singla, secrétaire générale, Jérôme Redoulès, trésorier, Jean-François Cazottes, secrétaire général adjoint, et Michèle Boudoin, à la présidence depuis 2011. « C’est une belle carrière, qui a beaucoup enrichi ma vie. Merci pour tous les échanges durant ces années. » a-t-elle déclaré à l’assemblée générale de la région PACA.

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