« Rester en bio ? Pour cet élevage ovin, la réponse est oui ! »
Face à la baisse de la demande en agneaux bio, la question de la déconversion se pose dans de nombreux élevages ovins. Le réseau Inosys « Systèmes Ovins bio » s’est penché sur la question à partir d’un cas concret, et a démontré l’intérêt économique de rester en bio pour cette exploitation.
Face à la baisse de la demande en agneaux bio, la question de la déconversion se pose dans de nombreux élevages ovins. Le réseau Inosys « Systèmes Ovins bio » s’est penché sur la question à partir d’un cas concret, et a démontré l’intérêt économique de rester en bio pour cette exploitation.
« Avec des contraintes supplémentaires et une valorisation en bio qui plafonne, est-ce toujours intéressant pour moi de garder ma certification ? » Cet éleveur de 300 brebis allaitantes s’est installé en 2005 sur l’exploitation familiale. Elle était alors déjà en agriculture biologique, ce qui correspondait à ses aspirations.
Mais face à la baisse de la demande d’agneaux bio, et à la valorisation plus fréquente de ses agneaux en Label rouge, l’éleveur s’interroge sur l’opportunité de déconvertir son exploitation. Dans l’hypothèse où il passe en conventionnel, l’excédent brut d’exploitation (EBE) augmente de 2 500 euros… ce qui ne suffit pas à couvrir la perte de l’éco-régime et du crédit d’impôt.
+2 500 euros de marge
L’exploitation est déjà autonome en fourrages et produit 75 % des concentrés consommés. Une autonomie qui est vue comme une clé de réussite par l’éleveur. En cas de déconversion, il ne souhaite donc pas changer profondément ses pratiques. Il fertiliserait davantage ses céréales pour atteindre un rendement de 45 quintaux par hectare et vendre un excédent d’orge. Même si la surface fourragère permet d’augmenter les effectifs du troupeau, la place en bâtiment reste limitante.
La marge brute par brebis progresserait ainsi de 22 euros, grâce à l’économie des charges alimentaires. La marge brute des cultures diminuerait de 275 euros par hectare, à cause d’une moindre valorisation unitaire. Au total, l’EBE progresserait de 2 500 euros.
Les aides perdues ne sont compensées
Mais une déconversion est aussi synonyme d’une baisse des aides liées à la conduite en bio. Dans cette exploitation, l’éco-régime rapporte 0,30 euro par kilo carcasse et le crédit d’impôt 0,80 euro par kilo carcasse.
Dans l’hypothèse d’une déconversion, le droit à l’éco-régime passerait de 96 à 66 euros par hectare, et le crédit d’impôt de 4 500 euros ne serait plus perçu. Or, ces pertes ne seraient pas compensées par la progression des marges : le manque à gagner serait de 3 000 euros au total.
D’autres pistes pour améliorer le revenu
Même en gardant les surfaces en agriculture biologique et en conduisant le troupeau ovin en conventionnel, la perte s’élève à 2 000 euros. Suite à cette étude et à un échange avec sa conseillère, l’éleveur choisit finalement de ne pas arrêter sa conduite en bio, mais de travailler sur ses performances techniques.
Une augmentation de 0,5 kilo du poids carcasse des agneaux permettrait ainsi d’augmenter de 1 200 euros l’EBE, tandis qu’un recul de 20 % à 13 % de la mortalité générerait 3 000 euros supplémentaires.
Fiche élevage
- 1 unité de main-d’œuvre
- 53 ha, dont 23 de prairies temporaires, 16 de prairies naturelles, 10 de méteil et 4 d’orge vendue
- 300 brebis race à viande
- Taux de mise bas 87 %
- Taux de prolificité 157 %
- Taux de mortalité des agneaux 20 %
- Productivité numérique 1,09 agneau par brebis
- Fourrages 300 kg de matière sèche par an et par brebis
- Concentrés 170 kg de matière sèche par an et par brebis