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Travail
Mutualiser et s’organiser pour gérer ovins et bovins

La mixité ovin-bovin suggère la conduite simultanée de deux ateliers avec des besoins spécifiques en termes de temps de travail, de matériel, de conditions de logements. La réflexion doit se faire à l’échelle de l’exploitation.

« Les vêlages et les agnelages s’enchaînent, on sait que pendant trois mois on ne va pas dormir beaucoup, assume Arnaud Dupont, éleveur en Saône-et-Loire d’ovins et de bovins allaitants. Mais on se relaie et on sait que le reste de l’année, nous n’avons plus de mise bas à gérer. » À trois sur l’exploitation, il est plus facile de se répartir les tâches. Sur les gros chantiers, en plus des mises bas, Arnaud peut compter sur l’aide de son frère et de sa mère, qui sont ses associés. Et certains travaux sont communs à la conduite des ovins et des bovins. « Potentiellement les ovins peuvent pâturer sur toutes parcelles, comme les bovins. Nous devons nous assurer que toutes les clôtures sont étanches pour les moutons, c’est un chantier de grande ampleur », souligne Arnaud Dupont. Cependant, l’atelier ovin demande plus de travail que les bovins. « Ramenée à l’UGB, notre troupe ovine représente 10 % du cheptel, mais au niveau du temps de travail on dépasse cette proportion », souligne Arnaud, qui a la charge de l’atelier ovin.

Comme dans un système mono spécifique, l’observation de la pousse de l’herbe doit être rigoureusement suivie pour s’assurer de la quantité de fourrage présente pour les deux espèces. « Comme les ovins et les bovins sont au pâturage en même temps, nous observons tous les deux les niveaux d’herbe quand nous sommes sur les parcelles, développent les frères Dupont. Quand l’herbe vient à manquer, il nous suffit d’ouvrir une porte sur un autre parc. Cela est bien entendu possible dans notre cas avec notre gros îlot de parcelles d’un seul tenant. »

Si au pâturage, les observations des éleveurs et des équipes de l’Inrae n’ont fait état d’aucun incident entre les deux espèces qui « généralement ne se mélangent pas », d’après Arnaud Dupont, un autre problème peut se poser. « Quand on veut sortir par exemple les vaches d’un parc, il faut savoir ruser pour que les brebis ne suivent pas. »

Les avantages de la mixité ovin-bovin au pâturage sont multiples. D’autres aspects, connus ou en voie d’exploration sont également à noter. Nous avons brièvement abordé la question du parasitisme. Les troupeaux bénéficient d’un effet de dilution de leurs parasites respectifs (qui ne sont pas les mêmes entre ovins et bovins, permettant une diminution de l’utilisation des anthelminthiques et du nombre de traitements. D’autre part, la mixité simultanée au pâturage serait-elle un moyen de limiter la prédation des ovins par les loups grâce à la présence imposante des vaches ? Des études pourraient être menées en ce sens.

Réutiliser des bâtiments bovins pour les moutons

 

 
Laurent Solas, conseiller ovin à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. © B. Morel

 

« Depuis début 2000, je n’ai plus le droit de mettre des bovins dans mon bâtiment qui se trouve au milieu des maisons, explique Pascal Meulé, éleveur dans la Nièvre. Alors plutôt que de laisser à l’abandon cette belle bâtisse qui date du XIXe siècle, je l’utilise pour l’hivernage des moutons. » Avec une surface au sol de 40 par 12 mètres, il y a largement la place pour accueillir ses 125 brebis et leurs agneaux, dont les agnelages sont très groupés. « C’est en accord avec ma stratégie qui consiste à ne pas avoir de gros investissements à l’atelier ovin, tout en gardant un confort de travail correct », précise l’éleveur, pragmatique. Tout est modulable dans le bâtiment ovin qui s’avère très fonctionnel.

Pour les associés du gaec Dupont en Saône-et-Loire, la réflexion est la même, on essaye de mutualiser les équipements. « On a adapté la contention bovine pour qu’elle puisse convenir pour les ovins, mais on a quand même équipé la bergerie comme il faut pour se simplifier le travail », stipule Arnaud Dupont.

Laurent Solas, conseiller ovin à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire

Maintenir la cohésion entre associés avec plusieurs ateliers

 

 
Laurent Solas, conseiller ovin à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. © B. Morel

 

« Au niveau d’un gaec, la présence de deux ateliers ovins et bovins permet une répartition du travail entre les associés. Chacun a son périmètre de travail bien défini et cela peut éviter de se marcher sur les pieds, tout en étant sûr que le travail a été fait. Cela permet d’optimiser le temps de travail et des allers-retours inutiles pour savoir qui a fait quoi. Chaque atelier a ses spécificités et il n’est pas toujours évident de tout connaître de l’élevage ovin et de l’élevage bovin. D’où une répartition des tâches qui va jusqu’à la répartition des connaissances.

Si chacun est responsable de son atelier, il y a une cohésion qui est maintenue entre les associés. Dans le même temps, il faut évidemment que tous aient un minimum de compétences sur chaque production afin de pouvoir venir en renforts lors des gros chantiers, notamment les mises bas. Tout comme chacun doit pouvoir faire au minimum les soins lorsque le responsable d’atelier est absent. Avec la mixité au pâturage, il est nécessaire de bien communiquer car le système se base sur le partage de la ressource en herbe. Enfin, le fait d’avoir différentes productions sur la même exploitation offre aux associés et éventuels salariés une ouverture d’esprit vers d’autres méthodes de travail et d’autres filières agricoles. »

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