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Les fêtes de la transhumance

Le concept de fête de la transhumance est une création des années 70. Réparties surtout sur les massifs de l’arc méditerranéen, ces fêtes attirent de nombreux touristes.

Les éleveurs organisateurs de la fête de Saint-Rémy de Provence en 2011
Les éleveurs organisateurs de la fête de Saint-Rémy de Provence en 2011
© LGeffroy

Les premières fêtes de la transhumance se sont mises en place à partir des années 70 (Istres en 1975, Aubrac en 1982, Saint-Rémy de-Provence en 1984), mais leur développement s’est accentué dans les années 90. On en compte aujourd’hui une cinquantaine, réparties sur tous les massifs de l’arc méditerranéen. Le phénomène touche aussi l’Espagne, l’Italie et l’Autriche.
Ces fêtes attirent jusqu’à plusieurs milliers de personnes. Elles sont désormais installées dans le paysage des fêtes thématiques agricoles. Même si le concept de fête de la transhumance est une création, il existe également un sentiment d’antériorité dans la tradition: la transhumance à pied a toujours été un moment « hors du temps », avec un caractère de rencontre, voire festif à quelques occasions, notamment lors de la traversée de certains villages. Il s’agit d’une activité ancrée dans l’histoire mais bien vivante, fondée sur le passage d’un ou de plusieurs troupeaux qui sont bien réels, avec souvent de jeunes éleveurs en activité à leur tête.
Ces fêtes sont organisées par différents acteurs. Soit des éleveurs, les revendications sont alors centrées autour de la filière de l’élevage, notamment par rapport à une agriculture parfois considérée comme devant disparaître de certains territoires. La fête de Saint-Rémy-de- Provence par exemple est née dans un contexte où la transhumance, pratiquée depuis quelques années uniquement en camion, avait perdu toute visibilité. L’idée est alors venue à un petit groupe d’éleveurs de la remettre en lumière au travers d’une fête organisée autour du passage de plusieurs troupeaux de la commune dans les rues d’un village, par ailleurs à forte attraction touristique. D’autres fêtes sont réalisées sous l’égide des offices du tourisme, des municipalités… Elles sont alors orientées vers la promotion d’un territoire ou d’une commune, d’un développement touristique, à l’échelle d’un public extrêmement vaste.
Enfin, les fêtes peuvent être organisées en partenariat entre des éleveurs et une association culturelle ou le service culturel d’une collectivité locale. L’accent y est dès lors mis sur la dimension culturelle de l’élevage transhumant, sa connaissance, sa promotion et sa défense.
Ces fêtes participent d’un phénomène ritualisé : il existe un « modèle fête de la transhumance », avec pour élément central le passage du troupeau, qui constitue le moment fusionnel avec le public. Plusieurs cercles d’acteurs sont mobilisés : celui des professionnels, celui des amis qui, ce jour-là, donnent un coup de main et celui des touristes.Tous les médias permettant de valoriser la dimension culturelle de la transhumance peuvent être sollicités : expositions, projections de films, veillées, spectacles… Le programme comprend souvent des démonstrations de chiens de troupeaux ou de tonte, une foire aux produits locaux, un repas… La mise en place de ces fêtes répond d’évidence au besoin d’un nouveau mode de communication entre un public très urbain et des acteurs du monde rural.

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