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L’agnelage dans les meilleures conditions possibles

La difficulté des chantiers d’agnelage, la répétition des gestes, les allers-retours multiples pour le petit matériel, pour l’identification, pour la gestion des cases… Toutes ces contraintes de travail peuvent être réduites en optimisant la zone de chantier et en améliorant ses postures. Cela passe par l’aménagement des bâtiments mais aussi par une multitude de petites astuces, développées par les éleveurs eux-mêmes, pour une amélioration à moindre coût. En effet, l’aménagement de la bergerie pour l’agnelage est souvent un compromis entre un « idéal » et ce qu’il est possible de faire avec l’existant et le budget. Vous retrouverez dans ce dossier des modes d’organisation possibles accompagnés du point de vue des éleveurs et d’astuces d’éleveurs.

Une brebis bien alimentée au moment de l'agnelage risque moins d'avoir des complications et pourra mieux subvenir aux besoins de ses agneaux.
Une brebis bien alimentée au moment de l'agnelage risque moins d'avoir des complications et pourra mieux subvenir aux besoins de ses agneaux.
© B. Morel

Déterminante dans le nombre d’agneaux vendus et donc dans le revenu, la période d’agnelage est dense en matière de travail : 80 % des éleveurs reconnaissent qu’ils sont surchargés. Afin de faciliter la surveillance et ainsi de limiter les mortalités, les éleveurs mettent en œuvre des modes d’organisation en lien avec les équipements existants et leur façon de travailler.

 

 
Sandrine Rivière du GAEC Pech Rivière (Lot) – 1600 brebis Causse du Lot : « Nous avons réduit la durée des luttes d’un mois à 3 semaines pour mieux surveiller les agnelages».
Sandrine Rivière du GAEC Pech Rivière (Lot) – 1600 brebis Causse du Lot : « Nous avons réduit la durée des luttes d’un mois à 3 semaines pour mieux surveiller les agnelages». © Ciirpo
Si l’aménagement de la bergerie est essentiel pour travailler dans le confort, la concentration des mises bas facilite la surveillance. Sandrine Rivière du Gaec Pech Rivière (Lot) explique que depuis cette année, « le Gaec participe à une étude(1) sur la réduction de la durée des luttes avec leur organisation de producteurs. Nous les avons concentrés sur trois semaines. Les premiers résultats sont encourageants ».

 

Des luttes courtes suivies d’un constat de gestation

François de Chenerilles, éleveur à Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire), a choisi de synchroniser l’ensemble du troupeau. « La durée des mises bas est réduite à 10 jours au maximum pour chaque lot, témoigne François. Cela me laisse plus de temps pour ma famille ». Loïc Mercier, installé à Nibelle (Loiret), a également diminué la durée des luttes des F1 île de France x Romanov, Romane et Romanov : « J’ai remarqué que les 15 dernières brebis qui mettaient bas allongeaient la durée des agnelages de 15 jours. J’ai donc réduit à 21 jours de lutte après 10 jours avec des béliers vasectomisés. Les premiers résultats du constat de gestation indiquent 87 % de fertilité ».

L’anticipation à la préparation des agnelages se poursuit avec le constat de gestation. Taille de la portée, stade de gestation : ces informations simplifient la surveillance lorsque les brebis sont allotées en bergerie.

Un agnelage serein avec des brebis en état

Enfin, l’alimentation en fin de gestation joue un rôle essentiel sur la vigueur des agneaux à la naissance. Le travail à l’agnelage est directement impacté si les besoins alimentaires des brebis ne sont pas couverts. Selon les résultats d’une étude(2), une restriction alimentaire de 20 % en énergie et en azote entraîne une augmentation de 19 % des aides majeures à la tétée des agneaux, c’est-à-dire plus d’une fois pour le même agneau, comparé à celles des agneaux dont les mères étaient correctement nourries. Pour Loïc Mercier, « des brebis bien nourries en fin de gestation et l’apport de colostrum aux agneaux qui n’en ont pas suffisamment, sont les deux conditions pour mettre toutes les chances de son côté pour réussir l’agnelage ».

¹ Étude réalisée dans le cadre du projet Astravovin financé par les régions Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Auvergne Rhône Alpes et l’Agence nationale de la cohésion des territoires.
² Étude conduite en 2017 au Ciirpo, sur le site expérimental du Mourier (87) dans le cadre d’un projet piloté par Fedatest (43) et financé par FranceAgriMer.

Repères

"Amtravovin : mieux vivre son métier d’éleveur ovin", est un projet Casdar qui contribue à l’amélioration de l’attractivité du métier d’éleveur. De nouvelles formes d’organisation du travail, individuelles et collectives, ont été identifiées en France mais aussi en Espagne et au Royaume-Uni. La seconde originalité de cette étude est la production de repères ergonomiques lors de chantiers tels que le parage, l’agnelage… toujours dans une optique d’amélioration des conditions de travail.

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