Jeune installée
Justine, éleveuse de brebis Bizet en Gironde : « Je travaille au quotidien avec mes trois chiens de troupeau »
Justine Caron n’est pas issue du milieu agricole. Pourtant, sa passion pour les chiens de conduite l’a amenée à s’installer en production ovine, avec un projet d’alimentation 100 % à l’herbe.
Justine Caron n’est pas issue du milieu agricole. Pourtant, sa passion pour les chiens de conduite l’a amenée à s’installer en production ovine, avec un projet d’alimentation 100 % à l’herbe.
Jeune passionnée de chien de conduite et plus particulièrement de border collie, je voulais me diriger vers la production ovine. Même si je n’étais pas issue du milieu agricole, je voulais en faire mon métier, mon cadre de vie. Je voulais associer mon avenir dans le monde ovin à une race rustique, une race qui corresponde à mon mode de vie, celui de bergère passionnée. Je souhaitais une race française, résiliente face au parasitisme, et capable de valoriser, nettoyer et utiliser toutes sortes de milieux pour me diriger vers un système 100 % herbe.
Un travail de longue haleine
J’ai commencé mon parcours à l’installation avec la chambre d’agriculture de la Gironde en septembre 2023, à la sortie du Certificat de spécialisation Ovin viande de Bellac. Pendant mes recherches, je suis tombée sur la race Bizet qui m’a plu pour son physique, sa rusticité, son taux de production et son caractère. J’ai contacté Gaëtan Grenet à l’OS ROM qui m’a mise en relation avec plusieurs éleveurs sélectionneurs en Haute-Loire, Cantal et Aveyron.
En mai 2025, afin de concrétiser mon projet, j’ai acheté les bâtiments : deux bergeries, une infirmerie, un magasin, une chambre froide, un bâtiment de stockage de fourrage, un atelier et un bâtiment de stockage de matériel.
J’ai ensuite loué des terrains de 13 hectares à deux kilomètres de la ferme, puis commandé les brebis à l’OS ROM. J’ai vu mes premiers animaux descendre du camion en juillet 2025. J’ai commencé par 50 brebis et 100 agnelles, et je souhaite arriver à 300 brebis d’ici quatre à cinq ans en vitesse de croisière, en restant à échelle humaine puisque je suis installée seule.
Une année minutieusement planifiée
Les agneaux sont élevés à l’herbe sous les mères, pour le moment avec de l’aliment complet puis vers un système 100 % herbe. Ils sont abattus à environ 38 kilos et découpés localement, dans une boucherie à la ferme. Pour le moment, j’ai très peu d’agneaux, ce qui me permet d’assurer le transport en louant un camion frigo. Les demi-agneaux sont vendus sous vide à la ferme.
Les brebis sont en lots de 50 à 100 têtes, permettant de nettoyer plusieurs espaces à la fois. Elles sont déplacées tous les trois à dix jours selon la hauteur d’herbe et la taille de la parcelle, sur le modèle du pâturage tournant. Les agnelles sont mises aux béliers en avril-mai pour un agnelage du 1er septembre au 15 octobre. Les brebis, elles, sont mises aux béliers en juillet-août pour un agnelage du 1er décembre au 15 janvier. Elles agnellent en bâtiment et sortent dix jours après la dernière mise bas. Elles sont régulièrement contrôlées par coproscopie pour déparasiter intelligemment par lot.
Une passion pour les chiens de troupeau
Je travaille au quotidien avec mes trois chiens de troupeau. En parallèle, j’anime trente sessions de formation de chiens de conduite par an, et j’élève des borders collies, avec une portée par an. Pour rendre cette activité complémentaire possible, j’ai obtenu l’Attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d’espèces domestiques en 2024.
En tant qu’éleveuse de brebis et de chiens de troupeau, on ne voit pas les jours passer. Alors je me permets des journées d’excursion avec mes Border collies en concours interraces de chiens de troupeau. Ces concours me permettent d’échanger avec d’autres éleveurs en activité ou retraités. C’est un soutien que je ne néglige pas. L’exploitation comptera bientôt parmi ses membres un chien de protection, qui permettra aux agneaux de pâturer sereinement sans se soucier de la prédation.