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Je cherche à améliorer les performances du troupeau 

Dès son arrivée sur l’exploitation familiale en 2016, Cindy Simon, à Bonnet dans la Meuse, a cherché à moderniser l’atelier ovin en vue de son installation.

Cindy Simon, 25 ans, est à la tête d’une exploitation de polyculture élevage de 139 hectares. © A. Peucelle
Cindy Simon, 25 ans, est à la tête d’une exploitation de polyculture élevage de 139 hectares.
© A. Peucelle

J’ai rejoint mon père sur l’exploitation après mon BTS Acse. Je suis enfant unique et, en tant que fille, il ne s’attendait pas forcément à ce que je reprenne la ferme. Le troupeau était passé de 200 à 150 brebis et persistait surtout dans le but de valoriser les surfaces non labourables. Mon père partait du principe que l’on pouvait faire du mouton avec pas grand-chose. C’est vrai, mais en tant que passionnée d’élevage, j’ai eu à cœur de travailler sur les performances techniques du troupeau. Rapidement, j’ai fait revenir le troupeau à son effectif initial de 200 têtes en vue de mon installation au 1er janvier 2019. J’ai avant tout cherché à moderniser l’exploitation. Dès mon arrivée sur la ferme, j’ai installé le logiciel Ovitel pour garder un œil sur les performances de l’atelier ovin. J’apporte une attention particulière à la sélection et au renouvellement des brebis. J’ai mis en place un parc de contention : ce sont beaucoup de petits investissements mais qui apportent du confort de travail.

Si mon père gardait parfois des brebis jusqu’à sept ou huit ans, je suis plus draconienne sur les résultats. Dès qu’une brebis à un problème, je la réforme. J’achète mes béliers directement chez un éleveur et je les sélectionne sur des critères de gabarit et capacité de production. La généralisation des échographies de dénombrement me permet de former des lots en fonction de la taille des portées pour optimiser l’alimentation après l’agnelage. J’ai également acheté un Border Collie alors que mon père n’en a jamais eu sur la ferme. Le dressage représente un travail conséquent mais cette aide me semble indispensable pour pouvoir travailler seule sur la ferme. À long terme j’aimerais bien pouvoir construire une nouvelle bergerie et éventuellement agrandir le troupeau. Lors des agnelages, mes brebis sont réparties dans quatre bâtiments différents. Et certains d’entre eux ne sont vraiment pas fonctionnels… Rassembler le troupeau permettrait de gagner en temps et en confort de travail.

Je suis déterminée à continuer malgré le loup

Si les résultats techniques sont au rendez-vous, de nouveaux défis se profilent. La succession d’étés secs m’a poussé à augmenter de 10 ha ma surface de prairie pour assurer l’autonomie fourragère. Aujourd’hui c’est le loup qui est ma plus grande crainte. Il s’est installé dans la région depuis 2014 et les attaques se multiplient. J’ai acheté un chien de protection mais, malgré cela, j’ai perdu une dizaine de brebis l’année dernière. C’est un crève-cœur d’arriver le matin et de trouver huit brebis par terre… Mon technicien m’a conseillé de créer un parc sécurisé pour les protéger du loup durant la nuit. Je les rentre donc dans cet enclos chaque soir. En plus du travail que cela représente, les faire passer la nuit dans cette pâture n’est pas trop en accord avec ma vision du bien-être animal. La parcelle n’est pas belle, toute l’herbe y est broutée, mais mieux vaut les savoir en sécurité… Je n’ai pas envie d’arrêter à cause du loup. J’ai repris l’exploitation en connaissance de cause. Si j’y suis obligée, je mettrais davantage de parcelles en herbe et j’installerais de grandes clôtures, mais j’espère ne pas en arriver là. »

Le parc antiloup

En plus de la clôture en barbelé traditionnel, un filet électrique déplaçable muni de fils conducteurs peut être installé. Le filet de protection doit mesurer au minimum 1,2 m de haut pour être efficace. Le filet est constitué d’une alternance de fils conducteurs positifs et négatifs. Le loup reçoit ainsi une décharge en entrant en contact avec plusieurs mailles du filet. Un loup ayant reçu une première décharge se tiendra éloigné de la clôture par crainte du courant. Le filet correspond ainsi à une barrière physique et psychologique pour le prédateur.

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