Aller au contenu principal

Espace rural
Inquiétante régression des prairies en France

Pas moins de 4 millions d´hectares d´herbe ont disparu en trente ans. Une prise de conscience de sa valeur agri-environnementale devient nécessaire.


Plus insidieuse que l´apparition de friches, la régression des prairies est devenue réalité. Le savent les éleveurs bretons qui ont retourné haies et bocages pour céder à l´attirance du maïs ou les éleveurs ovins de Poitou-Charentes qui se trouvent cernés par des céréaliers encouragés par les primes PAC. Mais plus grave encore, le phénomène devient communautaire et les surfaces en prairies ont régressé de 12 % dans l´Union européenne.
©J. Diependaele


Maintien en montagne
Sur l´Hexagone, la prairie concerne 34 % des surfaces. La prime à l´herbe lancée en 1993 pour le maintien des élevages extensifs a rencontré un réel succès mais cela est resté surtout perceptible en montagne. Ainsi, en Auvergne, on compte 80 % de bénéficiaires de cette prime, 55 % dans les Alpes du Nord contre 17 % seulement en Champagne-Ardenne et 3 % en Bretagne. En tout, 5 millions d´hectares ont été contractualisés. La raison : le maïs paie plus que l´herbe en terme de primes et la PHAE demeure mal adaptée à l´élevage français. Pour l´AFPF (Association française pour la production fourragère) la prairie demeure mal identifiée. Pourtant, à terme, c´est elle qui à travers les mesures agri-environnementales doit servir à protéger la ressource en eau. Il lui revient de filtrer les pollutions diverses, d´être une zone d´expansion des crues, de réguler les écoulements. La prairie doit aussi maintenir la biodiversité mais celle-ci ne bénéficie pas d´indicateurs mesurables.

C´est pourtant à travers les mesures agro-environnementales de la future PAC que seront financés les éleveurs français. Il devient donc urgent de fixer des critères permettant de connaître en quoi une prairie est redevable d´aides au maintien, à l´amélioration ou - pourquoi pas - au retournement pour le resemis.

Les plus lus

Trois loups
Déclassement du loup : « une douche froide » pour la FNO
Le statut du loup est passé d’espèce « strictement protégée » à « protégée » au niveau européen. Afin de…
En Dordogne, « nous produisons 1 800 agneaux par an en baissant la mortalité »
Les associés du Gaec de Vialette, en Dordogne, produisent des agneaux toute l’année grâce au désaisonnement lumineux. Néanmoins,…
Une éleveuse se tient devant le Mont-Saint-Michel
« Je vois chaque jour le Mont-Saint-Michel » : Claire est intermittente en élevage ovin
Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en agronomie et passionnée de laine, Claire Bourgart a fait un certificat de spécialisation (…
Des brebis sont nourries au cornadis.
Agnelage : des rations aux petits oignons en fin de gestation
L’alimentation des brebis en fin de gestation a des répercussions directes sur la vigueur des agneaux à la naissance. Le travail…
<em class="placeholder">Léopold Hennon </em>
Deux-Sèvres : « Je limite le parasitisme du troupeau ovin grâce à la diversité fourragère »
Jeune éleveur bio, Léopold Hennon mise sur la diversité des prairies et un pâturage tournant serré pour protéger ses 150 brebis…
Pastoralisme en Anjou : le renouveau d’une ancienne pratique
En Maine-et-Loire, plusieurs éleveurs se sont installés ces dernières années en système pastoral. Pâturage des vignes et couverts…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre