Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Ils ont retenu des bonnes pratiques néo-zélandaises

Le voyage a permis de s’imprégner d’idées neuves pour gérer l’herbe ou le troupeau. Petite revue des bonnes pratiques qui ont inspiré les éleveurs français.

Pas de deuxième chance pour les brebis vides

Les Néo-zélandais ne laissent aucune chance aux brebis ou agnelles vides à l’échographie. « J’applique ce système depuis deux ans sur mes brebis, explique François Bachellerie, éleveur de 1 000 brebis en Haute-Vienne. Celles qui sont vides partent à l’abattoir au lieu de manger de l’herbe pour rien ». En deux ans, son taux de fertilité est passé de 80 % à environ à 95 % aujourd’hui. « On avait tendance à garder des jolies bêtes en se disant qu’elles ne sont peut-être pas mauvaises mais, au final, elles n’avaient pas d’agneaux pendant plusieurs années. Les Néo-zélandais voient leurs brebis comme un gagne-pain, pas comme un animal de compagnie. »

Des gros lots pour limiter l’astreinte

« Les éleveurs néo-zélandais se cassent moins la tête que nous, témoigne François Bachellerie. Comme eux, j’ai augmenté la taille des lots en passant d’une douzaine de lots de 90 à 100 brebis à 6 ou 7 lots de 150 à 200 bêtes. Et comme c’est plus vite fait de voir six lots que 12, je gagne facilement une heure de surveillance par jour ». En Nouvelle-Zélande, les changements de parcelles fréquents, tous les deux à trois jours, sont l’occasion de surveiller visuellement le troupeau.

Des clôtures qui tiennent 40 ans

Pour créer des paddocks où le troupeau ne va rester que deux à trois jours, les éleveurs néozélandais quadrillent leurs prairies de clôtures résistantes. « Leurs clôtures sont prévues pour durer 40 ans, apprécie Pascal Babaudou, éleveur de 250 brebis. Ils utilisent des piquets de bois fabriqués à partir d’une essence d’arbre locale imputrescible ou de pin autoclavé. » La clôture est assurée par une bonne rangée de fils, de 6 à 9 selon les exploitations visitées, dont une partie est électrifiée. « Nous n’avons pas vu un mètre de grillage ursus dans tout le séjour. » Ce découpage en paddocks oblige à prévoir un point d’abreuvement par parcelle. « Nous avons vu beaucoup de bacs à niveau constant alimentés par gravité grâce à des réserves d’eau à l’air libre ».

La meilleure herbe pour des agnelles qui mettent bas plus tard

Les agnelles sont l’avenir du troupeau et les Néo-zélandais l’ont bien compris en leur laissant souvent la meilleure herbe. « J’ai adopté ce système chez moi et ça marche bien, explique Frédérique Mariaud qui élève 300 brebis sur 80 hectares. Mon lot d’agnelles passe sur les parcelles juste avant les brebis. On ne peut pas demander des performances aux jeunes ovins tout en les poussant à raser l’herbe. Chez moi, je laisse cette tâche au lot de brebis luttées et âgées. » Afin de laisser les agnelles se développer, l’usage néo-zélandais est de les mettre à la reproduction plus tard. « Je mets maintenant mes agnelles au bélier à l’âge de 7 à dix mois contre 5 à 7 mois auparavant, explique François Bachellerie. Elles sont plus matures sexuellement et chez moi la prolificité a augmenté ».

Du plantain avec les légumineuses

Le plantain est vraiment la plante à la mode en Nouvelle-Zélande. « J’ai augmenté la part de trèfle et j’intègre systématiquement du plantain lancéolé dans mes mélanges, explique François Bachellerie. C’est une plante assez rustique qui pousse n’importe où et qui résiste à la sécheresse. Elle permet de finir plus vite les agneaux. Dans un essai sur les plantes à tanins que nous avons réalisé dans le cadre du GIEE du Nord Haute-Vienne, nous avons vu que nous gagnons trois semaines de finition des agneaux par rapport à une prairie normale ». Le plantain et ses tanins auraient des vertus contre les strongles gastro-intestinaux. « Nous observons de manière répétée que des agneaux qui pâturent du plantain n’ont aucun problème de performances et ne manifestent aucun symptôme lié à une infestation parasitaire » décrivait Trevor Cook, vétérinaire de Feilding, rencontré lors du voyage.

Uniquement de l’herbe pour alimenter le troupeau

Le voyage en Nouvelle-Zélande a conforté Fiona Elliot dans son système 100 % herbe. Depuis son passage en bio en 2010, elle ne donne plus de concentrés à ses 850 brebis. « Chez nous, l’herbe pousse dix mois sur douze et nous avons étalé les agnelages en trois lots de janvier à juin pour suivre la pousse de l’herbe ». L’éleveuse réserve les meilleures parcelles aux agneaux lourds et les parcelles près de la maison sont gardées pour l’agnelage. Ces surfaces près de l’habitation sont aussi utilisées à l’automne avec une bonne hauteur de stock sur pied. « Les Néo-Zélandais ne font pas de stocks en foin, en enrubannage ou en ensilage » décrit Frédérique Mariaud qui a aussi arrêté de faire les foins. « Mon matériel était trop vieux et c’est dommage de perdre la valeur et le volume d’un super repas ». L’éleveuse achète cependant encore un peu de foin mais de moins en moins. « Cet hiver, mes brebis adultes n’ont eu ni granulés ni foin ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

À défaut de tonte, éliminer la laine souillée autour de la queue et de la vulve facilite la monte par les béliers.  © Ciirpo/Idele
Pas de tonte pendant la lutte
Avec le confinement lié au Covid-19, la tonte assurée par des tondeurs professionnels risque fort d’être reportée. Tondre plus…
Le site boutique.agneaudelaitdespyrenees.com propose des agneaux à commander jusqu'au 8 avril.
Un drive d’agneau de lait des Pyrénées en Béarn et Pays Basque
Dans les Pyrénées-Atlantiques, les coopératives Caoso, Axuria et AOBB se sont unies pour organiser une vente directe et proposer…
Bruno Damiens, éleveur de brebis allaitantes en Ardèche.
[Les éleveurs ovins face au coronavirus – 1] Des annulations et des incertitudes
Face aux mesures de confinement pour tenter d'endiguer l'épidémie de covid-19, les filières agricoles tentent de s'organiser. La…
Les professionnels ovins cherchent des chambres froides pour stocker provisoirement les agneaux abattus.  © D. Hardy
Les conséquences de l’engorgement du marché
Face à une offre excédentaire et une consommation morose, le principal risque est un engorgement du marché de la viande ovine,…
La prédation par le loup impacte fortement les résultats économiques de l'exploitation.
Le loup entraîne un surcoût de 4 600 à 12 100 euros par exploitation
La prédation par les loups entraîne des pertes de production et des frais de protection qui ne sont pas assez compensés par les…
Les dégâts de l'ours sont passés de 516 animaux domestiques tués ou blessés en 2018 à 1 173 en 2019. © M. Paunovic
Toujours plus d’ours, plus d’attaques, plus de victimes
52 ours ont tué au moins 1 173 animaux l’an dernier dans les Pyrénées.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8,00€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre