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Christian Menut, 60 ans, éleveur ovin dans le Var
« Harcelé par la prédation du loup, notre élevage ovin aura une analyse de vulnérabilité »

L’hiver a été particulièrement meurtrier pour l’élevage de Christian et Guillaume Menut… © Menut
L’hiver a été particulièrement meurtrier pour l’élevage de Christian et Guillaume Menut…
© Menut

Christian Menut, 60 ans, éleveur ovin dans le Var

« Harcelé par la prédation du loup, notre élevage ovin aura une analyse de vulnérabilité »

« Cela fait sept ans que notre troupeau subit les attaques des loups. En décembre 2019, les loups étaient même entrés dans la bergerie et plus d’une vingtaine de brebis avaient été éventrées, blessée ou tuée. Cet hiver, les attaques se sont à nouveau intensifiées. 145 bêtes ont péri en trois mois soit 16 % du troupeau, sans compter les avortements, dommages collatéraux des attaques meurtrières. Pourtant tous les moyens de protection ont été mis en place, avec des filets et six patous toujours aux aguets. Même si l’État et l’Europe prennent en charge une partie des frais du contrat de protection, nous devons assumer 20 % des dépenses, soit plusieurs milliers d’euros à débourser, pour des mesures qui s’avèrent inefficaces…

Déboiser les collines varoises ?

Excédés par toutes ces attaques, nous avons eu la visite du préfet référent du plan loup, Jean-Paul Celet, accompagné de la Draaf, la brigade loup, les louvetiers et la FNO. Depuis un mois, nous avons eu la protection de la brigade loup et trois équipes de deux brigadiers se relayent de 18 h 30 jusqu’à 23 heures avec des lunettes à vision infrarouge. Les loups ont été aperçus mais ils ne se sont pas approchés. Nous allons aussi bénéficier d’une analyse de vulnérabilité qui sera réalisée par le Cerpam. Cela devrait nous donner des recommandations techniques pour adapter les moyens de protection à notre élevage. Ceci dit, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de solutions. On ne va pas couper tous les arbres de nos collines boisés ni enfermer les animaux toute l’année… Débroussailler et ouvrir davantage le milieu et ne serait pourtant pas un mal, autant pour limiter la prédation que pour lutter contre les feux de forêt. Selon la FNO, les analyses de vulnérabilité pourront être déployées en 2021 aux 200 fermes les plus prédatées. Pourquoi pas mais, en attendant, c’est à nous d’avancer les frais de cette étude, ici de l’ordre de 6 000 euros. Des accompagnements financiers supplémentaires sont donc nécessaires que ce soit au niveau du ministère de l’Agriculture que des collectivités territoriales.

Inquiet pour l’avenir

Je suis très inquiet pour la pérennité du métier d’éleveur ovin dans la région. Le pâturage des brebis est pourtant un moyen de lutter contre les incendies. C’est dur aussi pour les bergers qui s’usent à la tâche et se dégoûtent vite de porter les cadavres ou des brebis agonisantes. Nous sommes réduits à attendre les attaques et voir le fruit de notre travail ruiné en quelques instants. Je trouve cette situation inadmissible, tout cela pour satisfaire une poignée d’écolos qui habitent en ville et ne sont pas confrontés au problème. L’état est dépassé. Il y a trop de grosses meutes et il faudrait une battue administrative. Sinon, les collines vont être abandonnées… »

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