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Des lactations sur couverts végétaux

Les couverts végétaux assurent la lactation des brebis sans apport de concentré. La seule limite reste la biomasse disponible, souvent incertaine.

Brebis au pâturage sur couverts vagétaux
Les croissances des agneaux allaités sur couverts végétaux sont équivalentes à celles des agneaux d’herbe sur prairies.
© Ciirpo

La valeur alimentaire des couverts végétaux couvre les besoins des brebis en lactation, y compris celles avec deux agneaux. Quelle que soit sa composition, le couvert affiche environ 0,9 unité fourragère lait (UFL) par kilo de matière sèche pour 90 grammes de protéines digestibles dans l’intestin (PDI).

Selon une étude réalisée de 2021 à 2023 à l’Inrae de Bourges (1), les croissances des agneaux sous la mère sont typiques de celles d’agneaux d’herbe : environ 200 grammes par les agneaux allaités doubles et 300 grammes pour les simples.

Un rendement incertain pour les couverts

Le chargement était de l’ordre de huit à neuf brebis par hectare avec un rendement qui variait de 2 à 8 tonnes de matière sèche selon l’année et les parcelles. L’apport de concentré ou de fourrage stockés (foin ou paille) est inutile. Les brebis pâturent jour et nuit sans transition alimentaire particulière. Les intérêts potentiels d’un chargement instantané (nombre de brebis sur la parcelle à un moment donné) très élevé n’ont fait l’objet d’aucune étude.

Plusieurs modes de pâturage se pratiquent avec des changements de parcelles allant de la journée à la semaine, voire davantage. Ce qui caractérise tout particulièrement les couverts végétaux, c’est leur rendement incertain, la levée étant soumise à la pluviométrie estivale.

Tout se pâture

Au Ciirpo, sur le site d’innovation et de recherche du Mourier (Haute-Vienne), elle a été conséquente seulement une année sur deux en moyenne sur la dernière décade. Cela signifie que des stocks de sécurité doivent impérativement être prévus. En effet, 350 kilos de matière sèche de fourrage stockés (foin et enrubannage) et 180 kilos de concentré (céréale, protéagineux…) sont nécessaires par brebis sur une campagne en cas de manque de rendement des couverts.

Les brebis s’accommodent de la quasi-totalité des graminées, légumineuses et brassicassées semées après la moisson. Seules quelques-unes d’entre elles présentent des inconvénients (2).

Attention à la moutarde

La moutarde, qu’elle soit blanche, brune ou d’Abyssinie, peut être problématique, au moins en semis en pure. Parce qu’elle est riche en glucosinolates, la moutarde va interférer avec la synthèse des hormones thyroïdiennes, une des principales causes de pathologie (provoquant entre autres des problèmes de reproduction). De plus, la gesse et la vesce velue ne doivent pas être consommées en graines.

Enfin, les mesures de bien-être animal réalisées à l’Inrae de Bourges en janvier 2023 indiquent des brebis en bon état corporel en fin de lactation sur les couverts.

Deux races les pâturaient avec leurs agneaux. Les brebis Berrichon du Cher affichaient une note moyenne de 3 (grille de 0 à 5, de très maigre à très grasse) contre 2,6 pour les Romane. Parmi les 200 brebis, 5 % présentaient une boiterie quelle que soit la race. Et malgré la pluviométrie, la peau était sèche sous la laine malgré une toison humide. Des boiteries ont également été enregistrées chez 2 % des agneaux. Si aucun problème respiratoire n’est à déplorer, la propreté des flancs reste à surveiller, 8 % ayant montré des salissures.

(1) Étude Sobriété pilotée par Bio Centre et financée par le conseil régional du Centre-Val de Loire.
(2) Connaître les plantes toxiques grâce à Vegetox.envt.fr.

Patricia Falourd, salariée à l’Inrae de Bourges (Cher)

Soyons vigilants sur les boiteries

« Lors du pâturage des couverts, nous n’avons pas observé d’infestation parasitaire sur les brebis ni les agneaux. En revanche, il faut être vigilant sur le pâturage des couverts implantés après un travail du sol car il y a eu des cas de boiteries liées à l’échauffement. La surveillance, une intervention et un traitement rapide sont nécessaires afin d’éviter trop de complications ».

Morgane Audiguier, Inrae

« Des animaux paisibles »

 

 
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Morgane Audiguier, ingénieur de recherche à l'Inrae : « Les ovins expriment leur comportement naturel dans le pâturage des couverts, sans stress ni nervosité. » © DR

« Quelle que soit la race, Berrichon du Cher ou Romane, les brebis et les agneaux expriment leurs comportements naturels : ils pâturent, ruminent, se déplacent, sans expression de nervosité ou de mal-être. Ils ne sont pas stressés. »

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