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Des feuilles aussi riches que d’autres fourrages

Riches en azote et digestibles, les feuilles d’arbres sont une ressource fourragère de secours ou à intégrer dans la ration.

Des feuilles, des feuilles, des feuilles ! De 2014 à 2017, des chercheurs de l’Inra de Lusignan, dans la Vienne, ont collecté plus de 500 échantillons de feuilles d’arbres afin de les analyser et évaluer leur valeur alimentaire. Ces feuilles issues d’une cinquantaine d’espèces d’arbres, arbustes et lianes ont été collectées dans différentes régions et à différentes saisons. Séchées ou congelées rapidement, ces feuilles ont été analysées sur leur valeur nutritive (fibre, matières azotées totales, digestibilité enzymatique, minéraux, tanins condensés…)

Plus d’azote en fin de printemps et sur les arbres coupés

Les feuilles des arbres présentent une grande variabilité avec, par exemple, des matières azotées totales allant de 6 à 29 %. Mais, à 14,6 % de MAT en moyenne, les feuilles s’en sortent aussi bien que les fourrages cultivés. « Nos ligneux ne sont pas ridicules par rapport à nos fourrages, estime Jean-Claude Émile de l’Inra de Lusignan. Ils peuvent même être bien meilleurs que des fourrages classiques ». Les feuilles de mûrier blanc (17 % de MAT et 85 % de digestibilité) et le frêne (15 % de MAT et 72 % de digestibilité) s’avèrent des espèces d’excellente valeur alimentaire. Le châtaignier, le noyer, le tilleul, l’aulne ou l’orme présentent aussi de bonnes valeurs.

La saison influe sur la valeur nutritive et la composition. Les feuilles sèchent en allant vers l’été alors que la teneur en matière azotée totale diminue, passant de 17 % en moyenne en juin à 12 % en octobre. La digestibilité est aussi meilleure au printemps puis elle reste stable entre l’été et l’automne. Autre observation de l’Inra, le mode d’exploitation influe sur la valeur nutritive et la composition. Ainsi, lorsque l’arbre est conduit en trogne, têtard ou cépée, les feuilles sont plus riches en azote qu’un arbre de haut jet.

Mettre des animaux sur échasses pour pâturer les feuilles ?

« Les feuilles d’arbre constituent une ressource fourragère à ne pas négliger pour alimenter un troupeau, insiste Jean-Claude Émile. Soit, en se gardant la possibilité de couper les branches en cas de sécheresse, soit de façon plus volontariste en intégrant les feuilles dans la ration du troupeau à l’été et à l’automne. » Cependant, de nombreuses questions pratiques restent à résoudre… Comment faire pâturer ces ressources d’altitudes ? « En mettant les animaux sur les échasses ? » sourit Jean-Claude Émile. Comment implanter les arbres et comment protéger les pousses ? Faut-il couper les troncs à 50 cm du sol pour laisser les repousses accessibles ? On suivra pour cela l’essai mené à la ferme du Pradel en Ardèche qui tente de concilier la production de biomasse et la survie de l’arbre, tout en limitant les interventions mécaniques.

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