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Des croisements Rava x Île de France x Charollais en zone céréalière

Les races rustiques s’adaptent aussi aux zones céréalières. Exemple avec Michael Regnault en Côte-d’Or et ses brebis F1 Rava croisées avec du Charollais.

Les ovins valorisent les couverts et la luzerne et pâturent les parcelles de blé. © DR
Les ovins valorisent les couverts et la luzerne et pâturent les parcelles de blé.
© DR

Mon grand-père avait des animaux sur la ferme et j’arrive derrière mon père qui s’était spécialisé en grandes cultures. » Le passage à l’élevage ovin s’est fait tout naturellement pour Michael Regnault (39 ans), dans la foulée de rencontres sur l’agriculture de conservation. Lors d’une formation, il découvre la race Rava et à « presque un coup de foudre pour la race. Je recherchais une race française, adaptée à nos conditions », poursuit l’éleveur.

La brebis Rava comme support du croisement à double étage

En août 2018, l’exploitation accueille un premier lot de 160 agnelles F1 Rava x île de France et 14 Rava pures. Et le premier agnelage au printemps suivant se passe très bien. Sa femme, fille d’éleveurs de bovins, a la responsabilité des animaux et des agnelages. « On ne se relève jamais la nuit », précise la famille. Et les résultats suivent : sur la campagne 2020, après l’arrivée d’un nouveau lot de 60 agnelles, 96 % de fertilité, 180 mises bas et 320 agneaux commercialisables. Les femelles F1 sont mises en lutte avec des béliers Charollais qui apportent le supplément de conformation qui convient à la filière bourguignonne. Les têtes de lots sont vendues à 90 jours, nourries uniquement au pâturage.

Les animaux consomment les couverts et de la luzerne

L’arrivée des ovins sur la ferme avait surtout pour objectif de mieux valoriser les productions végétales et de limiter, voire supprimer les apports extérieurs. « Nous sommes en quasi plein air intégral. Les animaux consomment des couverts et de la luzerne. Nous ne semons pas de graminées. En sortie d’hiver, les parcelles de blé pâturées ressemblent plus à un terrain de rugby mais l’enracinement et le tallage permettent des rendements céréales équivalents. » L’engagement dans l’agriculture biologique, l’année dernière, a conforté la famille Regnault dans ses choix. Sur le sanitaire, les traitements sont limités au maximum, avec la vaccination des agneaux contre l’entérotoxémie et des agnelles contre la chlamydiose.

Michael Regnault représente bien l’évolution des agriculteurs installés dans le croissant herbager du nord et de l’ouest du Massif central, où l’élevage était très présent jusque dans les années quatre-vingt lorsque les évolutions de la PAC ont conduit au remplacement de la polyculture-élevage par les grandes cultures. L’élevage ovin a un avenir tout tracé dans ces zones intermédiaires, pour peu que les éleveurs utilisent une combinaison de mères rustiques et de béliers améliorateurs.

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