Ces principes de biosécurité simples à appliquer en élevage ovin
Le retour de certaines maladies ovines en Europe rappelle tout l’intérêt d’appliquer les principes de la biosécurité. Peu coûteuses, ces mesures concernent surtout l’organisation du travail.
Le retour de certaines maladies ovines en Europe rappelle tout l’intérêt d’appliquer les principes de la biosécurité. Peu coûteuses, ces mesures concernent surtout l’organisation du travail.
« Tous les éleveurs appliquent des mesures de biosécurité… sans le savoir ! », affirme Emmanuel Garin, docteur vétérinaire de GDS France, lors d’un webinaire Inn’ovin. « La biosécurité est une démarche qui vise à protéger un troupeau. Ses mesures sont en général très simples. » L’intérêt de la biosécurité ? Prévenir les maladies, pour protéger la santé et le bien-être des animaux, limiter les pertes de production et améliorer le quotidien de l’éleveur. Or, le retour de la clavelée et la variole ovine sur le territoire européen, mettent la biosécurité au goût du jour.
Réorganiser le travail
« C’est de l’organisation du travail », explique Emmanuel Garin. Il s’agit de faire en sorte que les agents pathogènes ne rentrent pas dans l’élevage, via l’humain, les nouveaux animaux, la faune sauvage ou les nuisibles. Mais aussi de ralentir leur circulation et d’éviter que ces pathogènes ne sortent de l’élevage pour en contaminer d’autres. Pour y parvenir, une simple réorganisation des pratiques et parfois, de l’agencement de l’élevage, suffit. La plupart de ces mesures sont peu coûteuses. « La première sentinelle est l’éleveur. Mais il est conseillé de se faire accompagner par un conseiller ou un GDS pour construire son plan de biosécurité, et raisonner à 360°. »
Définir un zonage de l’élevage
Pour commencer, définir trois types de zones sur l’exploitation, selon les niveaux de risque. Le but est de limiter la diffusion d’agents pathogènes d’une zone à l’autre. La première zone, la « zone d’élevage », la plus à risque, est celle où se trouvent les animaux. Seules les personnes indispensables au fonctionnement de l’élevage y sont autorisées. La deuxième est la « zone professionnelle », qui entoure la zone d’élevage avec l’alimentation, le matériel et le fumier. C’est là que circulent les personnes et véhicules autorisés, comme dans le cas d’un transport d’animaux ou d’une livraison d’aliment. La troisième est la « zone publique », comprenant les bâtiments d’habitation, l’aire d’équarrissage et le parking. Tout le monde est libre d’y circuler.
Appliquer le principe de la marche en avant
Ce zonage est à combiner avec le principe de la marche en avant, qui s’applique au quotidien. « Cette mesure consiste à travailler sur l’exploitation en allant du secteur le moins à risque à celui le plus à risque, sans revenir sur ses pas. Idéalement, on rend d’abord visite aux animaux sains puis aux malades. » Mais ce principe peut aussi s’appliquer lors de la conception d’un nouveau bâtiment. « Par exemple, en évitant de positionner l’infirmerie au milieu de l’endroit où les brebis mettent bas », illustre Emmanuel Garin.
Gérer les flux de visiteurs
Tondeurs, vétérinaires ou simples visiteurs… une ferme peut accueillir beaucoup de monde. « L’éleveur est légitime d’imposer des mesures de biosécurité auprès de quiconque de passage sur son élevage », martèle le vétérinaire. Il recommande de préparer un point d’eau et une brosse pour permettre aux visiteurs de laver leurs mains et leurs bottes. Des surbottes peuvent aussi être mises à disposition. Dans l’idéal, les véhicules sont garés le plus loin possible de la zone d’élevage. Enfin, l’aire d’équarrissage est située proche de la voie publique, pour éviter que l’équarrisseur ne traverse l’exploitation.
Agir dans la mesure du possible
Les mesures de biosécurité sont bien sûr à adopter dans la mesure du possible. Elles doivent être compatibles avec l’organisation de l’exploitation et du foncier, proportionnées aux risques spécifiques de l’élevage et adaptées au contexte épidémiologique local. « Les mesures de biosécurité sont souples », rappelle Emmanuel Garin. « En conclusion, il y a autant de biosécurités que d’élevages en France. »