Clavelée et variole caprine : où se situent ces maladies en Europe ?
Virus voisins de la dermatose nodulaire contagieuse, la clavelée et la variole caprine touchent l’Europe du Sud depuis l’automne 2023. Le point sur les symptômes et la progression de ces maladies pouvant impacter sévèrement la santé des petits ruminants.
La variole caprine et la clavelée (ou variole ovine) sont provoquées par des virus du genre Capripoxvirus, qui comprend également le virus de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins. Ces virus, génétiquement proches mais distincts, sont responsables de maladies infectieuses sévères chez les petits ruminants.
Sur le plan clinique, la variole caprine et la clavelée présentent des signes très similaires. Après une phase fébrile peu spécifique, les animaux développent des lésions cutanées caractéristiques : papules, vésicules, pustules, puis croûtes et nodules. Ces lésions peuvent être localisées (sous la queue, sous le torse ou autour de la bouche) ou généralisées, parfois très volumineuses, et s’accompagnent d’atteintes respiratoires. Des œdèmes des paupières peuvent provoquer des larmoiements. « Ces symptômes peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies des petits ruminants, notamment la peste des petits ruminants (PPR) ou l’ecthyma », soulignait cependant Adama Diallo, vétérinaire retraité du Cirad et expert des maladies infectieuses pour la FAO lors d’une séance de l’Académie vétérinaire de France. Seule l’analyse moléculaire permet d’identifier précisément le virus en cause, d’autant plus que les virus de la variole caprine peuvent infecter des moutons et inversement.
Des virus longtemps cantonnés aux zones tropicales
« Historiquement, la variole caprine et la clavelée étaient principalement présentes en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient et en Asie, explique le chercheur. Elles ont quasiment disparu d’Europe au cours du vingtième siècle, avant de réapparaître récemment. » La plateforme ESA relate ainsi que les foyers de clavelée ont fait des apparitions en Turquie en 2006, dans des îles grecques en 2018 et en Espagne en 2022. À l’automne 2023, des cas ont ressurgi dans le sud de l’Europe. Ainsi, en cumulé depuis juillet 2025, la Grèce compte plus de 1 500 foyers, la Bulgarie 182 foyers, la Roumanie 21 foyers et la Serbie 3 foyers. La Macédoine du Nord a détecté un premier foyer en janvier 2026 sur un élevage ovin. La France, quant à elle, est officiellement indemne de la clavelée.
Modes de transmission et enjeux de contrôle
Pour la variole caprine et la clavelée, la transmission se fait principalement par contact direct et par voie respiratoire, notamment lors des mouvements d’animaux. Les insectes piqueurs pourraient aussi diffuser les virus des varioles ovines et caprines mais de façon beaucoup moins marquée que pour celui de la DNC des bovins. Le guide pratique de diagnostic et de gestion des épizooties indique que la lutte repose sur la détection précoce et des mesures sanitaires incluant l’abattage, la surveillance des cheptels et la définition de zone de protection et de surveillance. La vaccination est également possible.