« Mon robot m’aide à laver seule mes poulaillers »
L’achat d’un robot de lavage a réduit par deux le temps de lavage des bâtiments de poulets de chair de Sylvie Roche à l’Earl Les Roches Agri à Bazougers en Mayenne.
L’achat d’un robot de lavage a réduit par deux le temps de lavage des bâtiments de poulets de chair de Sylvie Roche à l’Earl Les Roches Agri à Bazougers en Mayenne.
Sylvie Roche, éleveuse de volailles de chair à Bazougers en Mayenne sur 3 000 m², forme un binôme de lavage avec son robot. « Aujourd’hui, je ne m’en passerais pas », affirme-t-elle. Le travail avec un prestataire extérieur ne s’étant pas révélé opérationnel, Sylvie et son mari Anthony Roche décident de faire venir un robot de lavage sur leur élevage pour le tester il y a quatre ans. Après les réglages et un essai sur la moitié du poulailler, deux heures après, le robot Procleaner P200 du danois Washpower était acheté. « Nous avons été convaincus de suite », rapporte l’éleveuse. L’exploitation regroupe non seulement l’activité avicole mais aussi la production de céréales sur 180 hectares et la prestation de services (semis, moisson…). Le temps de travail est géré au plus près par Sylvie et son mari. « Avant il fallait 17 heures pour laver 1 800 m², maintenant il ne faut plus que 8 heures. Avec deux jours de lavage, physiquement, c’était devenu impossible. Je faisais tendinite sur tendinite… », explique-t-elle, ayant au final divisé par deux le temps de lavage. Deux bâtiments, conduits en tout plein-tout vide, sont lavés sur un intervalle de huit jours, l’un de 1800 m² en sol béton et l’autre de 1200 m² en terre battue.
Moins de pénibilité, plus de motivation
« Mais cela reste une machine, le robot ne lave pas seul tout le poulailler. » En effet, Sylvie Roche complète le lavage mais son travail avec une pompe kärcher est devenu « plus simple ». Après le départ des volailles du bâtiment en sol béton, l’éleveuse programme un premier cycle de lavage « dépoussiérage » d’une demi-heure voire d’une heure selon l’état. Le chariot est tiré par le quad à l’autre bout du bâtiment d’une longueur de 100 m et revient vers la base avec l’enroulement du flexible. Placé au milieu du bâtiment, le jet d’eau du robot balaie le sol, le plafond, les murs et le matériel. Ensuite, Sylvie Roche retire avec sa pompe et sa lance les salissures détrempées sur le sol durant une heure environ. Le robot entame un deuxième cycle avec le moussage. « Je rince alors les pipettes et les mangeoires pour surveiller le travail du robot et passer aux endroits les plus sales. » Un troisième cycle de rinçage est programmé, puis un quatrième cycle de désinfection. « Lorsque le robot mousse ou rince, je fais autre chose. C’est une aide à la pénibilité. Auparavant, j’arrêtais le soir et le lendemain la fiente avait séché à nouveau : c’était démotivant. Maintenant, je suis plus motivée car je sais qu’il est là », partage-t-elle.
232 heures de lavage en quatre ans
Il est vrai que le robot de lavage détient des fonctionnalités que l’éleveuse n’utilise pas, par manque de temps et par habitude, notamment l’usage d’une lance branchée directement sur le chariot et le lavage des pipettes et des assiettes. « Il suffirait de changer l’angle de la buse », note Sylvie Roche. Le robot est équipé également d’une cuve tampon de 400 litres branchée sur le puits, une télécommande permettant d’arrêter le robot à distance et d’une pompe doseuse installée sur le chariot depuis novembre 2025. Après 232 heures de service, le robot n’a pas montré de signe d’usure, ni de panne. Si la consommation électrique n’a pas été quantifiée, la charge en consommation d’eau a été réduite de 1 500 euros par an. Sanitairement, le résultat est au rendez-vous pour un investissement de 35 000 euros à l’époque. Avec l’installation de ses deux fils sur l’exploitation familiale, Sylvie Roche va prendre le temps d’affiner la programmation du robot de lavage pour ne plus avoir à utiliser sa pompe de lavage.